
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 08/12/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-101993)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les élevages jouent un rôle clé dans l’émergence de zoonoses (e.g. SARS-CoV1, H1N1), en servant de ponts épidémiologiques entre les réservoirs d’agents infectieux de la faune sauvage et les populations humaines. Un cortège d’agents infectieux zoonotiques (e.g. bactéries leptospires), ou à potentiel zoonotique (e.g. virus influenza, coronavirus), a été identifié chez de nombreuses espèces animales sauvages, dont certaines sont commensales et vivent à proximité de l’homme (rats, souris, chauves-souris, pigeons). Au sein de la faune sauvage, certains de ces virus sont capables de passer la barrière d’espèce et de se transmettre entre espèces (e.g. Astrovirus entre les oiseaux et chauves-souris). Bien que les approches « One Health » préconisent d’intégrer les compartiments humains, animaux et leurs environnements, peu d’études arrivent à consacrer simultanément un même effort de recherche sur les trois compartiments. La surveillance des écosystèmes sauvages et domestiques est également essentielle pour évaluer les risques d’émergences. Les espèces peridomestiques, à l’interface entre la faune sauvage et les animaux de rente, peuvent avoir un rôle d’intermédiaire entre la circulation de virus dans ces deux compartiments. Ceci a été démontré par exemple pour les virus influenza aviaires, que l’on retrouve chez des espèces péridomestiques à proximité des fermes infectées. Ces espèces pourraient également avoir un rôle dans la maintenance locale de certaines épizooties. Dans ce contexte, nous proposons d’identifier le rôle épidémiologique des deux espèces péridomestiques particulièrement abondantes: le pigeon domestique (Columba livia) et le moineau domestique (Passer domesticus). Nous ciblerons en particulier (i) l’interface entre les oiseaux sauvages et les élevages de volailles et (ii) la transmission virale au sein des habitats occupées simultanément par des pigeons et chauves-souris (e.g. ponts). La détection des virus d’intérêt médical suivants sera réalisée par biologie moléculaire et sérologie: virus influenza, coronavirus, paramyxovirus, astrovirus. Aucune capture ou prélèvement biologique ne sera réalisée sur les chauves-souris.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet apportera des connaissances sur le rôle épidémiologique des espèces péridomestiques. Il permettra une meilleure articulation des problématiques de santé animale et humaine, et de protection de la biodiversité. Les connaissances acquises permettront d’éclairer les décisions politiques et réglementaires et participeront à une prise en compte plus intégrée des enjeux liés aux espèces exotiques, à la santé animale et publique.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Quatre types de prélèvements seront effectués sur chaque animal : – Un écouvillon cloacal, réalisé à l’aide d’un écouvillon stérile (30 secondes). – Un écouvillon oropharyngé, réalisé à l’aide d’un écouvillon stérile (30 secondes). – Une prise de sang au niveau de la veine jugulaire ou brachiale (1 à 2 minutes). – La collecte de parasites hématophages attachés ou dans les plumes des oiseaux (30 secondes).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Toutes les procédures réalisées dans le cadre de ce projet sont de classe légères. De plus, compte tenu de la durée de contention et de manipulation relativement limitée (quelques minutes), nous n’attendons pas d’effets indésirables de type perte de poids, douleur, ou encore comportement anormal. Les manipulations seront effectuées par du personnel expérimenté et selon une chronologie standardisée et assurant une durée de contention minimale (mesures morphométriques, prélèvements de fèces et de salive, prise de sang). Afin de limiter le stress, des mesures de raffinement et des points limites adaptés à la manipulation d’espèces sauvages seront appliqués (stress engendré par la capture et la manipulation, stress lié à la réalisation de la procédure expérimentale, incapacité à rétablir un comportement normal suite à la capture, la manipulation ou la réalisation de la procédure expérimentale).
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux seront relâchés dans la nature, sur le site de capture.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Le projet porte spécifiquement sur la transmission des agents infectieux chez les espèces ciblées; elles ne peuvent donc pas être remplacées.
2. Réduction
La détection des agents infectieux dans les populations naturelles est dépendante d’une grande diversité de facteurs liés à l’hôte et à son environnement. L’estimation précise des prévalences d’animaux porteurs d’agents infectieux nécessite de tester un nombre élevé d’animaux, afin de pouvoir être validé statistiquement. Notre approche consistera à raisonner en termes de population (i.e. ensemble d’oiseaux appartenant à la même espèce, étudiés à une date donnée, sur un site donné). Pour chaque population, le nombre d’animaux utilisés sera de 30 à 50 individus (selon le succès de capture), ce qui permettra d’avoir un seuil de détection acceptable d’un point de vue statistique (prévalence de 2 %).
3. Raffinement
Afin de limiter le stress, les oiseaux capturés seront mis dans des sacs de contention, à l’obscurité. Les prélèvements biologiques seront réalisées à l’abri du soleil. Les captures seront conduites en évitant les heures les plus chaudes. Nous débuterons à l’aube, pour une durée maximale de quatre heures. Des captures pourront également être réalisées en fin d’après midi trois heures minimum avant le coucher du soleil. Nous éviterons de manipuler des oiseaux par temps de pluie, pour ne pas altérer l’étanchéité des plumes. Pour les prises de sang, la vitesse normale de coagulation pour les oiseaux n’est pas connue, mais est habituellement considérée d’une durée d’environ cinq minutes. Le stress et les températures élevées sont susceptibles d’affecter cette durée. La fin de l’écoulement sanguin sera vérifiée systématiquement avant le relâché des oiseaux. Enfin, l’hydratation des oiseaux sera réalisée systématiquement avec une solution de glucose. Des points limites adaptés aux espèces concernées seront également mis en place.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le projet porte spécifiquement sur la transmission des agents infectieux chez les espèces ciblées; elles ne peuvent donc pas être remplacées. Les animaux seront classés en trois grandes catégories d’age pour ce projet : poussins, juvénile et adulte. Tous seront échantillonnés.