
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 24/12/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-107708)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’obésité dans le monde a presque triplé depuis 1975, pour atteindre plus d’1 milliard de personnes en 2022, selon l’OMS. L’obésité est alors considérée comme un véritable fardeau de santé publique, pour lequel une variété de thérapeutiques, de procédures chirurgicales et de dispositifs médicaux sont actuellement à l’étude. Parmi ceux-ci, la sémaglutide a obtenu récemment une autorisation de mise sur le marché. La Sémaglutide présente une excellente efficacité mais certaines inquiétudes émergent car la perte de poids résultante de son utilisation provient à la fois d’une perte de masse grasse mais également d’une perte de masse musculaire. Cette dernière s’avère problématique chez l’obèse qui est déjà un sujet à risque de faiblesse musculaire. Le présent projet est relatif à une étude menée à un stade précoce du développement d’un potentiel composé anti-obésité. Le projet devra permettre de montrer l’efficacité de 5 composés sur les symptômes liés à l’obésité sur un modèle de souris obèses.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet s’inscrit dans le cadre du développement d’un composé anti-obésité visant l’humain. Alors que plusieurs molécules anti-obésité ont été autorisées ces vingt dernières années, un grand nombre d’entre elles se sont vues retirées du marché en raison d’effets secondaires graves. Seules 3 spécialités sont actuellement approuvées en Europe pour des traitements de longue durée du surpoids et de l’obésité, dont la sémaglutide qui est la plus efficace et la plus prescrite. Néanmoins, la sémaglutide présente un effet délétère sur la masse et la fonction musculaire lors d’administration chroniques. L’obésité est donc une pathologie présentant un besoin médical important sur le plan thérapeutique. Si l’issue du projet s’avère favorable, le développement dans lequel s’engage notre client pourrait aboutir à la mise sur le marché d’une nouvelle molécule anti-obésité.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux seront soumis aux interventions suivantes : 1) Hébergement individuel (91 jours) ; 2) Administration quotidienne des composés (91 jours; durée : env. 1 minute) ; 3) Manipulations par les expérimentateurs pour des mesures de poids corporel (max. 33 mesures; durée : env. 1 minute) ; 4) Analyse non invasive de composition corporelle (3 mesures, durée de la mesure : 2 minutes) ; 5) Mise à jeun en présence d’eau (4 fois, durée : 4 à 5h) ; 6) Administration de glucose par voie orale (1 fois, durée : env. 1minute); 7) Prélèvements sanguin à la queue (max. 8 prélèvements, durée du prélèvement : 2 minutes).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
De par leur caractère social, l’hébergement en cage individuelle constituera une nuisance d’isolement sur les animaux. Les animaux garderont toutefois un contact visuel et olfactif avec leurs congénères. Les mesures de poids corporel et autres manipulations ainsi que les mesures de composition corporelle et le placement en boîte de contention lors des prélèvements sanguins pourront être source de stress du fait d’une entrave aux mouvements de courte durée. L’administration des traitements par voie orale, ainsi que les prélèvements sanguins seront source de douleurs légères et de stress. La mise à jeun (de 4h et 5h) préalable aux prélèvements sanguins pratiqués, bien que réalisée en phase diurne, pourront induire une sensation de faim. Enfin, le caractère obèse des souris sera source d’inconfort en réduisant légèrement leur capacité de mouvement.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
L’ensemble des animaux seront mis à mort à l’issue de la procèdure.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
L’utilisation d’animaux à des fins scientifiques se justifie ici car il n’existe aucune méthode de substitution n’utilisant pas l’animal de laboratoire et permettant l’étude de l’impact d’un composé sur le poids corporel, la composition corporelle, la prise alimentare, l’homéostasie du glucose et les autres paramètres altérés dans le cadre des troubles métaboliques. Par ailleurs, bien que les composés testés ont fait l’objet de plusieurs études réalisées in vitro dans les premières phases de développement, l’étude in vivo reste une étape règlementaire incontournable pour la constitution d’un dossier de demande de premières études sur l’homme (passage aux études cliniques).
2. Réduction
Le nombre d’animaux utilisés a été calculé et rationalisé à partir de l’expérience acquise par notre laboratoire sur l’analyse des paramètres d’intérêt. Ainsi, le nombre d’animaux par groupe a été adapté en fonction des paramètres d’intérêt de façon à être en mesure de mettre en évidence une différence statistiquement significative sur les paramètres étudiés. Les données seront analysées par à l’aide de tests statistiques appropriés.
3. Raffinement
Le protocole a été planifié de façon à limiter au maximum le stress et l’inconfort des animaux sans compromettre les objectifs de l’étude. L’administration des traitements seront réalisées par des expérimentateurs rodés à ce type de pratique. Les animaux seront hébergés en cages collectives puis individuelles pour les besoins de l’étude mais les animaux conserveront des contacts olfactifs et visuels. Un enrichissement des cages sera assuré par l’ajout d’igloos, de matériels de nidification et de briquettes en bois spécialement conçues pour le rongeur. Les prélèvements sanguins prévus seront limités au volume minimum nécessaire aux dosages ultérieurs et une crème analgésiante sera appliquée sur la queue 30 minutes avant les prélèvements sanguins. Lors du dernier prélèvement sanguin, les souris seront systématiquement anesthésiées en amont afin de supprimer toute perception de stress. Enfin, un suivi journalier des animaux à l’aide d’une grille de score permettra une action rapide en cas d’atteinte des points limites établis. Ces actions incluent, entre autres, une surveillance renforcée et l’emploi d’analgésiques en cas de douleur avérée.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le modèle de souris nourris avec une alimentation enrichie en graisses (45% de l’apport calorique provenant des graisses) est un des modèles de souris les plus classiquement utilisés et les mieux documenté dans le cadre d’études précliniques menées dans le contexte des troubles métaboliques. Les animaux réceptionnés seront âgées de 5 semaines. Le choix de ce stade de développement est guidé par la phase d’acclimation d’une semaine et la phase d’induction à l’obésité de 8 semaines (sous un régime enrichie en graisse à 45%). Les souris seront donc âgées de 14 semaines au moment du début de l’administration des traitements ce qui correspondant au stade adulte. Le choix de ce stade de développement est guidé par la population humaine ciblée par les composés testés, à savoir une population adulte.