Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent. Les documents qui décrivent en détail les projets et les établissements, dossiers de demande d'autorisation et rapports d'inspection, s'obtiennent sur demande, et l'administration y occulte des passages, parfois au-delà de ce que les juridictions admettent.
Ce que décrit ce projet, résumé par l'OXA

3 600 souris femelles vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Elles subissent la pose d’un cathéter intra-urétral pour une infection à Escherichia coli, un gavage quotidien de mycotoxines pendant 28 jours et des prélèvements sanguins par coupe de la queue. Le porteur indique que l’infection provoque un inconfort et une douleur aiguë, que le prélèvement à la queue engendre une douleur, et fixe un point limite de mise à mort à 15 % de perte de poids. Toutes les souris sont euthanasiées pour prélever les tissus, le porteur décrivant le recours à l’animal comme « irremplaçable » pour évaluer l’effet du stress et de l’alimentation sur ces infections.

Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.

NTS-FR-111824v1
Types de recherche
· Autre recherche fondamentale · Oncologie · Recherche fondamentale · Système urogénital ·
Mots-clés
Infection urinaire, contaminant alimentaire, stress, inflammation
Souris : 3600

Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire

Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.

Décrire les objectifs du projet.

Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).

Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

De nombreux facteurs ont été décrits comme participant à la genèse ou à la sévérité des IVU chez l’Homme ou comme facteurs facilitateurs de la mise en place de ces maladies chroniques. Parmi ces facteurs environnementaux, des études épidémiologiques placent le stress comme l’un des facteurs majeurs impliqués dans la régulation de l’immunité et de la sévérité de ces maladies. D’autre part, de nombreux contaminants alimentaires, retrouvés régulièrement dans notre alimentation sont excrétés dans les urines et peuvent réguler la production ou l’action des toxines bactériennes. L’objectif de notre projet est d’étudier le rôles des stress : lié à notre alimentation (contaminants alimentaires) ou à notre mode de vie (stress psychologique, anxiété) et comment ils influencent la survenue ou sévérité de ces pathologies.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).

Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Ce projet nous aidera à mieux comprendre le processus de développement des IVUs et des effets à long terme sur la physiopathologie de cette affection en réponses à des stress. Ces travaux nous permettront d’appréhender une meilleure compréhension du rôle du stress (anxiété) et de la nourriture dans la physiopathologie de ces maladies et pourront apporter de nouvelles pistes pour développer de nouveaux traitements d’anti-virulence et atténuer leur effet dans la survenue et l’étiologie de cette pathologie.

Nuisances prévues, selon le laboratoire

Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).

Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Prise de poids des animaux : fréquence 3 fois, durée 1 minute – Insertion d’un catheter par voie intra-urétrale : fréquence 2 fois sous anesthésie isoflurane injection de 50µL, durée 2 minutes – Prélèvement d’urine avant la fin de l’expérimentation en maintenant la souris vigile au-dessus d’un tube, Fréquence: 3 fois, durée 1 minute. Prélèvement de fecès: quotidien pendant la durée de l’expérimentation sur animal vigile (prélèvement directement à l’anus d’une crotte/animal), durée 1 minute. Prélèvement de sang à la queue: – fréquence 1 fois unique, 30µL seront prélevés à la queue. – fréquence 2 fois à J3 et J6, 30µL seront prélevés à la queue pour analyser la translocation bactérienne, durée 5 minutes. Gavage oral: fréquence 1 fois par jour pendant 28 jours 100µL, durée 2 minutes.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.

Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Les traitements avec les contaminants alimentaires que sont les mycotoxines ne sont pas connus pour induire de la douleur. Le stress de contention n’induit pas de douleur spontanée chez la souris. Les infections urinaires avec des souches pathogènes de Escherichia coli (UPEC) sont connues pour induire un inconfort au niveau de l’aine et l’observation de douleur aigue. La grille d’évaluation comprendra les points suivants : – Qualité du poil (lisse/hérissé ; propre/sale) – Pertes de poids (supérieure ou pas à 15%) – Prostration : nous mettrons le rongeur sur la main de l’expérimentateur (mesure de la vivacité : curieux (redresse la tête, sens en alerte)/prostré (mise en boule, recroquevillé) ; mesure de la mobilité : mouvement exploratoire se déplaçant sur la main/ pas de mouvement) – Comportement alimentaire perturbé : présence de déchet alimentaire dans la cage, poids de l’aliment restant traduisant une perte de la prise alimentaire, prise hydrique traduisant une déshydratation – Mouvement dans la cage (sociabilité, exploration de l’environnement) – Observation des selles : normales, molles, présence de diarrhées avec ou sans sang, fréquence des diarrhées et durée (épisodique, courante, en continue) Si un point limite est atteint alors la procédure s’arrêtera et l’animal sera mis à mort et autopsié. L’insertion du catheter par voie intra-urétrale peut provoquer une gêne et une douleur pour l’animal au moment de l’infection. Celle-ci sera réduite par l’utilisation de vaseline pour faciliter l’entrée du catheter. Les animaux seront pesés avant et pendant la procédure. Si une perte de poids supérieure à 15% est observée, l’animal sera alors sorti du protocole expérimental et euthanasié. Le prélèvement de sang par coupe de la queue engendre une douleur. Pour y pallier, une analgésie locale avec du Sedorectal (médicament à usage vétérinaire) de contact pour désensibiliser le bout de la queue sera réalisée.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.

Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Les animaux seront euthanasiés à l’issu des expérimentations afin de prélever les tissus qui seront analysés.

Application de la règle des "3R", selon le laboratoire

Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.

1. Remplacement

Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.

Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Des études in vitro ont été préalablement conduites sur des cellules en culture permettant d’élucider comment agissent les toxines produites par les UPEC sur les cellules eucaryotes. le recours à l’animal est cependant irremplaçable car aucun autre modèle ou tube à essai ne permet d’évaluer les répercussions des stress psychologique et nutritionnel sur la survenue et la sévérité des IVU. une veille scientifique sera mise en oeuvre pour identifier toute méthode scientifique alternative à l’expérimentation animale dans le domaine et afin de ne pas reproduire des études déjà menées.

2. Réduction

Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.

Qui est concerné ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Le nombre d’animaux a été limité au maximum (n=10 animaux/groupe). Afin d’obtenir des résultats relevants et statistiquement interprétables, nous prévoyons un nombre similaire d’animaux par groupe dans ce projet. Un calcul de test de puissance statistique (Erreur type I = 0.05) effectué à partir d’expérimentations précédentes conduite sur le même format (expérimentation d’infection urinaire avec plusieurs souches UPEC) a mis en évidence qu’un nombre de 10 souris par groupe est nécessaire pour mettre en évidence une modulation significative des scores cliniques. L’utilisation de l’IVIS (in vivo imaging system), un système d’imagerie tomographique sur animal vigile permettra de visualiser des marqueurs fluorescents ou bioluminescent, dans notre cas des bactéries, dans les différents organes de la souris (vessie, rein, …) sur des animaux vivants endormis à l’isoflurane. Une bonne corrélation entre le signal de bioluminescence et le nombre de bactéries retrouvées dans les organes par analyse microbiologique a été établi dans des expériences précédentes. Cet outil nous permettra de suivre le niveau d’infection des souris de manière longitudinale sans les euthanasier, nous permettant ainsi de réduire le nombre d’animaux.

3. Raffinement

Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.

La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Le suivi expérimental repose sur des techniques non-invasives. Le bien-être de l’animal sera en permanence au centre de nos préoccupations. Il y aura une pesée avant le début de l’expérimentation et à des temps définis après le début de l’expérience afin de s’assurer d’une perte de poids inférieure à 15%. Nous serons attentifs à d’éventuels signes de souffrance et mettrons en place une grille d’évaluation. La grille d’évaluation comprendra les points suivants : – qualité du poil (lisse/hérissé; propre/sale) – pertes de poids (supérieure ou pas à 15%) – prostration : l’animal sera mis sur la main de l’expérimentateur (mesure de la vivacité: curieux (redresse la tête, sens en alerte) / prostré (mise en boule, recroquevillé); mesure de la mobilité: mouvement exploratoire se déplaçant sur la main / pas de mouvement) – comportement alimentaire perturbé : présence de déchet alimentaire dans la cage, poids de l’aliment restant traduisant une perte de la prise alimentaire, prise hydrique traduisant une déshydratation – mouvement dans la cage (sociabilité, exploration de l’environnement) – observation des selles : normales, molles, présence de diarrhées avec ou sans sang, fréquence des diarrhées et durée (épisodique, courante, en continue). Si un point limite est atteint alors la procédure s’arrêtera et l’animal sera mis à mort et autopsié. Les animaux seront hébergés en présence d’un enrichissement (même quantité de coton dans toutes les cages). Le prélèvement de fèces ou d’urine sur animaux vigiles n’induit pas de douleur. Une habituation à la contention sera réalisée avant les prélèvements.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.

Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

la souris présente des caractéristiques physiopathologiques proches de l’espèce humaine. Nous utiliserons des souris femelles car les IVU touchent 30 fois plus de femmes que les hommes. Nous travaillerons sur des animaux jeunes adultes post-sevrage entre 4 et 7 semaines en début d’expérimentation.