
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 25/11/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-136561)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’exercice intense et répété est associé à une fatigue cognitive. Un des objectifs de la société qui cofinance ce projet est de développer des compléments alimentaires qui réduisent la fatigue cognitive associée à la pratique sportive intense et régulière. Ainsi, l’objectif de ce projet est de démontrer l’efficacité d’un extrait d’algue sur les performances cognitives et la fatigue après un entrainement physique intense chez la souris ainsi que les mécanismes d’action. Le milieu marin constitue la plus grande partie de la biosphère et contient les formes les plus anciennes et variées de la vie. Cette diversité de vie et d’environnements atypiques ouvrent des perspectives pour le développement de nouvelles molécules bio- actives. Les organismes marins, et notamment les algues marines possèdent un immense potentiel de molécules originales d’intérêt biologique. Ainsi, les extraits d’algues, qui contiennent des molécules bioactives anti-inflammatoires et anti-oxydantes, représentent une stratégie nouvelle. Nous avons identifié dans un projet précédent un extrait d’algue qui améliore les comportements anxieux ou la mémoire chez la souris. L’admissibilité et l’innocuité de cette fraction d’algues ont été vérifiées dans un projet précédent. Ainsi, l’objectif de ce nouveau projet sera de tester si une supplémentation en extrait d’algue incorporé dans les croquettes chez la souris permet de prévenir les troubles émotionnels et mnésiques associés au surentrainement sportif.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Nous anticipons que ce projet permette de mettre en évidence un effet protecteur d’un ou plusieurs extraits d’algue sur les troubles de la santé cérébrale associés au surentrainement physique.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux seront entrainés à courir sur des tapis de course 5 jours par semaine (pendant une période de 15 min jusqu’à 1h par jour) pendant 8 semaines avant de réaliser des tests comportementaux ( maximum de 6 tests ) permettant d’étudier leur anxiété et mémoire. Les tests comportementaux pouvant provoquer du stress sont de l’ordre de 6 min maximum. La période de restriction alimentaire pour le test de supression à la nouveauté (NSF) est d’une durée de 7h. Durant le test de préférence au sucrose, le temps d’isolement des animaux en cage avec séparateurs sera de 72 heures. Un prelèvement mandibulaire sera réalisé une seule fois, d’une durée de moins de 10 sec.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
L’entrainement physique pourra être cause de nuisance pour les souris (fatigue). Un comportement anxieux et/ou de type dépressif (modélisé ici) est attendu chez les souris soumises à l’entrainement physique intense. Les tests comportementaux induisent un stress modéré à sévère de courte durée (le temps du test) chez l’animal. Les prélèvements sanguins à la veine mandibulaire présentent un degré de sévérité modéré durant la période du prélèvement. Ce prélèvement va générer une légère douleur et un stress dus à la contention pendant une période de 10 à 15 secondes.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux seront mis à mort afin de récupérer les cerveaux pour des analyses biochimiques qui permettront d’étudier les mécanismes neurobiologiques des extraits d’algue.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Le modèle d’entrainement physique ne peut pas être développé in vitro. L’étude des comportements de type anxieux et dépressif, des performances cognitives et de la fatigue ne peuvent être réalisées que sur des animaux vivants ce qui rend impossible le remplacement de ceux-ci par des modèles in vitro. L’étude de l’effet de régimes alimentaires ne peut pas non-plus être modélisé in vitro.
2. Réduction
Le nombre d’animaux sera réduit au mieux en se basant sur des articles scientifiques qui ont montré par le biais de tests statistiques des différences entre plusieurs groupes. La significativité de différence statistique entre plusieurs groupes sera déterminée en fonction des comparaisons souhaitées. D’après les études scientifiques sur l’analyse de marqueurs comportementaux et cérébraux, nous estimons que 18 animaux par groupe expérimental sont nécessaires pour atteindre une signification statistique.
3. Raffinement
Toutes les précautions possibles seront prises afin de raffiner nos procédures et réduire au mieux la douleur (antalgique et sédation avant mise à mort) et l’inconfort (manipulation régulière et enrichissement de l’hébergement) des animaux. Les tapis de course que nous avons acquis insufflent de l’air pour encourager les animaux à courir et n’induisent pas de choc électrique comme la majorité des tapis utilisés. L’hébergement se fera à 5 souris/cage et l’environnement sera enrichi : igloo et carré de coton. Les expérimentateurs et soigneurs sont titulaires de leur certificat d’expérimentation animale niveau concepteur et/ou opérateur. Les expérimentateurs travaillent avec des animaux depuis de nombreuses années et sont très fortement sensibilisés au sujet du bien- être animal de par leur thématique de recherche (stress, anxiété, bien-être cérébral) et de par le travail de la SBEA (structure du bien-être animal). La SBEA procède à des contrôles réguliers de respect des procédures et de bien-être des animaux. Des points limites précoces ont été définis afin de limiter au mieux la souffrance des animaux.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le modèle utilisé dans ce projet est la souris. La souris est un mammifère comme l’Homme, avec des cycles de reproduction rapides. Il est largement utilisé dans le champ de la cognition et de l’entrainement physique, ce qui permettra une comparaison de nos résultats avec les études antérieures. C’est un animal sur lequel les évaluations comportementales sont faciles à conduire et maitrisés au sein du laboratoire. Ce sont des animaux de petite taille (faciles à manipuler) et peuvent donc être facilement hébergés au sein de l’animalerie de l’unité. Les souris mâles et femelles arriveront à l’animalerie à l’âge adulte (3 mois). L’industriel qui finance ce projet est intéressé par l’étude de la cognition chez le sportif adulte. C’est pour cette raison que les expérimentations seront réalisées sur des souris adultes.