
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 07/07/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-149664)
Pour mesurer les traces laissées dans l’activité des gènes par trois fongicides de la vigne et des fruits, le cyprodinil, le mépanipyrim et le pyriméthanil, 152 souris vont être utilisées dans des procédures d’un niveau de souffrance léger. Les mères reçoivent ces substances pendant toute la gestation et jusqu’au sevrage, à la dose autorisée dans l’eau du robinet, et leurs petits passent à trois semaines une observation de dix minutes de leurs comportements sociaux. Les souriceaux comme les reproductrices sont ensuite tués pour prélever leurs tissus. Le porteur affirme que cette exposition « ne présente pas d’effets indésirables notables », alors que ses propres travaux précédents concluent qu’elle perturbe le développement du cerveau et produit à l’âge adulte des comportements rapprochés de l’autisme.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Ce projet de recherche a pour but de comprendre comment certains produits chimiques présents dans notre environnement peuvent affecter le développement du cerveau et le vieillissement. Nous nous intéressons à trois substances appelées fongicides, qui sont utilisées pour protéger la vigne et les fruits contre la moisissure. Ces produits sont le cyprodinil, le mépanipyrim et le pyriméthanil. Nous avons montré récemment que, même à très faible dose (comme celle autorisée dans l’eau potable), être exposé à ces produits tout au long de la vie peut perturber le développement du cerveau et entraîner, à l’âge adulte, des comportements ressemblant à ceux observés dans l’autisme. Dans cette nouvelle étude, nous voulons mieux comprendre comment ces produits agissent dans le cerveau en analysant les changements qu’ils provoquent dans l’activité des gènes chez les animaux exposés..
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet aidera à mieux comprendre comment l’exposition à certains polluants présents dans notre environnement peut perturber le développement du cerveau. Il permettra notamment d’identifier les traces précises que ces substances laissent dans l’activité des gènes, ce qui pourrait expliquer certains troubles du développement.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les mères seront exposées à de très faibles doses de fongicides pendant toute la gestation et jusqu’au sevrage des petits, à un niveau équivalent à celui autorisé dans l’eau du robinet. À l’âge de 3 semaines, les petits seront ensuite soumis à une observation de 10 minutes afin d’évaluer leurs comportements sociaux.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
L’exposition aux fongicides à des doses réglementaires autorisées ne présente pas d’effets indésirables notables. Dans les expériences précédentes, nous n’avons observé ni douleur, ni souffrance, ni perte de poids, ni stress liés au traitement. De plus, les animaux seront soumis à des tests comportementaux éthologiques non invasifs, ne générant pas de stress particulier, à l’exception du stress causé par la contention, la manipulation et la séparation des congénères pendant la durée des tests.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux seront mis à mort pour le prélèvement de tissus à des fins d’analyses ex-vivo. Les reproducteurs seront mis à mort à la fin de l’expérience pour des prélèvement de tissus.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Pour mieux comprendre les causes de l’autisme et développer de nouveaux traitements, il est essentiel de disposer de modèles animaux que les scientifiques peuvent étudier. En examinant de près le comportement de ces animaux, nous pouvons vérifier s’ils représentent bien les caractéristiques de l’autisme. Cela nous aide également à tester l’efficacité de nouveaux traitements. L’évaluation des effets d’un traitement doit se faire principalement à travers le comportement des animaux, car il n’existe pas de test biologique permettant de diagnostiquer l’autisme. En effet, le diagnostic repose uniquement sur l’observation des comportements. C’est pourquoi nous devons étudier les animaux dans leur ensemble pour capturer toute la variété de leurs comportements.
2. Réduction
Nous utilisons des outils statistiques appropriés pour déterminer précisément le nombre d’animaux nécessaires à la réalisation des expériences.
3. Raffinement
Nous améliorerons nos expériences pour réduire au maximum l’inconfort ou le stress que les animaux pourraient ressentir pendant les tests. Les souris seront placées en petits groupes de 2 à 4, avec tout le nécessaire pour construire un nid (comme de la ouate et des cabanes en carton). Un même expérimentateur s’occupera d’elles tous les jours, afin qu’elles s’habituent à la manipulation. L’autisme touche aussi bien les hommes que les femmes, c’est pourquoi nous étudierons des animaux des deux sexes. Chaque souris sera testée à différents moments de sa vie, depuis sa période de développement jusqu’à l’âge adulte. Cela nous permettra de suivre leur évolution et de mieux comprendre les étapes clés du développement de la pathologie. Pendant les expériences, nous mettrons en place des points limites stricte afin d’éviter de faire souffrir inutilement les animaux.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les souris sont des animaux sociaux, ce qui permet d’étudier facilement les difficultés de communication ou d’interaction, comme celles que l’on retrouve dans l’autisme. Elles présentent aussi une grande variété de comportements, ce qui nous aide à repérer d’autres signes qui pourraient être modifiés. Les problèmes de comportement observés chez certaines souris dans les études sur l’autisme sont assez clairs et bien connus pour que l’on puisse s’en servir comme modèle fiable. Cela nous permet de tester si nos hypothèses sont correctes et, à l’avenir, si certains traitements peuvent aider. Les femelles en âge de procréer seront exposé au cocktail de fongicide aux doses règlementaires. Dans ce projet, nous étudierons des souriceaux âgés de 3 semaines, car nous voulons repérer le plus tôt possible les effets des fongicides sur l’activité des gènes dans le cerveau.