Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Le rein est un organe jouant un rôle fondamental dans la filtration du sang et l’élimination des déchets via l’urine. Ce processus de filtration dépend essentiellement de la bonne santé de cellules du rein appelées podocytes, qui permettent de trier les toxines contenues dans le sang pour les éliminer tout en conservant les éléments sanguins bénéfiques pour le corps. Les podocytes sont endommagés dans 90% des cas de maladies rénales chroniques, et la faible capacité du rein à remplacer ces cellules blessées conduit à une défaillance rénale qui est actuellement incurable. Cependant, des recherches récentes montrent que la régénération des podocytes peut être stimulée de manière efficace. Le renouvellement des podocytes est assuré par des cellules souches adultes qui présentent un marqueur spécifique. Dans ce projet, nous allons utiliser ce marqueur afin de suivre les cellules souches au cours de la régénération des podocytes et d’identifier les facteurs permettant de contrôler l’activation de ces cellules. Ce travail permettra à terme de développer des approches thérapeutiques innovantes afin de traiter les patients souffrants de maladies rénales chroniques. Les effectifs ont été dimensionnés en utilisant G*Power. Pour réaliser l’étude, nous devons produire 264 souris issues de croisements où seul 12,5% des souriceaux présenteront le bon génotype (expérimentaux et témoins). Il faut donc produire 2112 souris pour obtenir les 264 souris nécessaires. En tenant compte des pertes liées à la mortalité juvénile et aux aléas de la génétique mendélienne nous appliquons une marge d’environ 15% amenant à 2400 souris.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Les résultats de cette étude permettront de mieux comprendre les mécanismes régulant les cellules souches des podocytes dans le rein adulte. Ce travail ouvre la voie pour de nouvelles approches thérapeutiques visant à stimuler ou à restaurer la fonction de ces cellules souches des podocytes lorsque les reins sont endommagés.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

-Prélèvement à l’oreille (génotypage). Durée du prélèvement à l’oreille : 1 seconde. -Trois injections intrapéritonéales (marquage des cellules souches des podocytes). Durée des injections intrapéritonéales : environ 3 secondes. -Alimentation enrichie (croquettes) avec le composé pendant 3 semaines permettant de marquer les cellules souches associée à un supplément appétant dans l’eau de boisson. -Traitement oral (eau de boisson) de 15 à 20 jours pour stimuler la régénération. -Collectes d’urines (suivi de la fonction rénale) par une méthode non-invasive, à savoir par miction spontanée lors de la préhension des souris.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Le traitement oral permettant de stimuler la régénération va entrainer une perturbation de la fonction rénale qui peut avoir des conséquences sur l’état de santé général des souris. Toutefois, ce traitement sera interrompu dès détection d’une protéinurie. Les trois injections intrapéritonéales peuvent occasionner une gêne et une inflammation au niveau du site d’injection. Les contentions pour injection et prélèvement d’urine peuvent occasionner un stress. Le prélèvement à l’oreille peut entrainer une nuissance légère.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Etude 1 : élevage de souris pour la production des animaux nécessaires aux études 2/3 et génotypage, 12,5% des souris seront incluses en étude 2 ou 3 et le reste des animaux, ne comportant pas le génotype adéquat pour l’étude, sera euthanasié, directement après génotypage ou à la fin de la phase de reproduction. Etudes 2 et 3 : tous les animaux seront euthanasiés en fin de procédure afin de permettre la réalisation d’analyses histologiques et moléculaires de leurs reins.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

La complexité des processus responsable de la régénération des podocytes rénaux ne peut être étudiée que dans un modèle in vivo intégrant tous ces facteurs. La réalisation de ce projet nécessite donc le recours à l’expérimentation animale afin de comprendre les dynamiques de régénération et ainsi de permettre d’envisager des stratégies thérapeutiques innovantes transposables sur l’être humain.

2. Réduction

3R / Réduction :

Pour cette étude nous avons dimensionné les groupes d’animaux en utilisant un plan d’expérimentation permettant d’obtenir des résultats statistiquement exploitables et ainsi de garantir l’obtention de résultats pertinents biologiquement tout en minimisant le nombre d’animaux.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Notre expérience sur le modèle nous a permis d’adapter la fréquence de suivi et de préciser les différents points d’observation clinique qui caractérisent de manière précoce et prédictive les points limites. Nous serons particulièrement attentifs à tout changement physique ou de comportement des animaux. Les urines, collectées après miction spontanée lors de la préhension des souris pendant les examens cliniques, seront analysée afin de suivre l’évolution de la fonction rénale. Les animaux sont hébergés dans un milieu enrichi en portoirs ventilés avec un suivi journalier.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Le but de ce projet est de mieux comprendre les mécanismes régulant la régénération des podocytes dans le rein adulte. La souris apparait comme un excellent modèle pour répondre à cette question car elle présente de grandes similitudes avec l’être humain. En effet, le rein des souris est histologiquement et physiologiquement similaire à celui des humains. Dans ce projet, nous allons utiliser des animaux jeunes (2 à 6 mois). En effet, les animaux de cette tranche d’âge ont un fonctionnement rénal optimal associé à une régénération efficace des podocytes.