Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Cette demande s’inscrit dans le cadre de projets de recherche utilisant des petits mammifères introduits en milieu insulaire pour (i) surveiller l’introduction de pathogènes zoonotiques, à savoir transmissibles entre la faune sauvage ou domestique et les populations humaines, et (ii) mesurer les niveaux de résistance aux rodenticides chez les populations de rongeurs pour optimiser les méthodes de contrôle et limiter les risques d’intoxication de la faune non cible, dont les prédateurs sauvages. Les îles sont à risque élevé d’émergence zoonotique car elles sont connectées par voies maritime et aérienne à des territoires où la transmission zoonotique est endémique. Les îles sont également sensibles aux espèces exotiques envahissantes, dont les rongeurs qui font l’objet de mesures de contrôle utilisant pour l’essentiel des molécules rodenticides, pour lesquels l’efficacité n’a pas été évaluée. Les travaux de recherche entrant dans le cadre de cette DAP permettront d’identifier précocément l’introduction de pathogènes zoonotiques et de suivre les niveaux de résistance aux rodenticides des rongeurs insulaires.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Les recherches ont des objectifs sanitaires et de conservation. Ces travaux permettront d’une part de surveiller des pathogènes à fort risque d’émergence ou de ré-émergence en détectant au plus tôt l’introduction de ces pathogènes. Ces travaux permettront également de s’assurer que l’utilisation de rondenticides n’a pas conduit à la sélection de résistance chez les rongeurs, auquel cas il faudra envisager d’adapter les techniques de contrôle de rongeurs pour une plus grande efficacité et une atteinte moindre de la faune non cible.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Un gorgement sanguin de puces sera effectué sur des souriceaux anesthésiés (n=12). A la fin de cette procédure, les souriceaux seront euthanasiés par élongation cervicale.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Les animaux piégés passeront tout ou partie de la nuit à l’intérieur des pièges, ainsi que quelques heures en matinée avant que les agents chargés de l’échantillonnage ne relèvent les pièges. Les animaux piégés peuvent souffrir d’une exposition prolongée à la pluie, à des températures basses, en particulier en hiver, ou au contraire à des températures élevées en été. Pour limiter ces souffrances, les pièges seront placés à l’ombre ou seront recouverts de feuilles et branchages prélevés dans l’environnement et apportant un certain niveau de protection. Les pièges ciblant les petites espèces à métabolisme rapide seront équipés d’une chambre en bois ou polymère apportant une isolation thermique et limitant l’hypo/hyper-thermie. Enfin, en été, les animaux seront soumis à une brumisation avec de l’eau à température ambiante avant leur transport vers le laboratoire.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Les animaux concernés par la DAP sont considérés comme des Espèces Exotiques Envahissantes et sont donc euthanasiés. Seuls quelques individus seront relâchés après capture pour identifier leurs terriers, procédure qui fait l’objet d’une demande de dérogation préfectorale.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Le projet a pour but d’évaluer le portage de pathogènes par des rongeurs ou des insectivores sauvages et commensaux de l’homme (rats, souris et musareignes). Cet objectif implique le piégeage de ces animaux sauvages dans leur milieu. Le tropisme tissulaire de ces pathogènes requière l’utilisation de différents organes et donc une euthanasie des animaux. Aucun remplacement n’est possible à ce jour.

2. Réduction

3R / Réduction :

Afin de détecter un évènement rare tel que l’apparition (par mutation ou migration) d’allèles conférant une résistance rodenticide, et d’étudier différents facteurs (géographique, climatique, écosystémique, urbanisation, age, sexe, etc) influençant le portage d’agents zoonotiques, un nombre important d’animaux par espèce doit être inclu. Nous devrons, pour suivre les dynamiques spatio-temporelles de(s) résistance(s) aux rodenticides et d’émergence zoonotique, conduire des campagnes d’échantillonnage dans des habitats différents (milieu naturel, urbain et péri-urbain, agricole, côtes au vent et sous le vent) et durant différentes saisons.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Afin de permettre les analyses sérologiques, moléculaires et microbiologiques, les rongeurs doivent être capturés vivants afin de disposer de tissus biologiques en très bon état de conservation. Les pièges utilisés sont des pièges à appats, non létaux, largement employés par la communauté de mammalogistes.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Les espèces animales choisies sont, sur les îles où se déploieront ces projets, les seules espèces hôtes connues d’arthropodes assurant une transmission biologique des agents zoonotiques ciblés par ces projets. Il n’y aura aucun contrôle du sexe ou du stade (juvénile/adulte) lors des piégeages, de manière à mesurer l’effet du développement et du sexe sur le portage d’agents zoonotiques et sur l’infestation par arthropodes vecteurs.