
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 18/04/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-212796)
Porteuses d’une mutation qui reproduit la sclérose latérale amyotrophique humaine, ces souris développent une paralysie progressive des pattes arrière qui les empêche d’accéder seules à l’eau et à la nourriture. Elles sont 693 à être utilisées, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré pour 376 d’entre elles et sévère pour 317, toutes tuées à l’issue. Chacune reçoit des injections quotidiennes pendant quinze ou trente jours, subit un test de nage tous les dix jours et un prélèvement de queue durant sa deuxième semaine de vie. Le point limite retenu est le moment où l’animal ne parvient plus à se retourner sur le flanc, la mise à mort intervenant alors, avec prélèvement des organes chez les souris jugées d’intérêt.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
La sclérose latérale amyotrophique (SLA), aussi appelée maladie de Charcot, est une maladie qui détruit progressivement les cellules nerveuses responsables des mouvements. En général, elle entraîne le décès des patients en 3 à 5 ans après le diagnostic. Malgré de nombreuses recherches et des modèles expérimentaux chez la souris, la cause exacte de cette maladie reste inconnue. L’ATP, une molécule qui fournit de l’énergie aux cellules, joue aussi un rôle dans la communication entre les cellules nerveuses en interagissant avec des protéines specifiques appelées récepteurs. Nous avons découvert que ces récepteurs influencent le développement de la SLA et participent aux réactions inflammatoires dans la moelle épinière. Notre projet consiste à tester différentes molécules capables de modifier ces récepteurs spécifiques et à comparer leurs effets avec ceux de médicaments anti-inflammatoires déjà connus, en utilisant un modèle de SLA chez la souris. Nous observerons si ces traitements ralentissent l’apparition des symptômes et protègent les cellules nerveuses dans la moelle épinière.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ces travaux permettront de savoir si la manipulation des récepteurs spécifiques et de l’inflammation au cours de la SLA permet d’en ralentir l’evolution. Ce projet pourrait déboucher sur l’identification de nouvelles cibles thérapeutiques afin d’améliorer la vie des patients atteints de SLA.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux recevront quoitidiennement des injections de NaCl ou des molécules d’interet réalisées en quelques secondes pendant 15 ou 30 jours en fonction du groupe experimental dans lequel ils seront distribués. Les souris seront soumises à un test de nage tous les 10 jours qui durera autour de cinq/six minutes pour chaque animal. Ils subiront un prelevement de queue (1-2 mm) réalisé en quelques secondes lors de leur seconde semaine postnatale.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
La mutation portée par les animaux est similaire à celle de l’homme. Les animaux vont présenter une paralysie progressive de leurs pattes arrière qui necessitera des conditions d’élevage particulieres afin de lui faciliter l’accès à l’eau et à la nourriture. Lorsqu’ils ne seront plus capables de se retourner facilement sur leur flanc, les animaux seront euthanasiés. Lors des preleveemnt de queue pour le génotypage ainsi que lors des injections, une douleur légère et de courte durée pourra être ressentie par l’animal.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
La SLA est une maladie mortelle dans 100% des cas. Il est important d’euthanasier les animaux avant toute souffrance. Un prelevement d’organes sera réalisé chez les animaux d’interet.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Il n’existe actuellement pas de méthode alternative permettant de remplacer l’utilisation de souris car ce projet repose sur l’évolution de la sclérose latérale amyotrophique dans un modèle animal suite à la modification d’un gène dans une population cellulaire donnée.
2. Réduction
L’ensemble de ce projet nécessite l’utilisation de 693 souris mâles et femelles. Afin de limiter le nombre d’animaux, chaque animal d’interet sera utilisé pour les études comportementales mais aussi pour les prélèvements post-mortem. Cela nous permettra de réduire au maximum le nombre de souris utilisées tout en conservant une significativité scientifique statistique (hétérogénéité interindividuelle). Ainsi, le nombre de souris utilisées dans chacun des groupes expérimentaux ne dépassera pas 12 animaux. Nous savons sur la base de nos travaux antérieurs sur la sclérose latérale amyotrophique que des groupes de 12 animaux sont nécessaires pour une bonne puissance statistique aussi bien pour les approches comportementales qu’histologiques.
3. Raffinement
Les animaux seront hébergés au sein d’un établissement utilisateur agréé dans des conditions d’hébergement favorisant leur bien-être (enrichissement, suivi quotidien par du personnel qualifié). Les animaux vont présenter une paralysie progressive de leurs pattes arrière qui necessitera des conditions d’élevage particulieres afin de leur faciliter l’accès à l’eau et à la nourriture. Des points limites précis ont été définis pour les protocoles mis en oeuvre dans cette étude et seront scrupuleusement appliqués.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris est un modèle dont le génome est parfaitement connu. Un modèle murin de la sclérose latérale amyotrophique a été developpé afin de mimer la pathologie humaine et de servir de modéle preclinique afin de trouver les mecanismes cellulaires à l’origine de la SLA et potentiellement un traitement pour cette pathologie aujourd’hui encore incurable. Les animaux seront utiliés à l’âge adulte au debut du processus de degenerescence des neurones et avant l’apparition des symptomes moteurs.