
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 12/05/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-342212)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
La thrombose est un processus pathologique dû à du sang qui coagule, forme un caillot (ou thrombus) et obstrue le vaisseau. Il en résulte un défaut d’apport en oxygène, ou une accumulation de sang en amont et en fonction des organes atteints, comme le cœur, les poumons ou le cerveau, c’est une urgence vitale. Il existe des traitements comme les anticoagulants ou les thrombolytiques, qui visent à détruire le thrombus. Mais malgré les traitements actuels, l’efficacité reste limitée, avec un taux de mortalité ou de morbidité qui restent importants. Les complications chroniques sont fréquentes à cause d’un thrombus résiduel qui diminue drastiquement la qualité de vie du patient et est un fardeau économique pour la société. À cela s’ajoutent des effets indésirables des traitements comme le risque de saignement ou la toxicité cérébrale. L’objectif du projet est de tester une nouvelle approche thérapeutique ciblée, fondée sur des agents améliorés. Ces agents, ciblant spécifiquement un composant du thrombus, la fibrine, et couplés à un anticoagulant ou à un agent thrombolytique, visent à traiter localement la thrombose tout en limitant le risque de saignement.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Cette étude devrait nous permettre : -De mettre en évidence une réduction de la thrombose dans des modèles expérimentaux. -De mettre en évidence un effet des agents améliorés sur l’hémostase moins important que celui des traitements de référence, donc un risque de saignement réduit et acceptable. -De déterminer la durée et l’intensité de l’action des agents améliorés. Ce projet pourrait permettre à long terme d’améliorer la prise en charge des patients atteints de thrombose et de réduire les séquelles associées.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Un groupe de souris est soumis à une injection sur animal vigile (30 s). Certaines souris anesthésiées sont soumises à une chirurgie et deux injections, sans réveil de l’animal (entre 40 min et 1h45). Certaines souris anesthésiées sont soumises à une chirurgie, maximum deux prélèvements de sang et deux injections (30 min). Certaines souris anesthésiées sont soumises à une injection puis à une coupure de l’extrémité de la queue (35 min).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Pour toutes les procédures, un stress dû à la contention peut apparaître. Une des complications attendues est un impact de l’anesthésie sur le rythme respiratoire (irrégulier ou apnée) ainsi que des risques de saignement au site d’incision. D’éventuelles douleurs peuvent apparaître lors du réveil de l’animal et dans les heures suivantes. Dans les procédures de thromboembolisme, une apnée de plus d’1 minute peut être observée. L’animal peut également présenter une respiration haletante. Dans la thrombose veineuse, on peut observer des douleurs au niveau de la plaie, une altération de la motricité et de la locomotion. Dans l’ensemble des procédures, des saignements dû à la nature des molécules de références peuvent apparaître.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
A l’issue des procédures, les animaux sont mis à mort. Les prélèvements réalisés ne sont pas compatibles avec un réveil des animaux suite aux PE.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
L’objectif de ce projet est d’évaluer une approche thérapeutique ciblée améliorée, reposant sur le développement d’agents agissant sur la thrombose. Les deux pathologies étudiées (thrombose veineuse et artérielle) étant des processus particulièrement complexes faisant intervenir plusieurs types cellulaires ainsi que des conditions de flux (vaisseau, pression artérielle, flux sanguin), il est impossible de totalement substituer les modèles animaux par des modèles in vitro. Les principaux modèles in vitro permettent d’étudier la formation de thrombus sous flux contrôlés sur des surfaces induisant une thrombose, mais dans des conditions très simplifiées, sans endothélium fonctionnel et avec une architecture vasculaire artificielle. Ils ne peuvent donc pas reproduire la complexité d’un organisme vivant ni prédire de façon fiable la réponse globale des agents testés, ce qui justifie le recours à un modèle in vivo pour répondre à notre question scientifique. Les agents améliorés ont été préalablement testés dans des modèles in vitro sur sang humain afin de valider l’efficacité antithrombotique et anticoagulante des molécules avant de les tester in vivo. Obtenir des données chez la souris est nécessaire pour poursuivre le développement de ces agents, vers un potentiel essai clinique.
2. Réduction
Le projet se fera par étapes. Le nombre de souris par groupe est réduit au minimum pour l’obtention de résultats statistiquement significatifs. Afin de limiter le nombre de souris, nous réaliserons une première procédure visant à mettre en évidence l’effet d’un de nos agents sur la thrombose déjà formée. Si aucun effet n’est observé, le développement de cet agent sera stoppé. De plus, lorsque des prélèvements sanguins sont nécessaires, ils ne seront effectués que si l’agent est encore présent dans l’échantillon collecté au temps précédent.
3. Raffinement
Une période d’acclimatation de 14 jours entre l’arrivée des souris à l’animalerie et leur utilisation sera respectée. Une habituation à la manipulation est prévue 5 jours avant le début des expérimentations. Le stress et la douleur de tous les animaux utilisés dans ce projet seront diminués au minimum : •Par l’hébergement dans des cages en groupes sociaux. Ces cages seront munies de divers enrichissement ce qui permet aux souris d’organiser leur environnement selon leurs besoins. •Par des mesures péri-opératoires permettant de réduire les douleur et souffrances à leur minimum. •Des points limites ont été établis, permettant de soustraire les animaux à toute douleur ou souffrance inutile.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris est un animal pour lequel les modèles d’études in vivo sont maîtrisés, notamment les modèles d’hémostase et de thrombose. Elle est la plus adaptée pour ce projet, car les mécanismes de thrombose et d’hémostase y sont très bien connus et très proches de ceux de l’être humain. De plus, les médicaments contre la thrombose efficaces utilisés actuellement chez l’Homme ont prouvé leur efficacité dans des modèles de thrombose chez la souris, ce qui nous permet de comparer nos agents aux traitements actuellement utilisés en clinique. Dans toutes les procédures, les souris seront utilisées au stade adulte entre 2 et 6 mois. Cet âge correspond à la période utilisant des souris pubères et ne présentant pas encore de vieillissement. Le vieillissement des animaux n’est pas souhaitable car il introduit des variabilités physiologiques majeures qui pourraient masquer les effets spécifiques de nos ADCs. Les animaux pubères sont préférables car ils présentent un système cardiovasculaire et hémostatique physiologique, sans comorbidités.