
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 16/02/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-367094)
Pour mesurer ce qu’une infection simulée pendant la gestation et trois semaines d’isolement à l’adolescence font au cerveau, 1 392 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Certaines subissent une injection stéréotaxique dans le cerveau d’une heure ou un prélèvement de liquide cérébrospinal de vingt minutes. D’autres enchaînent les tests, trente minutes de locomotion, dix minutes pour l’anxiété, vingt minutes d’interaction sociale, huit minutes pour la dépression, vingt minutes de stéréotypie et six minutes de cognition. L’isolement de trois semaines constitue la procédure elle-même, et le porteur annonce en parallèle des cages enrichies pour rendre l’environnement plus apaisant, pour des bénéfices qui se limitent à mieux comprendre les mécanismes en jeu.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’infection virale pendant la grossesse et l’isolement chronique pendant l’enfance sont des stress qui ont un impact sur le développement du cerveau et sont des facteurs de risques pour certaines maladies psychiatriques. Ces stress peuvent impacter des protéines sécrétées dans le liquide cérébrospinal qui régulent la plasticité du cerveau. Ce projet vise à quantifier l’impact de ces stress sur le comportement animal, la régulation immunitaire et l’activité sécrétoire des plexus choroïdes (qui produisent le liquide cérébrospinal). Ce projet étudiera également les différences liées au sexe. L’analyse du comportement des animaux adultes permettra d’évaluer la socialisation, la stéréotypie (répétition persistante d’un acte), la régulation sensorimotrice, la cognition et les phénotypes liés à l’anxiété.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet permettra de mieux comprendre les mécanismes à l’origine des symptômes neurologiques liés aux infections virales subis pendant le développement embryonnaire et le stress subis pendant la petite enfance. Il permettra de suivre la localisation subcellulaire de protéines ciblées dans le plexus choroïde, la sécrétion de ces protéines dans le liquide cérébrospinal et leur distribution dans le cerveau. Ce projet vise à corréler l’effet cumulé de deux stress sur le comportement animal, la régulation immunitaire et l’activité des plexus choroïdes et vise à étudier les différences liées au sexe dans le développement des pathologies neurologiques.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Une injection intrapéritonéale sera réalisée sur animaux gestantes et vigiles ; la procédure dure environ 1 minute en moyenne et sera effectuée une seule fois. Certains animaux seront hébergés en isolement pendant 3 semaines. Une prise de sang sera effectuée sur des animaux anesthésiés ; la procédure dure environ 1 minute en moyenne et sera effectuée une seule fois. Certains animaux seront soumis à un seul test de locomotion qui dure 30 minutes. Certains animaux seront soumis à un seul test qui évalue le niveau d’anxiété et dure 10 minutes. Certains animaux seront soumis à un seul test d’interaction social qui dure 20 minutes. Certains animaux seront soumis à un seul test qui évalue le niveau de dépression et dure 8 minutes. Certains animaux seront soumis à un seul test de stéréotypie qui dure 20 minutes. Certains animaux seront soumis à un seul test cognitif qui dure 6 minutes. Une injection stéréotaxique intracérébrale sera effectuée sur des animaux anesthésiés ; cette procédure chirurgicale dure environ 1 heure et sera effectuée une seule fois. Certains animaux seront soumis à une injection dans la veine de la queue ; la procédure dure environ 30 secondes et sera effectuée une seule fois. Un prélèvement de liquide cérébrospinale sera effectué sur des animaux anesthésiés ; cette procédure dure environ 20 minutes et sera effectuée une seule fois.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Suite à la chirurgie, il est possible que les animaux soient stressés après réveil, sujets à des fluctuations de poids ainsi que de la douleur locale, ceci pouvant se traduire par une activité/mobilité réduite, une posture voûtée, une hyperactivité, et des difficultés respiratoires. Une injection intrapéritonéale ou prise de sang peut induire un stress et une douleur légère et de courte durée.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
A l’issue de chacune des procédures, les animaux seront mis à mort et leur cerveau sera collecté afin de permettre des analyses histochimiques ou biochimiques.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Nos recherches sur la sécrétion de protéines du plexus choroïde et de la distribution de protéines via le liquide cérébrospinal à la suite d’effets du stress sur la plasticité du cerveau nécessitent des modèles de souris. Ces expériences ne peuvent être reproduites ni in vitro, car elles dépendent d’un cerveau fonctionnel, ni sur des animaux non mammifères, car elles impliquent des analyses de comportements spécialisés.
2. Réduction
Nos travaux antérieurs sur des animaux soumis à des injections cérébrales suivies d’analyses nous ont permis de définir le nombre d’animaux par condition expérimentale afin d’obtenir une puissance statistique satisfaisante. Nous effectuerons plusieurs analyses sur certaines souris, ce qui nous permettra de réduire davantage le nombre d’animaux.
3. Raffinement
Toutes les expériences invasives sont réalisées sous anesthésie générale, associée à un traitement analgésique. Après la chirurgie, les animaux sont transférés dans une cage chauffée jusqu’à leur réveil. Une grille de suivi est utilisée pour évaluer les points limites des animaux et des points de vigilance précoce seront utilisés pour mettre en place des actions appropriées si nécessaire. Les souris, y compris celles en isolement social, seront hébergées dans des cages avec objets d’enrichissements afin d’avoir un environnement plus apaisant. Concernant l’analyse de comportement, les animaux suivront des phases d’habituation pour certains tests afin de réduire le stress et améliorer la reproductibilité.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La génétique de la souris est très bien connue et proche de celle de l’homme, ce qui en fait un modèle privilégié pour les études du développement du cerveau et des effets du stress en début de vie. Notre connaissance du modèle nous permet de réduire les conditions d’inconfort et de douleur. Il nous permet également de créer des modèles pour l’étude des pathologies humaines. Ce projet nécessite des souris âgées de 0 à 4 mois car il porte sur l’analyse de l’impact des stress juvéniles sur le cerveau et comportements adolescents et adultes.