
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 01/09/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-396343)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
La sclérose latérale amyotrophique (SLA), également connue sous le nom de maladie de Charcot, est une maladie qui entraîne une dégradation progressive des neurones moteurs – les cellules chargées de transmettre la commande motrice produite par le cerveau vers les muscles. Chez l’homme, cette maladie est fatale dans les 3 à 5 ans suivant le diagnostic. La découverte de mutations génétiques à l’origine des formes familiales de SLA chez les patients a permis l’élaboration de modèles de souris génétiquement modifiées qui sont atteintes de la SLA. Cette demande d’autorisation de protocole concerne l’élevage d’une de ces lignées de souris transgéniques qui est le modèle de choix utilisé par la communauté scientifique pour essayer de comprendre pourquoi les neurones moteurs dégénèrent dans la SLA.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Les recherches que nous effectuons sur ce modèle animal pourrait déboucher sur l’identification de nouvelles cibles thérapeutiques pour traiter ou ralentir la progression de la SLA.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Pour l’ensemble des animaux : une biopsie d’1 à 2 mm de queue sera réalisée pour le génotypage ainsi qu’un tatouage au niveau des doigts des pattes pour identification sur les souris vigiles. Ces deux gestes s’effectuent en quelques secondes.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
La mutation portée par les animaux est similaire à celle de l’homme. Ces animaux vont présenter des altérations motrices des membres antérieurs mais surtout postérieurs. Afin de déterminer le génotype des animaux, une biopsie de queue sera faite durant la seconde semaine de vie des animaux.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
L’ensemble des animaux à part les femelles reproductrices issues d’un fournisseur privé, sont dans une procédure modérée liée au prélèvement caudal dans le but du génotypage. Les animaux dont le génotype/sexe n’a pas d’intérêt dans le cadre de l’élevage ou des expérimentations seront euthanasiés. Des males porteurs de la mutation génétique à l’origine de la maladie de Charcot seront utilisés comme géniteurs, les autres animaux seront tous utilisés dans le cadre des projets scientifiques.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Il n’existe actuellement pas de méthode alternative suffisamment prédictive qui permettrait de se passer de l’utilisation d’animaux pour étudier la maladie de Charcot. Lorsqu’on s’intéresse aux altérations physiologiques induites par la dégénérescence neuronale il est impossible de se passer d’un modèle d’étude animal mammifère et de travailler sur des invertébrés ou des cellules différenciées.
2. Réduction
Le nombre d’animaux a été déterminé par l’expérience que nous avons acquise au laboratoire depuis de nombreuses années sur ce modèle animal dans lequel il y a une variabilité interindividuelle importante quant à l’évolution des processus neurodégénératifs.
3. Raffinement
Les animaux seront hébergés au sein d’un établissement utilisateur agréé dans des conditions favorisant leur bien-être (enrichissement, suivi quotidien par du personnel qualifié). Les animaux présentant des atteintes motrices seront suivis quotidiennement. Si de façon exceptionnelle ces altérations étaient visibles avant trois mois, les mâles reproducteurs seront euthanasiés. Les mâles étant agressifs entre eux, leur nombre est limité à 4 dans une cage de taille moyenne et à 6 dans une grande cage. Nous ne regroupons jamais des animaux de portées différentes. Nous maintenons les animaux par portée d’origine et ne les séparons pas en fonction du génotype afin de limiter le stress du regroupement. De l’enrichissement sera aussi ajouté pour permettre un maximum de cachettes (maison en carton, tunnel, sizzlenest). Des points limites ont été mis en place et seront appliqués. Les animaliers sont formés à leur détection et préviennent les chercheurs dès les premiers signes.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
L’identification de mutations génétiques à l’origine des formes héréditaires de SLA chez l’humain a permis l’élaboration de modéles murins de cette pathologie qui se développe à l’âge adulte avec l’apparition des premiers symptômes moteurs autour de 90 jours après la naissance.