
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 17/07/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-419069)
Testées cinq jours de suite, opérées en dix minutes, puis testées tous les trois jours pendant deux semaines et une fois par semaine pendant dix semaines, 420 souris vont être utilisées dans des procédures menées sans réveil ou impliquant un niveau de souffrance modéré à sévère. À quatre, huit et douze semaines après la chirurgie, elles sont séparées de leurs congénères cinq heures, testées deux jours de suite, puis séparées quinze heures. La douleur induite persiste au moins six mois dans l’un des deux protocoles, et le porteur indique que les analgésiques ne peuvent pas être administrés puisque les mécanismes de sa chronicité sont l’objet même de l’étude. Vient enfin la chirurgie terminale, sous anesthésie profonde, que le résumé justifie en quatre mots, « mise à mort pour prélèvement ».
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
La douleur neuropathique affecte 8 à 10% de la population et, dans nombre de cas, est réfractaire aux traitements actuels y compris les opiacés, tels que la morphine, ciblant le récepteur opioïde mu. Elle s’accompagne également de comorbidités de type anxio-dépressif plus fréquentes chez les femmes. Le système opioïde est un acteur clé de la modulation du seuil de sensibilité et de l’humeur. Il est composé de trois récepteurs (mu, delta et kappa) activés par la libération de neuropeptides opioïdes endogènes. La compréhension des changements affectant ce système en condition neuropathique est donc essentielle pour appréhender son rôle dans le développement de la douleur mais aussi dans l’apparition des comorbidités émotionnelles. Elle est également cruciale pour identifier de nouvelles stratégies thérapeutiques. Nos résultats antérieurs ont montré que les récepteurs opioïdes mu et delta peuvent s’associer et que leur interaction est associée avec une diminution de la douleur en condition neuropathique. Notre objectif est donc de cartographier les changements intervenant dans leur distribution dans le cerveau. Un modèle de douleur neuropathique dans lequel le seuil de sensibilité mécanique revient progressivement au niveau initial et un modèle dans lequel il reste faible de façon durable seront comparés pour déterminer si la plasticité observée est strictement associée au développement de la douleur ou si elle est également prédictive de la capacité de récupération. L’objectif global du projet est une compréhension fine des altérations du système opioïde qui interviennent en condition neuropathique afin de déterminer l’intérêt thérapeutique de cibler les récepteurs opioïdes mu et delta associés.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Cette étude permettra d’identifier les changements induits par la condition neuropathique et de déterminer leur implication dans le développement de la douleur. Elle permettra aussi de déterminer les potentielles différences liées au sexe, au caractère réversible ou pas de l’hypersensibilité mécanique et au développement ou non des comorbidités de type anxio-dépressif. Au final, cette étude améliorera notre compréhension de la plasticité du système opioïde et, plus particulièrement, du rôle et de l’intérêt thérapeutique de cibler les récepteurs opioïdes mu et delta associés.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Un premier groupe de souris adultes sera testé quotidiennement sur une durée de 5 jours puis subira une chirurgie d’une durée de 10 minutes. A partir du 3ème jour après la chirurgie, il sera testé pendant 5 minutes tous les 3 jours pendant les deux premières semaines puis 1 fois par semaine durant les 10 semaines suivantes. Le comportement de l’animal est également évalué 4, 8 et 12 semaines post-chirurgie sur une séquence de 4 jours comprenant une séparation des congénères pendant 5 heures le premier jour, un test de 5 minutes le 2ème jour, un test de 10 minutes le 3ème jour et une séparation des congénères de 15h le 4ème jour. Un deuxième groupe de souris adultes sera testé quotidiennement sur une durée de 5 jours puis subira une chirurgie d’une durée de 10 minutes. A partir du 3ème jour après la chirurgie, il sera testé pendant 5 minutes tous les 3 jours pendant les deux premières semaines puis ensuite 1 fois par semaine. Au bout de 4 ou 8 semaines, une injection de 10 secondes sera pratiquée sur animal vigile suivie 1 heure plus tard d’une chirurgie terminale sous anesthésie profonde d’une durée maximale de 10 minutes. Un troisième groupe de souris adultes subira une chirurgie d’une durée de 10 minutes suivie 4 ou 8 semaines plus tard d’une chirurgie terminale sous anesthésie profonde d’une durée maximale de 10 minutes. Un quatrième groupe de souris adultes sera testé quotidiennement sur une durée de 5 jours puis subira une chirurgie d’une durée de 10 minutes. A partir du 3ème jour après la chirurgie, il sera testé pendant 5 minutes tous les 3 jours pendant les deux premières semaines puis 1 fois par semaine durant les 10 semaines suivantes. Au bout de 4 ou 8 semaines, il subira une chirurgie terminale sous anesthésie profonde d’une durée maximale de 10 minutes. Un cinquième groupe de souris adultes vigiles recevra 1 injection de 10 secondes suivie 1 heure plus tard d’une chirurgie terminale sous anesthésie profonde d’une durée maximale de 10 minutes .
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les deux modèles de douleur utilisés entraînent une douleur modérée qui perdure pendant au moins 6 mois dans l’un des modèles tandis que dans l’autre modèle les animaux récupèrent spontanément au bout de 3 mois. L’identification des mécanismes responsables du caractère chronique de la douleur représente le sujet de l’étude ; Par conséquent, les analgésiques ne peuvent être utiliser pour soulager la douleur. Par ailleurs, la chirurgie induit une inflammation et, potentiellement, une perte de poids transitoire.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
mise à mort pour prélèvement
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Les changements au niveau cérébral induits dans les modèles de douleur ne peuvent être évalués que sur organisme entier et vivant. Le système opioïde exerce un rôle neuromodulateur similaire chez l‘homme et la souris qui constitue dès lors un bon modèle pour en étudier les altérations dans des modèles de douleur reproduisant les signes cliniques observés chez l’homme.
2. Réduction
Une veille de la littérature sera effectuée durant toute la durée du projet afin de s’assurer du caractère original des expériences proposées et d’intégrer toute nouvelle donnée qui permettrait de réduire le nombre de paramètres à tester. Des expériences pilote sur des groupes d’animaux de taille réduite seront menées pour toute mise au point de protocole. Le nombre d’animaux est déterminé afin d’obtenir des résultats fiables et statistiquement robustes.
3. Raffinement
Les conditions d’hébergement (enrichissement, groupes sociaux, transfert de cage avec utilisation de tubes) et de manipulation (habituation à l’expérimentateur et aux pièces d’expérimentation) des animaux sont optimisées pour respecter leur besoin d’interaction sociale et réduire le stress des animaux. Les procédures invasives sont réalisées sous anesthésie générale et de façon à minimiser les effets négatifs sur l’animal (tapis chauffant, gel oculaire). Des points limites sont établis pour chaque procédure pour prévenir toute souffrance inutile. Une veille de la littérature et la participation à des séminaires dans le cadre de la formation continue en expérimentation animale permettent d’intégrer aux procédures tout nouvel élément contribuant au bien-être animal.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
L’espèce animale a été choisie car (1) ces animaux peuvent être modifiés génétiquement et (2) cette espèce est un modèle validé du comportement humain pour les questions abordées dans ce projet. l’étude sera réalisée sur des souris agées de 6 semaines ou plus.