
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 25/04/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-469900)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
La myopathie de Duchenne (DMD) est une maladie génétique affectant environ 1 garçon sur 5000 naissances, causée par des mutations dans le gène des dystrophines. En plus d’une dégradation progressive des muscles squelettiques, des troubles cognitifs, comportementaux et neuropsychiatriques touchent une grande partie des patients DMD. Les avancées récentes dans notre compréhension des mécanismes dépendants des dystrophines et responsables de la myopathie de Duchenne (DMD) ont conduit au développement d’outils innovants en thérapie moléculaire et en thérapie génique. Cependant, leur capacité à corriger toutes les altérations cognitives associées à cette maladie reste limitée. De plus, un sous-groupe de patient n’est pas éligible en raison d’un profil de mutation non corrigeable par thérapie génique. Par contre, plusieurs études et résultats préliminaires montre une mauvaise régulation de certains neurotransmetteurs cérébraux, suggérant que des approches plus traditionnelles utilisant des agents pharmacologiques pourraient être bénéfiques. En particulier, les troubles émotionnels décrits chez le patient et chez les souris modèles de DMD, pourraient être compensés par des interventions pharmacologiques utilisant des anxiolytiques. Ce projet a pour but de tester deux agents pharmacologiques anxiolytiques connus ; le projet est donc important pour le développement de nouvelles pistes thérapeutiques pour le traitement des troubles affectant le cerveau dans cette maladie.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Les troubles émotionnels sont un symptôme commun aux patients atteints de myopathie de Duchenne et aux souris modèles de cette maladie. On suppose qu’ils influencent fortement les troubles du comportement social, ainsi que certaines fonctions intellectuelles et les capacités d’adaptation. Actuellement, aucun traitement pharmacologique de type anxiolytique n’a été étudié dans cette pathologie. Ce projet permettra de déterminer si les troubles cognitifs et sociaux peuvent être améliorés au cours d’un traitement anxiolytique, donc de savoir s’il y a un bénéfice pour ces patients à recevoir un traitement aux anxiolytiques, en particulier pour ceux qui auraient des troubles émotionnels et sociaux importants, ou en cas de stress péri-opératoire. Les découvertes issues de ces études ont un intérêt critique pour l’orientation du traitement d’un nombre important de patients atteints de DMD.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Le génotype des animaux vigiles est identifié à partir d’une biopsie de queue (2s) faite à l’âge de 7j, donc avant ossification de la vertèbre caudale. Une anesthésie gazeuse de courte durée (
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Certaines interventions peuvent occasionner une douleur légère, ou un stress de courte durée qui se traduira par une réduction de l’activité exploratoire: (1) la biopsie de queue faite pour le génotypage (2 s) ; (2) l’injection d’un traitement, (3) L’injection du transpondeur (
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
À la suite des tests comportementaux, les souris tests seront euthanasiés pour prélèvements post-mortem de leur cerveau. Les reproducteurs seront euthanasiés après 6 portées ou 27 semaines, ou avant s’ils ne produisent plus de portées ; après cet âge les portées sont de taille très réduite ou inexistantes et la gestation devient trop fatigante pour les femelles.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Les recherches de traitement pour ces pathologies n’ont pas de modèle in silico ou in vitro et sont généralement menées sur des souris modèles déficientes en dystrophine chez lesquelles nous avons préalablement identifié les symptômes qui vont servir ici pour évaluer l’efficacité des traitements. Notre projet implique donc d’effectuer des tests de comportement qui nécessitent l’utilisation d’animaux vivants et pouvant se comporter librement.
2. Réduction
Le nombre d’animaux par groupe correspond au minimum nécessaire pour une démonstration statistique convaincante des objectifs. Sur la base des publications utilisant des méthodes similaires d’analyse du comportement, la réussite des expériences nécessite 15 souris par groupe. Les groupes comprennent des souris recevant un traitement et des groupes contrôles non traités indispensables aux analyses statistiques. Nous avons inclus une étude dans laquelle certains groupes seront soumis à plusieurs tests, ce qui permet de réduire le nombre total d’animaux. Nous utiliserons préférentiellement des tests statistiques adaptés aux petits échantillons, sauf dans le cas d’analyses complexes d’interactions entre facteurs ne pouvant être effectuées avec ces tests.
3. Raffinement
Les tests comportementaux induisant de l’anxiété sont très courts (
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
D’autres modèles animaux de cette maladie existent (rat, chien, porc), mais seule l’espèce souris permet actuellement de disposer de différents modèles mutants ou transgéniques porteurs de mutations variées et représentatives des sous-groupes de patients montrant des variations dans la sévérité des symptômes. Les troubles émotionnels et sociaux ont uniquement été étudiés chez les souris modèles. Les recherches précliniques pour ces pathologies sont donc généralement menées sur ces souris déficientes en dystrophine, chez lesquelles nous avons préalablement identifié les symptômes qui vont servir ici de marqueur pour évaluer l’efficacité des traitements. Les traitements seront administrés à l’âge de 6 ou 8 semaines et le comportement évalué entre 8 et 10 semaines. En effet, les déficits comportementaux qui serviront pour évaluer l’efficacité des traitements ont été préalablement évalués à cet âge. De plus, ceci est cohérent en cas de translation vers la clinique, où des traitements seront envisagés chez des adolescents et jeunes adultes. Les effets du traitement chronique sont observables au bout de 2 semaines de traitement chez la souris ; le traitement démarrera à l’âge de 6 semaine pour commencer les tests comportementaux à 8 semaines. Par contre, les effets de l’autre traitement sont observables de manière immédiate et ce traitement démarrera donc à 8 semaines.