
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 13/01/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-503863)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Le syndrome de Dravet est une épilepsie génétique sévère qui se développe avant l’âge de 1 an. Outre les crises d’épilepsie, ce trouble se caractérise par des comorbidités comportementales, telles qu’un retard cognitif et une déficience motrice. Ce syndrome est causé par un déséquilibre excitation/inhibition qui conduit à des crises d’épilepsie. Une grande partie des patients atteints du syndrome de Dravet n’ont pas d’amélioration de la fréquence et de la sévérité des crises, ni d’amélioration des retards cognitifs avec les traitements pharmacologiques actuels. Notre projet vise à évaluer l’efficacité d’un traitement pharmacologique avec trois composés potentiels sur le développement de différents symptômes dans un modèle murin du syndrome de Dravet. Notre modèle murin récapitule les symptômes observés chez les patients ; Les premières crises chez l’Homme apparaissent avant l’âge d’un an et se stabilisent à l’adolescence, chez les souris elles apparaissent dès 20 jours et se stabilise autour de 30 jours. A l’adolescence, le syndrome évolue vers un retard cognitif et moteur visible aussi chez la souris.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Une grande partie des patients atteints du syndrome de Dravet n’ont pas d’amélioration de la fréquence et de la sévérité des crises, ni d’amélioration des retards cognitifs avec les traitements pharmacologiques actuels. Notre projet vise à évaluer l’efficacité d’un traitement pharmacologique avec trois composés potentiels sur le développement de différents symptômes dans un modèle murin de ce syndrome. Nous présentons une nouvelle version de la ligne de traitement existante pouvant améliorer ou modifier la trajectoire à long terme de la pathologie.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
A 15 jours les animaux sont biopsiés pour analyse du génotype pour la répartition des groupes expérimentaux, puis les souris entrent en procédure à l’age de 20 jours. La totalité des souris recevra une injection intraveineuse sous anesthésie qui peut provoquer une inflammation locale. Un premier lot d’animaux sera implanté avec un système d’enregistrement électrocéphalographique (EEG). Ils seront soumis à une anesthésie générale pour l’implantation par chirurgie du système d’électroencéphalographie (EEG, 20 min). Deux séries d’enregistrements électroencéphalographiques impliquant une contention pour branchement au système. Un deuxième lot subira une induction de crise induite par l’hyperthermie. Il s’agit d’une procédure unique qui dure environ 20 minutes et se termine lorsque l’animal développe une crise d’épilepsie ou lorsque sa température corporelle atteint 43 degrés Celsius. Un troisième lot effectura des tests comportementaux. Les test comportementaux qui seront utilisés, sont basés sur la tendance naturelle des rongeurs à explorer un nouvel environnement et se feront sur deux semaines. Un dernier lot sera soumis à des tests comportementaux (les mêmes que précédement) puis les animaux seront implanté avec un système d’enregistrement EEG comme présenté précédement.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les souris entrent en procédure à 15 jours, après une biopsie entraînant une douleur de courte durée. Les souris développent des crises tonico-cloniques spontanées à partir de l’âge de 3 semaines environ (P20), ces crises sont fréquentes et non douloureuses car il y a perte de conscience pendant la crise, comme chez les patients. Les crises sont néanmoins dangereuses pour les souris durant ce stade de développement jusqu’à environ P40 car elles provoquent la mort subite (SUDEP) chez 35% des animaux. Après les crises, les souris reprennent lentement conscience et recommencent à bouger sans aucun signe clair de douleur (pas de posture, de cri ou d’expression faciale de douleur). La fréquence moyenne des crises spontanées dans ce modèle de souris est de 1 crise tous les 2 jours. Les souris seront injectées par voie intraveineuse, ce qui peut provoquer une inflammation locale ponctuelle.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux seront mis à mort à la fin de la procédure car il est nécessaire de récupérer les organes pour analyses.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
L’utilisation d’un modèle animal in vivo mimant le phénotype clinique observé chez les patients atteints du syndrome de Dravet est cruciale pour l’objectif de notre projet qui est de tester l’efficacité de nouveaux traitements pharmacologiques sur l’ensemble des symptômes (épileptiques et non épileptiques) qui surviennent dans ce syndrome, il n’y a pas de remplacement possible.
2. Réduction
Nous avons minimisé le nombre d’animaux nécessaires dans chacune des procédures tout en nous assurant d’en avoir suffisamment pour faire l’analyse statistique de nos expériences (analyse a priori à l’aide du logiciel Gpower). Dans toutes les procédures, nous comparerons les souris mutantes avec les souris controles des mêmes portées. Dans toutes les procédures, nous utiliserons des femelles et des mâles issus des mêmes portées.
3. Raffinement
Toutes les souris seront élevées dans un environnement enrichi (plusieurs animaux par cage, abri, buchette, et coton pour le nid). Nous manipulerons les animaux régulièrement pour les habituer à notre présence. Tout au long de chaque procédure, les animaux seront surveillés (hebdomadaire). Nous utiliserons une grille de score pour apporter les réponses adaptées et nous porterons une attention particulière aux critères de poids, de stress et d’hyper-réactivité, décrit dans les points limites. Pour aider à la prise de décision, cette grille de score contient plusieurs critères d’évaluation permettant de déterminer un score qui permet à l’expérimentateur de prendre la décision adaptée pour mettre en place rapidement des mesures visant à éviter ou réduire cette souffrance, et si nécessaire, l’arrêt des souffrances par mise à mort. Ce suivi tout au long de la vie par les expérimentateurs permettra aussi de réduire le stress des animaux qui y seront habitués. En outre, toutes les douleurs opératoires et postopératoires liées aux chirurgies prévues seront prises en compte avec une prise en charge pharmacologique adaptée.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les souris C57BL/6 sont très couramment utilisées en recherche sur l’épilepsie, Le modèle animal que nous utilisons pour le projet (Scn1a mutant) développé par notre collaborateur est le plus utilisé. Il constitue un modèle adapté pour les expériences proposées par notre étude, où l’unité neuro-glio-vasculaire complètement fonctionnelle est requise pour investiguer les effets des crises sur les marqueurs d’inflammation. L’évaluation du potentiel thérapeutique des quatres composés sur le phénotype épileptique et non épileptique débutera après la première crise d’épilepsie, soit entre 20 jours et 30 jours. Les tests comportementaux, les électroencéphalogramme seront eux menés à l’âge adulte