Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

Les tests de douleur comportent une limite d’arrêt qui permet de les interrompre même si l’animal ne réagit pas, afin de lui éviter une lésion. 2 550 souris et 2 550 rats vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré à sévère, tous tués à l’issue. On leur injecte dans la patte de la formaline, de la capsaïcine, du venin d’abeille, du carraghénane, du zymosan, de l’adjuvant de Freund ou des chimiothérapies, ce qui provoque une douleur persistante et un œdème suivis jusqu’à deux semaines, durée dont le porteur fait lui-même la justification du classement en sévère. Chaque animal peut subir jusqu’à 30 tests thermiques ou mécaniques et 38 prélèvements sanguins, pour évaluer des composés antidouleur candidats.

NTS-FR-585052v1
Types de recherche
· Recherche appliquée · Troubles nerveux ·
Mots-clés
Douleur neuropathique, Nociception, Douleur inflamatoire
Souris : 2550
Rats : 2550

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

L’objectif principal de ce projet est d’évaluer l’efficacité de potentiels composés thérapeutiques dans la modulation de la douleur chez des modèles de rongeurs, en se concentrant sur trois axes principaux : la détection des stimuli douloureux, la douleur liée aux atteintes des nerfs et la douleur liée aux inflammations. ces deux dernière catégories sont induites par divers agents afin de reproduire des mécanismes proches de ceux observés dans les pathologies humaines alors que l’étude de la détection des stimuli douloureux se fait sur des animaux naïfs, afin de caractériser les effets des composés sur la sensibilité normale aux stimuli douloureux. En effet, un composé peut présenter une activité antidouleur en conditions physiologiques, tout en étant inefficace dans un contexte de douleur pathologique, d’où l’importance de distinguer ces deux niveaux d’évaluation. Actuellement les principales catégories de molécules utilisées dans le traitement de la douleur sont les opioïdes, les anti-inflammatoires non stéroïdiens, les antidépresseurs et les anticonvulsivants. Toutes ces molécules utilisées seules ou en combinaison présentent des effets secondaires parfois importants. Les opioïdes, bien que largement utilisés dans la gestion de la douleur chronique, comportent des risques significatifs, notamment des effets secondaires graves et des risques de dépendance. De plus ce projet inclut des objectifs secondaires comme : – L’évaluation de la pharmacodynamique des composés dans des modèles de douleur liée aux atteintes des nerfs et aux inflammations. – La comparaison de l’efficacité des traitements pour chaque type de douleur à différents dosages et fréquences d’administration. – L’étude des mécanismes d’action des composés, en particulier les voies biologiques impliquées dans la douleur aux atteintes des nerfs et aux inflammations. – La validation de marqueurs communs ou spécifiques aux types de douleurs étudiées.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

A moyen terme, ce projet a pour objectif de participer au développement de nouvelles molécules pour le traitement des douleurs. Il devrait aussi permettre de développer des molécules qui permettent de remplacer les opioïdes actuels qui sont responsables de dépendance et dont l’utilisation détournée est un problème majeur. En proposant de nouveaux composés thérapeutiques plus ciblés et plus sûrs, ce projet pourrait contribuer à réduire l’usage des opioïdes dans le traitement de la douleur neuropathique et inflammatoire, offrant ainsi une alternative plus sûre pour des millions de patients souffrant de douleurs chroniques.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Les animaux de ce projet inclus dans la procédure 1 peuvent être amenés à réaliser au maximum 30 tests thermique et/ou mécanique répartis sur 2 seamines (5 min). Ils auront un maximum de 4 administrations par jour et des prélèvements sang peuvent être réalisé sans dépasser les recommandations éthiques en termes de volume prélevé et en garantissant le délai de récupération réglementaire. Les animaux de ce projet inclus dans la procédure 2 peuvent être amenés à réaliser au maximum 7 tests thermique et/ou mécanique (5 test-30 min). Ils auront un maximum de 4 administrations et un maximum de 5 prélèvements sanguins sur la période de 24 heures en ne dépassant pas les recommandations éthiques en termes de volume prélevé et en garantissant le délai de récupération réglementaire. Concernant la procédure 3 peuvent être amenés à réaliser au maximum 30tests thermique et/ou mécanique (5test-30 min). Ils auront un maximum de 4 administrations par jour et un maximum de 38 prélèvements sanguins sur la période de 2 semaines en ne dépassant pas les recommandations éthiques en termes de volume prélevé et en garantissant le délai de récupération réglementaire Les administrations durent moins de 30 secondes en prenant en compte le temps d’injection et également le temps de la contention. Une injection dure environ 5 min. Concernant les prélèvements de sang, ils durent de 1 à 5 minutes selon la méthode utilisée.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Les effets indésirables attendus sont corrélés à la sévérité et aux spécificités de chaque procédure expérimentale : • Dans le cadre de la Procédure 1 : Les nuisances sont principalement liées aux manipulations régulières et à la contention douce lors des tests comportementaux, pouvant induire un stress transitoire. Les administrations et les prélèvements sanguins optionnels peuvent occasionner une douleur passagère ou une irritation locale aux sites d’injection. • Dans le cadre de la Procédure 2: En plus du stress de manipulation et des désagréments liés aux administrations, l’injection intra-plantaire d’agents irritants ou inflammatoires (formaline, capsaïcine, venin d’abeille, carraghénane ou zymosan) provoque une douleur locale immédiate et un œdème de courte durée, limitée à une période maximale de 5 heures après l’induction. • Dans le cadre de la Procédure 3 : Cette procédure engendre les nuisances pendant plus longtemps. L’injection intra-plantaire d’agents d’induction (CFA, MIA ou chimiothérapies) induit une douleur locale persistante ainsi qu’un œdème, suivis sur une période allant jusqu’à 2 semaines. La durée de cette douleur pathologique justifie le classement en sévère.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

L’ensemble des animaux sera mis à mort à la fin de l’expérience, une partie des animaux est mise à mort pour faire des prélèvements, l’autre partie ne peut pas être replacée ou ré-utilisée car ne sommes pas en mesure de garantir les dispositions de l’article R214-112 du code rural et de la pêche maritime permettant le placement.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

La nociception et la douleur sont des phénomènes complexes impliquant des mécanismes neuronaux, immunitaires et comportementaux qui ne peuvent être reproduits par des modèles in vitro. Les tests comportementaux et les réponses systémiques nécessitent l’utilisation de modèles animaux pour évaluer l’efficacité des composés antalgiques dans des conditions réalistes. Pour toutes ces raisons, actuellement aucune méthode de remplacement n’est disponible pour étudier la problématique du présent projet. Néanmoins, les molécules testées dans ce projet ont fait l’objet d’une sélection sur des tests in vitro afin de choisir celles qui ont le plus fort potentiel thérapeutique.

2. Réduction

3R / Réduction :

Les expériences seront réalisées avec la volonté de réduire autant que possible le nombre d’animaux par condition expérimentale, mais toujours dans l’optique d’obtenir le maximum d’informations scientifiques par test. C’est pourquoi, très souvent, des prélèvements post-mortem seront associés aux études in vivo dans l’objectif de soutenir les données obtenues par des analyses histologiques ou biochimiques. Quand, chaque animal peut être utilisé comme son propre contrôle, les animaux non induits ne sont pas mis en œuvre. Des analyses statistiques finales sont réalisées.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Le bien-être des animaux est primordial durant les expérimentations. Ainsi, un certain nombre de mesures sont mises en œuvre, avec notamment l’intégration d’une phase d’acclimatation (minimum 6 jours) à l’arrivée des animaux sur site avant toute expérimentation. Nous portons une attention particulière à fournir aux animaux des conditions optimales d’hébergement afin de réduire au maximum le stress lié à la captivité et aux expérimentations. Les animaux sont hébergés en groupes sociaux avec des enrichissements propres à chaque espèce. Les animaux sont observés tous les jours et leur comportement est suivi afin de déceler tout signe d’inconfort ou de stress. Les animaux sont pesés au minimum une fois par semaine, mais dès les premières administrations, ils sont pesés les jours d’injection ainsi que tous les jours d’expérience. Les expérimentations, la mise à mort et les prélèvements sont effectués dans des pièces dédiées différentes des pièces d’hébergement. Les manipulations sont faites par du personnel compétent. Certaines administrations, la mesure du volume des pattes et les prélèvements de sang sont effectuées sous anesthésie générale . Les tests induisant de la douleur sont tout assorti d’une limite d’arrêt permettant de mettre fin au test même si l’animal ne réagit pas afin de le protéger de l’apparition de lésion. De plus, nous avons établi des points limites spécifiques et les plus précoces possibles afin de soustraire l’animal à une douleur qui serait inattendue. Si de nouvelles approches moins stressantes ou douloureuses pour l’animal venaient à être mises au point après le début de ce projet, une concertation avec notre SBEA sera réalisée afin d’intégrer ces nouvelles pratiques dans nos procédures.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Dans le cadre de ce projet, nous utilisons des rats ou souris non transgéniques. Le choix de l’espèce a une importance primordiale dans la recherche à visée médicale. Ce choix prend en compte plusieurs critères mais le critère majeur est la pertinence scientifique du modèle. Nous n’utilisons que des modèles fiables qui présentent une prédictivité reconnue, une bonne reproductibilité et dont l’extrapolation des conclusions à l’homme est largement admise. De plus, ces espèces disposent d’une énorme base d’informations physiopathologiques et d’outils de diagnostiques, permettant ainsi de réduire considérablement les expérimentations pilotes. Dans ce projet nous favorisons l’utilisation de jeunes adultes (200-250g chez le rat et 25g chez la souris). Nous avons fixé cet âge car les mécanismes que nous étudions ne sont pas dépendants de l’âge et que d’après nos études antérieures ces animaux répondent de façon reproductible et robuste au protocole.