Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

Un morceau de l’extrémité de la queue est coupé sur chaque souriceau âgé de sept à dix jours, geste réalisé sur animal vigile pour lire son patrimoine génétique. 9 408 souris au total, que le porteur appelle sa « production », vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Le projet ne génère aucune donnée par lui-même : il entretient des lignées porteuses de mutations liées à l’épilepsie focale, destinées à alimenter trois autres projets. Les souriceaux nés sans la mutation recherchée sont tués faute de pouvoir être replacés, les autres restant en élevage ou transférés vers d’autres protocoles.

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

L’épilepsie touche plus de 50 millions de personnes dans le monde. Les épilepsies focales sont parmi les plus fréquentes et sévères des épilepsies, et sont souvent liées à une malformation cérébrale, en particulier ce que l’on appelle les dysplasies corticales focales. Les dysplasies corticales focales sont caractérisées par une désorganisation locale d’une zone du cerveau (cortex cérébral) et la présence de cellules anormales et de taille anormalement grande. Ces anomalies du développement sont responsables d’épilepsies qui résistent aux traitements médicamenteux et sont associées à des déficits cognitifs et des pathologies psychiatriques précoces. Plusieurs modèles animaux d’épilepsie corticales focales seront utilisés pour des projets de recherche nécessaires à la validation de nouvelles cibles thérapeutiques et à l’évaluation de traitements innovants. Ces modèles sont créés à partir de l’accouplement de souris porteuses de mutations mais ne les exprimant pas (n’ayant aucun symptôme les différenciant des souris non modifiées génétiquement). Le but de ce projet sera de maintenir les élevages de ces souris mutantes mais non malades afin de générées les souris utiles à ces différents projets de recherche.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Ce projet nous permettra de conserver les lignées de souris porteuses de modification génétique mais n’entrainant aucun symptôme. Elles permettront dans un deuxième temps de réaliser différents projets. Les bénéfices de ce projet sont donc indirects. L’un des projets permettra de générer et valider de nouveaux modèles de pathologies génétiques induisant des crises épileptiques et reproduisant les mutations observées chez les patients. Un deuxième projet permettra d’évaluer et valider de nouvelles cibles thérapeutiques dans le cadre des épilepsies génétiques. Et enfin, un autre projet portera sur l’évaluation de l’efficacité et des effets indésirables de nouveaux traitements. Ainsi à court terme, l’ensemble de ces projets pourraient permettre d’améliorer nos connaissances sur l’épilepsie et plus particulièrement les formes associées aux dysplasies corticales focales. A plus long terme ceci pourrait amener à identifier de nouvelles pistes thérapeutiques pour les patients et donc une amélioration de leur prise en charge.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Afin de connaitre le patrimoine génétique de nos animaux, un petit prélèvement de l’extrémité de la queue sera réalisé une fois sur les jeunes animaux produits dans ce projet (vigile, durée quelques secondes, une fois).

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

L’animal pourra ressentir une légère et brève douleur lors du prélèvement pour connaitre son patrimoine génétique. Il existe un risque de saignement suite à ce prélèvement.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Les animaux générés non porteurs des modifications génétiques d’intérêts seront euthanasiés car il ne sera pas possible de les replacer du fait de leur modification génétique. Si cela est possible ils pourront être proposés en don à d’autres équipes de recherche. Les animaux au génotype d’intérêt seront utilisés pour le maintien des lignées ou seront en utilisation continue dans d’autres projets.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

L’utilisation d’animaux est justifiée car : Premièrement, les modifications cérébrales nécessaires ne peuvent être étudiées chez l’humain. Nous avons grâce à des collaborations avec des cliniciens accès à un nombre restreint de tissus cérébral de patients. En effet, les FCD restent des maladies rares. Nous faisons un maximum d’études sur ces tissus. Cependant, ceux-ci sont obtenus postérieurement à l’apparition des crises épileptiques et ne permettent donc pas d’étudier le développement de la maladie qui aboutieaboutit à ces crises. Deuxièmement, la culture cellulaire seule ne reproduit pas certaines propriétés des crises d’épilepsie dans un cerveau entier. Si la culture cellulaire a permis de nombreuses avancées dans l’étude de ces pathologies (validation de mutations découvertes chez les patients, étude de pathways impliqués dans la pathologie, …), elle ne permet pas la création de modèles suffisamment complexes, avec notamment des réseaux neuronaux matures et une interaction entre différents types cellulaires. Enfin, la modélisation in silico nécessite des données expérimentales encore manquantes.

2. Réduction

3R / Réduction :

Nous veillerons à avoir un pilotage raisonné de nos lignées afin de ne produire que les effectifs d’animaux strictement nécessaires. Pour cela, le nombre d’accouplement nécessaire a été évalué en amont et pourra être réévalué an cas de divergence avec nos estimations. De même, nous avons prévu les mesures nécessaires à la prévention de la dérive génétique (accumulation de mutation due à une trop forte consanguinité des animaux) tout en limitant au maximum le nombre d’animaux impliqués dans le projet. Nous estimons notre production totale à 9408 animaux. Les males pourront être utilisés simultanément dans plusieurs accouplements pour limiter au maximum le nombre d’animaux impliqués dans le projet.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les animaux seront hébergés dans une animalerie agréée selon les normes en vigueurs. Ils seront hébergés dans des cages enrichies d’un nid de coton, d’un bâtonnet de bois à ronger et d’une maison en cas d’inconfort ou pour les femelles gestantes. Ils auront accès à la nourriture et à l’eau à volonté. La nourriture sera adaptée à leur stade physiologique. Les animaux seront observés quotidiennement. En cas d’anomalie un suivi journalier sera mis en place. Les animaux provenant d’un fournisseur agréé externe bénéficieront d’une période d’acclimatation de minimum 1 semaine avant d’être mises en accouplement. De plus nous nous assurerons de la bonne santé de nos animaux avant de les mettre en accouplement. Lors du prélèvement pour connaitre le patrimoine génétique des souriceaux, nous réaliserons le geste dans une pièce dédiée et au calme. Nous utiliserons du matériel propre et désinfecté entre chaque animal et nous nous assurerons que les petits soient bien repris en charge par leur mère à la suite du geste. Des points limites ont été établis et seront respectés afin d’éviter toute souffrance des animaux.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Nous travaillerons sur une espèce animale : la souris. Notre choix a été motivé par des raisons scientifiques : (1) Nos études portent sur des modèles génétiques d’épilepsie nécessitant des modifications génétiques ciblées, possibles chez ces animaux. (2) L’établissement de lignées pures avec un fond génétique stable et homogène utilisées dans les laboratoires du monde entier permet la reproductibilité et la comparabilité des résultats et donc la réduction du nombre d’animaux. (3) Cette espèce est majoritairement utilisée pour modéliser les crises d’épilepsies. Elles ont donc été explorées de manière exhaustive de la molécule au comportement, permettant une solide base scientifique sur laquelle baser nos travaux. (4) Les rongeurs ont un cerveau suffisamment élaboré pour générer des activités épileptiques dont les mécanismes pathologiques aux niveaux cellulaire et moléculaire sont similaires à l’humain. Les animaux seront génotypés par biopsie d’un bout de queue à l’âge de 7 à 10 jours, donc sur un animal très jeune où l’extrémité de la queue est peu sensible et cicatrise vite.