
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 07/07/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-674692)
24 souris arthritiques vont être utilisées, douze avec accès à une roue de course et douze sans, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Chaque semaine pendant huit semaines, l’atteinte de leurs pattes est notée point par point, et trois tests filment leurs déplacements pendant cinq minutes. Le porteur décrit une queue qui se courbe dès la quatrième semaine puis se rigidifie, un gonflement des articulations à partir de la septième, une déformation progressive des doigts et des membres, et affirme qu’aucun signe de souffrance n’a été détecté lors de l’expérience précédente, menée sans traitement antidouleur. La ponction sanguine finale, suivie immédiatement de la mise à mort, doit servir à mesurer l’inflammation et à fournir un argument pour promouvoir l’activité physique auprès des patients.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Pour les patients atteints de spondyloarthrite, la question de la mobilité est cruciale. Parmi les facteurs impactant leurs capacités motrices, des atteintes des enthèses apparaissent aux stades les plus avancés. Les enthèses sont les zones d’insertion des tendons ou des ligaments dans l’os : elles possèdent un rôle mécanique important. Notre objectif est d’étudier l’effet de l’activité physique sur ces atteintes des enthèses, dans un modèle de souris arthritiques. Nous souhaitons évaluer les conséquences de l’exercice de course volontaire sur le développement de signes d’arthrite et sur la mobilité des souris. Nous étudierons les conséquences de l’activité physique sur les mécanismes cellulaires et moléculaires dépendant de l’exercice dans l’articulation spondyloarthritique. Nous analyserons plus précisément l’insertion du tendon d’Achille dans le talon, car c’est l’une des zones atteintes chez les patients. Dans l’ensemble, nous nous attendons à un effet bénéfique de l’activité physique modérée sur l’ensemble des symptômes.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Nous pensons que l’exercice de course volontaire pourrait contrecarrer les anomalies osseuses observées dans les articulations des souris arthritiques et favoriser la bonne santé des tendons dans la cheville. Il est possible aussi que l’exercice ait aussi un effet favorable sur l’inflammation. L’analyse permettra de découvrir les mécanismes moléculaires impliqués dans la réponse à l’activité physique au niveau de l’articulation. Nos résultats contribueront à la compréhension de la maladie. Dans l’ensemble, nous attendons un effet bénéfique de l’activité physique sur les symptômes des souris de spondyloarthritiques : ceci qui constituera un argument convaincant pour promouvoir l’activité physique chez les patients, comme un vecteur de bien-être et comme un facteur d’amélioration de la mobilité, mais aussi comme un moyen d’atténuer les symptômes squelettiques.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Des observations hebdomadaires des pattes nous permettront de donner un score d’atteinte arthritique à chaque souris (8 semaines consécutives, 2 à 5 min par observation), avec un système de notation par points, pour rendre compte de l’évolution de la maladie. Trois tests mesurant l’activité motrice des souris (distance parcourue, vitesse, temps d’activité…) nous permettront d’évaluer la mobilité de chaque souris. En pratique, la souris est déposée dans une cage vide et une caméra infrarouge enregistre ses déplacements pendant 5 minutes. A l’issue du protocole expérimental, tous les animaux seront inclus dans notre étude. Nous comparerons les indicateurs sanguins d’inflammation et les troubles musculo-squelettiques des pattes entre les souris hébergées en condition standard et les souris ayant eu accès à des roues d’activité. Les analyses sanguines prévues pour mesurer l’inflammation nécessitent l’obtention d’un volume de sang conséquent : une ponction sanguine sera réalisée (10 à 15 secondes) après traitement anesthésique et antidouleur, elle sera immédiatement suivie par l’euthanasie des animaux.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les souris développent des symptômes arthritiques de type spondyloarthrite. Elles ont déjà été décrites par d’autres laboratoires, et nous avons nous-même validé la chronologie et la sévérité des signes arthritiques de ce modèle au sein du laboratoire. Des courbures de la queue apparaissent précocement (à partir de la semaine 4), puis une rigidité, mais sans nuire au déplacement des animaux. Au niveau des membres, un gonflement articulaire est visible à partir des semaines 7 à 9, puis une déformation progressive des doigts et des membres. Lors de notre précédente expérience, l’utilisation de traitement antidouleur n’a pas été nécessaire : aucun signe de souffrance n’a été détecté. L’alimentation et la courbe de poids des souris arthritiques sont normales. Nous n’attendons pas d’aggravation due à l’exercice.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
A l’issue du protocole expérimental, tous les animaux seront euthanasiés pour être inclus dans notre étude sur l’impact de l’activité physique sur la spondyloarthrite. Le sang sera prélevé pour l’analyse de l’inflammation et les tissus squelettiques seront prélevés pour l’analyse des membres postérieurs et particulièrement des articulations des chevilles.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Notre équipe de recherche travaille sur les mécanismes d’ossification pathologique, en particulier au niveau des enthèses dans le cadre de la spondylarthrite. Nous avons obtenu des résultats in vitro démontrant l’implication de la stimulation mécanique dans ces processus cellulaires et moléculaires. Cependant, seule une approche en expérimentation animale nous permet d’étudier la stimulation mécanique naturelle des articulations lors d’une activité physique.
2. Réduction
Un total de 24 souris arthritiques sera intégré à notre étude (quel que soit le sexe). 12 animaux hébergés en cage standard seront comparés à 12 animaux qui auront accès à des roues d’activité, dont l’activité physique sera augmentée par de la course volontaire. D’après nos précédentes expériences, cet effectif de 12 animaux par groupe est le minimum nécessaire pour la validité statistique de nos analyses des tissus musculo-squelettiques et les dosages sanguins.
3. Raffinement
Pour réduire l’angoisse des animaux, la litière des cages sera composée d’un mélange de sciures et l’environnement sera enrichi. Le bien-être des animaux sera vérifié quotidiennement. La consommation d’eau et d’aliments sera surveillée. Un suivi hebdomadaire de la courbe de poids sera réalisé individuellement (la croissance des souris arthritiques est normale). Les symptômes d’arthrite seront surveillés et notés précisément chaque semaine. Si les animaux montrent des signes de souffrance, un traitement antidouleur pourra être envisagé. Lors de notre précédente expérience, ce cas ne s’est jamais présenté.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le présent projet fait suite à deux études de notre laboratoire : l’une portant sur la description des atteintes osseuses de ces mêmes souris arthritiques et l’autre sur les effets de la course volontaire de souris hébergées avec des roues d’activité sur l’articulation des chevilles. Nous souhaitons poursuivre nos travaux et approfondir nos résultats avec les mêmes modèles expérimentaux. Nous avons déjà validé la chronologie et la sévérité des signes arthritiques de ces souris au sein du laboratoire. Nous avons choisi de proposer l’accès aux roues d’activité aux souris âgées de 9 semaines, pendant 4 semaines, car il s’agit d’une période où les symptômes arthritiques sont légers à modérés.