
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 11/08/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-699114)
2 400 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, toutes tuées pour prélever leur cerveau. Elles reçoivent jusqu’à deux injections de vecteurs génétiques de cinquante minutes, subissent une chirurgie du crâne de quatre-vingts minutes pour l’imagerie cérébrale et l’électroencéphalographie, puis sont exposées à des températures chaudes et froides censées reproduire les saisons. Celles qui portent un dispositif crânien sont hébergées seules, ce que le porteur décrit comme inévitable et générateur de stress. Sur le remplacement, il affirme qu’aucune culture cellulaire ni simulation informatique ne reproduit le fonctionnement d’un « organisme entier », et que les circuits du sommeil de la souris ressemblent à ceux de l’être humain.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les saisons influencent profondément notre biologie : la durée du jour et la température affectent notre sommeil, notre humeur et notre horloge interne. Lorsque cette adaptation est perturbée, cela peut contribuer à des maladies psychiatriques telles que le trouble bipolaire, la dépression saisonnière ou la schizophrénie. Pourtant, les circuits cérébraux qui permettent au cerveau de détecter les changements saisonniers et d’y adapter notre comportement restent largement inconnus. Ce projet vise à identifier, dans le cerveau de la souris, les neurones responsables de la détection de la lumière et de la température saisonnières, et à comprendre comment ils orchestrent l’adaptation du sommeil et des rythmes biologiques. En utilisant des outils génétiques avancés permettant de visualiser et de contrôler l’activité de neurones spécifiques, ce projet testera également si ces interventions peuvent corriger les troubles du sommeil et des rythmes biologiques observés dans des modèles murins de trouble bipolaire et de schizophrénie. Ces travaux pourraient ouvrir la voie à de nouvelles approches thérapeutiques ciblées pour les troubles dont les symptômes s’aggravent à certaines périodes de l’année.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet a le potentiel de découvrir de nouveaux mécanismes par lesquels le cerveau s’adapte aux changements de saisons, un aspect fondamental mais encore très mal compris de la biologie cérébrale. En s’appuyant sur ces découvertes, ce projet testera si la manipulation ciblée des circuits identifiés permet d’améliorer les troubles du sommeil et des rythmes biologiques associés aux transitions saisonnières, ouvrant ainsi la voie à des traitements plus précis pour des maladies comme le trouble bipolaire, la dépression saisonnière ou la schizophrénie. Cette recherche est donc essentielle à la fois pour approfondir la compréhension du cerveau et pour poser les bases de nouvelles approches thérapeutiques ciblées.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les souris seront soumises aux interventions suivantes : 1) Des injections pour administrer des analgésiques lors des chirurgies. 2) des injections de vecteurs génétiques (jusqu’à deux fois, durée 50 minutes). 3) des chirurgies pour imagerie cérébrale et électroencéphalographie (une fois, durée 80 minutes). Ces interventions seront réalisées sous anesthésie générale et analgésie.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les chirurgies pratiquées sur le crâne peuvent causer une douleur modérée et un inconfort dans les heures et jours suivant l’opération. L’hébergement individuel, bien qu’inévitable pour protéger les dispositif médicaux, peut induire un stress. L’exposition à des températures chaudes et froides, visant à modéliser les changements saisonniers de température, peut induire un stress léger et transitoire. La manipulation régulière des animaux et le port de petits dispositifs d’enregistrement peuvent également causer un stress léger.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les souris de chaque procédure seront mise à mort afin de prélever le cerveau pour la réalisation d’analyses moléculaires et histologiques.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Les objectifs de ce projet ne peuvent pas être atteints sans recourir à des animaux, car les questions posées concernent le fonctionnement intégré d’un organisme entier, ce qu’aucune culture cellulaire ou simulation informatique ne peut reproduire à ce jour. La souris est le modèle de choix car elle permet de modifier des gènes spécifiques et de contrôler l’activité de neurones précis dans un animal vivant en comportement, et ses circuits cérébraux régulant le sommeil et les rythmes biologiques sont très similaires à ceux de l’être humain.
2. Réduction
Afin de réduire au strict minimum nécessaire le nombre d’animaux, nous utiliserons une analyse de puissance statistique pour déterminer le nombre d’animaux nécessaires afin d’obtenir un résultat scientifiquement fiable. Les données seront analysées avec des tests statistiques adaptés à chaque procédure
3. Raffinement
Les souris sont hébergées en groupe avec enrichissement environnemental dans la mesure du possible ; celles portant un dispositif médical crâniens sont hébergées individuellement mais dans des cages ouvertes leur permettant de voir, d’entendre et de sentir leurs congénères. Les chirurgies sont réalisées sous anesthésie générale avec une couverture analgésique de 72 heures, suivie de soins post-opératoires complets et d’une surveillance quotidienne pendant 4 jours. Des critères de bien-être stricts sont appliqués : au moindre signe de douleur, un analgésique supplémentaire est administré, et si nécessaire, l’animal est immédiatement mis à mort selon des méthodes éthiquement validées et réglementaires.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les souris représentent le modèle de choix pour étudier le fonctionnement du cerveau, car leurs circuits cérébraux présentent de nombreuses similarités avec ceux de l’être humain. Elles seront utilisées à l’âge adulte (8-9 semaines), lorsque les circuits cérébraux sont pleinement développés, ce qui correspond à la période où le trouble bipolaire et la schizophrénie apparaissent typiquement chez l’être humain. Des souris des deux sexes seront incluses, car ces maladies présentent des différences entre hommes et femmes ; intégrer cette variable permet de s’assurer que les résultats obtenus sont représentatifs de l’ensemble de la population et potentiellement pertinents pour la biologie humaine.