
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 11/06/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-699551)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
La consommation de sucres, qui a fortement augmenté ces dernières années notamment par l’utilisation de sirop dans les produits transformés, est parallèle à celle du nombre de patients atteints d’obésité. Ces données suggèrent un rôle de ces sucres dans le développement des désordres métaboliques et ont conduit l’Anses à émettre des recommandations pour développer des recherches plus approfondies sur « le lien entre consommation de sucres et pathologies associées ». Autant les recommandations alimentaires pour la consommation de sucre semblent suivies chez les adultes, elles ne le sont pas chez les plus jeunes dont les adolescents. Ainsi, l’objectif général de ce projet est d’étudier l’impact de la consommation de sucre chez les adolescents et l’impact que cela a sur la santé cérébrale (mémoire, comportement émotionnel) à l’adolescence et plus tard à l’âge adulte. Des sucres consommés par la population générale, les données de la littérature montrent que le fructose semble être celui ayant les effets délétérères sur la santé. Ce sucre est le sucre présent dans les fruits. Néanmoins, ce n’est pas la consommation de fruits qui pose problème mais la consommation de produits transformés et de sodas qui présentent une quantité de fructose très importante et qui poserait problème sur la santé. Ainsi, nous étudierons l’impact de la consommation de fructose à l’adolescence sur la santé cérébrale d’animaux adolescents ou adultes.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Le projet permettra de déterminer quel est l’impact de la consomation de fructose durant l’adolescence sur la santé cérébrale à l’adilescence et à l’âge adulte. Ces données seront clefs pour améliorer les recommandations alimentaires liées à la consommation de ce sucre.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux subiront des tests comportementaux durant 5 à 20 minutes permettant d’analyser les comportements émotionnels et mnésiques. Les réaliseront des tests de tolérance au glucose (suivi de la concentration sanguine de glucose pendant 2 heures suite à une injection intrapéritonéale de glucose). Les animaux seront mis à jeun 16h au maximun une seule fois.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les mises à jeûn induiront également un inconfort aux animaux. Les tests comportementaux induiront des stress modérés aux animaux le temps de ces dits tests. Les régimes pourront entrainer une prise de poids.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les animaux seront mis à mort à la fin de chaque procédure pour réaliser des analyses biochimiques sur les cerveaux ou des enregistrements d’activité électriques de neurones.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
L’étude des comportements de type anxieux et dépressif, des performances cognitives et de la prise alimentaire ne peuvent être réalisées que sur des animaux vivants ce qui rend impossible le remplacement de ceux-ci par des modèles in vitro. L’étude de l’effet de régimes alimentaires et plus largement de la Nutrition ne peut pas non-plus être modélisé in vitro et nécessite l’utilisation d’animaux vivants.
2. Réduction
Le nombre d’animaux sera reduit au mieux en se basant sur des articles scientifiques qui ont montré par le biais de tests statistiques des differences entre plusieurs groupes. D’après les études scientifiques sur l’analyse de marqueurs comportementaux et biochimiques, nous estimons que 12 animaux par groupe expérimental sont nécessaires pour atteindre une signification statistique. Pour chacune des procédures, le nombre d’animaux renseigné est le nombre maximal anticipé. Si moins d’animaux se voit nécessaire pour l’obtention de données significatives, moins d’animaux seront utilisés.
3. Raffinement
Toutes les précautions possibles seront prises afin de raffiner nos procédures et réduire au mieux la douleur (antalgique et sédation avant mise à mort) et l’inconfort (manipulation régulière et enrichissement de l’hébergement) des animaux. L’hébergement se fera à 5 souris/cage et l’environnement sera enrichi : igloo et carré de coton.Les expérimentateurs et soigneurs sont titulaires de leur certificat d’expérimentation animale niveau concepteur et/ou opérateur. Les expérimentateurs travaillent avec des animaux depuis de nombreuses années et sont très fortement sensibilisés au sujet du bien-être animal de par leur thématique de recherche (stress, anxiété, bien-être cérébral) et de par le travail de la SBEA. Les animaux sont observés quotidiennement selon les règles de l’établissement utilisateur. La SBEA procède à des contrôles réguliers de respect des procédures et de bien-être des animaux. Des points limites précoces et spécifiques pour chaque procédure ont été définis afin de limiter au mieux la souffrance des animaux.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le modèle utilisé dans ce projet est la souris. La souris est un mammifère comme l’Homme, avec des cycles de reproduction rapides. Il est largement utilisé dans le champ de la cognition et de l’entrainement physique, ce qui permettra une comparaison de nos résultats avec les études antérieures. C’est un animal sur lequel les évaluations comportementales sont faciles à conduire et maitrisés au sein du laboratoire. Ce sont des animaux de petite taille (faciles à manipuler) et peuvent donc être facilement hébergés au sein de l’animalerie de l’unité. Les animaux seront exposés au fructose durant leur adolescence (30-47 jours de vie). Leur santé cérébrale sera étudiée à la fin de leur adolescence ou à l’âge adulte (2, 6 ou 12 mois).