
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 05/12/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-732727)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
La myopathie de Duchenne (DMD) est une maladie génétique récessive liée au chromosome X affectant environ 1 garçon sur 5000 naissances, causée par des mutations dans le gène qui produit des protéines nommées dystrophines. En plus d’une dégradation progressive des muscles squelettiques, des troubles cognitifs, comportementaux et neuropsychiatriques touchent une grande partie des patients DMD. Les avancées récentes dans notre compréhension des mécanismes dépendants des dystrophines et responsables de la myopathie de Duchenne (DMD) ont conduit au développement d’outils innovants en thérapie moléculaire et en thérapie génique. Cependant, leur capacité à corriger toutes les altérations cognitives associées à cette maladie reste actuellement partielle. Il convient de tester de nouvelles molécules et de nouvelles voies d’administration, afin d’évaluer la possibilité de compenser ces troubles du neurodéveloppement tout comme les troubles musculaires. Le projet a pour but de tester de nouveaux outils de thérapie génique et de les administrer le plus tôt possible, avant qu’une partie des altérations cérébrales se développent dans la période postnatale. Ceci déterminera quels déficits peuvent être compensés, et quels sont ceux qui sont irréversibles du fait d’anomalies déjà induites pendant la vie fœtale. Les déficits cérébraux étant de nature différente en fonction de la position de la mutation, plusieurs souris modèles porteuses de différentes mutations seront testées. Ce projet est donc crucial pour le développement de nouvelles offres thérapeutiques pour le traitement des troubles affectant le cerveau chez les enfants atteints de DMD.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Les troubles cognitifs et comportementaux des patients atteints de myopathie de Duchenne sont variables en fonction de la position des mutations dans le gène responsable de la maladie. Les thérapies géniques sont donc développées à la carte et nécessitent de nombreuses évaluations précliniques chez la souris. Cibler le cerveau est particulièrement difficile, et il est actuellement considéré que des cocktails de molécules thérapeutiques seront nécessaires et que l’âge d’administration est un facteur déterminant. Ce projet permettra de déterminer un traitement optimal pour améliorer les fonctions comportementales affectées par la maladie, et identifiera également l’âge optimal d’administration d’un traitement. Nos comparaisons de plusieurs souris modèles permettront de préciser l’impact de différentes mutations dans l’apparition des déficits cérébraux, et d’identifier les traitements permettant de les compenser. Les découvertes issues de ces études ont un intérêt critique pour l’orientation du traitement d’un nombre important de patients atteints de DMD. L’objectif principal est d’identifier une ou plusieurs molécules thérapeutiques susceptibles d’être utilisées dans de futurs essais cliniques.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Une anesthésie gazeuse de courte durée (
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Certaines interventions chirurgicales peuvent occasionner une douleur légère postopératoire, et certains tests comportementaux un stress de courte durée qui se traduira par une réduction de l’activité exploratoire.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
À la suite des tests comportementaux, les souris tests seront euthanasiés pour prélèvements post-mortem de leur cerveau.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Nos molécules thérapeutiques font systématiquement l’objet d’une évaluation in vitro afin de ne sélectionner que les meilleurs candidats, non toxiques, et d’éviter ainsi le recours systématique à des méthodes d’évaluation sur animaux vivants. Ensuite, les études précliniques pour ces pathologies n’ont pas de modèle in silico ou in vitro et sont généralement menées sur des souris modèles déficientes en dystrophine chez lesquelles les troubles comportementaux sont préalablement caractérisés, afin de servir de marqueur pour évaluer l’efficacité des traitements. Notre projet implique donc d’effectuer des tests fonctionnels (comportementaux) qui nécessitent l’utilisation d’animaux vivants et pouvant se comporter librement.
2. Réduction
La sélection préalable des traitements in vitro, identifiant des molécules à fort potentiel thérapeutique et non toxiques, permet de limiter le nombre d’études sur animaux vivants. De plus, seules les molécules montrant des effets bénéfiques après injection dans le cerveau seront testées après injection intraveineuse. Le nombre d’animaux prévu dans ce projet est donc largement surestimé, car si certains tests comportementaux n’ont pas permis de détecter de déficit en période postnatale, ou si certains traitements sont inefficaces, plusieurs cohortes seront abandonnées et certains traitements ne seront pas testés en injections intraveineuses. Après sélection pour nos études de comportement, le nombre d’animaux par groupe correspond au minimum nécessaire pour une démonstration statistique convaincante des objectifs. Sur la base des publications utilisant des méthodes similaires d’analyse du comportement, la réussite des expériences nécessite 12-15 souris par groupe. Les groupes comprennent des souris recevant un traitement et des groupes contrôles indispensables aux analyses statistiques. Nos études sont en grande partie longitudinales et les souris seront soumises à plusieurs tests, ce qui permet aussi de réduire le nombre total d’animaux. Nous utiliserons préférentiellement des tests statistiques non paramétriques adaptés aux petits échantillons.
3. Raffinement
Dans le cas où les animaux seraient importés et non issus de nos élevages, ils auront 5-7 jours d’acclimatation à leur nouvel environnement à leur arrivée. Les tests comportementaux induisant de l’anxiété sont très courts (
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
D’autres modèles animaux de la DMD existent (rat, chien, porc), mais seule l’espèce souris permet actuellement de disposer de différents modèles mutants ou transgéniques porteurs de mutations variées et représentatives des sous-groupes de patients montrant des variations dans la sévérité des symptômes. Les troubles émotionnels et sociaux ont uniquement été étudiés chez les souris modèles. Les recherches précliniques pour ces pathologies sont donc généralement menées sur des souris présentant cette maladie, chez lesquelles les déficits comportementaux identifiés servent de marqueur pour évaluer l’efficacité des traitements. Les traitements seront administrés soit le lendemain de la naissance, soit plus tard à l’âge de 3-4 semaines ou chez des jeunes adultes (6 semaines). Les tests fonctionnels (comportement) seront effectués pendant la période après sevrage (3-6 semaines) et/ou à l’âge adulte (2 à 5 mois), bien avant l’apparition des troubles musculaires (myopathie).