Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Le syndrome de Dravet est une maladie développementale et épileptique sévère, due aux mutations d’un gène codant pour un canal laissant passer le sodium, caractérisée par une apparition précoce (

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

La mort subite est la cause principale de décès chez les patients épileptiques et représente une énorme source d’angoisse pour la majorité des patients épileptiques et leurs familles à cause de son caractère imprévisible, sans aucun signe précédent la mort, et de ses conséquences dramatiques. Ce projet permettra une meilleure connaissance des effets de 2 médicaments, utilisés en routine pour traiter les patients épileptiques, sur les morts subites et les anomalies cardiaques et ventilatoires et viendra compléter l’étude en cours sur le rôle de la sérotonine dans le mécanisme de la mort subite.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Tous les animaux subissent une biopsie de queue puis une partie est utilisée dans une des procédures. Les animaux subiront une chirurgie sous anesthésie (maximum 1h30) qui permet d’implanter des électrodes pour mesurer les paramètres physiologiques d’intérêt (activité électrique du cerveau et du cœur, ventilation). Les périodes d’enregistrement en continu seront sur 3 x 3 jours maximum avec une limitation des mouvements. Un modèle animal est spontanément épileptique sans aucune intervention. Les animaux du second modèle sont rendus épileptiques par l’utilisation d’un gaz qui déclenche une crise au bout de 20 minutes environ. Ce protocole d’induction est répété quotidiennement pendant 2×5 jours, puis après une pause de plusieurs semaines, certains animaux subiront une seconde et dernière série de 2×5 jours avec des enregistrements en même temps (2h). Nous utiliserons également une fois l’hyperthermie pour déclencher une seule crise par animal. Les animaux subissent 10 fois une injection quotidienne sur 10 jours en sous-cutané (5 sec).

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Chez l’humain, les crises d’épilepsie avec perte de connaissance ne provoquent pas de douleur, et il est très probable qu’il en soit de même chez la souris. Les crises observées sur nos animaux modèles Dravet ont une durée inférieure à 1 minute. La mort subite survient sans signe annonciateur, et n’est donc précédée d’aucune douleur ni gêne perceptible. Pendant les inductions de crises les animaux sont dans un petit compartiment et les inductions par hyperthermie induisent un certains stress, dans les 2 cas cela est limitée dans le temps (15 à 30 min avant apparition de la crise). Les anomalies cardiaques mesurées sur des animaux adultes favorisent probablement la mort subite mais ne se traduisent pas par un phénotype visible, les animaux ont une activité physique normale. Les défauts cognitifs observés chez les adultes traduisent des pertes de mémorisation mais non associées à une douleur pour les animaux. Les anomalies cardiaques et cognitives sont des conséquences à moyen terme, observées après plusieurs jours et non pas immédiatement après le début des premières crises. En résumé, les animaux ont un comportement normal pendant leur élevage mais meurent soudainement. Les inductions artificielles de crises pendant les procédures vont augmenter la fréquence des morts subites pendant ses procédures jusqu’à la mise à mort, c’est l’effet attendu pour pouvoir les étudier. On attend une mortalité d’un peu plus de 31% pour les 2 modèles animaux. Les nuisances principales induites par les procédures seront les chirurgies d’implantations (électrodes, thermistor) et les enregistrements chroniques avec une limitation des mouvements. Les animaux implantés avec des électrodes sont étudiés pour une durée maximale de 20 jours avant mise à mort. Tous les animaux implantés sont en hébergement individuel par 2 avec un séparateur pendant les procédures, une dérogation d’hébergement est demandée pour cela.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Tous les animaux seront mis à mort à la fin de la procédure, ceux non implantés d’électrodes seront ensuite utilisés afin de récupérer le cerveau pour des analyses.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

L’épilepsie est un syndrome complexe avec des mécanismes de mise en place peu connus qui impliquent le système nerveux central, le système nerveux périphérique, le système cardiaque et vasculaire et probablement le système immunitaire. Il est donc impossible d’étudier ces mécanismes dans des systèmes in-vitro et l’utilisation d’animaux vivants est absolument nécessaire.

2. Réduction

3R / Réduction :

Nous utilisons indifféremment les mâles et les femelles qui seront répartis dans les groupes d’étude, soit une perte minimale. Le nombre minimum d’animaux nécessaires dans chaque groupe de chaque procédure a été calculé avec des outils statistiques afin d’utiliser le moins d’animaux possibles tout en répondant à la question scientifique.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les compartiments utilisés pour les inductions sont systématiquement nettoyés avant chaque animal, après chaque crise les animaux sont placés sous un ventilateur pendant 30s afin de les refroidir ou éliminer toute trace du gaz utilisé puis mis au calme dans une cage de récupération. Les animaux seront hébergés (au minimum 2 et maximum 5 par cage) avec un abri, de la ouate et une buchette pour leur permettre des activités variées. Les conditions de réalisation des chirurgies ont été optimisées afin de réduire au maximum la souffrance des animaux ; tapis chauffant avec sonde rectale pour maintien précis de la température, application d’anesthésique local, cage de réveil chauffée, traitements antalgiques et anti-inflammatoire (pendant et après la chirurgie). Nous utilisons une liste de points limites avec des actions précises. Nous utilisons des électrodes implantées en routine depuis plusieurs années dans des cages adaptées (connectique souple et rotative) et en alternant les périodes d’enregistrement avec des périodes de repos sans enregistrement pour diminuer la contrainte. Nous utilisons des parois en plastique transparent rouge afin que les animaux ne voient pas les expérimentateurs. Les animaux sont manipulés par la technique de la cup pour améliorer leur bien être. Les animaux en enregistrement ne présentent aucun signe de souffrance (enregistrements déjà réalisés sur plusieurs mois). Ils sont enregistrés en hébergement individuel avec un séparateur muni de nombreux trous permettant les contacts visuels, auditifs, olfactifs et physiques (contacts nez-nez), et des échanges de ouate.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Deux types de souris modèles du syndrome de Dravet sont utilisés, ils reproduisent très bien les symptômes observés chez les patients humains. Nous avons basé ce projet sur un modèle que nous utilisons couramment et connaissons bien, nous n’avons pas besoin de générer une autre lignée et nous pouvons sélectivement augmenter le taux de mort subites à plusieurs âges (après induction). Les crises peuvent être induite sans limite de 19 jours jusqu’à l’âge adulte. Nous utiliserons les animaux dès le sevrage (21 jours) pour avoir des animaux assez robustes.