
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 01/12/2023
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-771074)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les mutations du gène d’intérêt sont responsables de maladies rares qui peuvent être graves. Ces maladies se manifestent souvent dès l’enfance et peuvent affecter plusieurs parties du corps, comme le cerveau, le cœur et le foie. Malheureusement, il n’y a actuellement aucun traitement pour ces maladies, et les traitements existants visent uniquement à soulager les symptômes sans arrêter la progression de la maladie. Ce gène d’intérêt est responsable de la production d’une protéine essentielle pour notre corps, en particulier pour produire de l’énergie dans nos cellules. Cependant, lorsque ce gène est altéré par des mutations, il provoque des problèmes dans la production d’énergie, ce qui peut être très dommageable. Notre projet vise à atteindre trois objectifs principaux : 1. Nous allons créer deux modèles de souris malades en les privant du fonctionnement du gène d’intérêt, soit dans le cœur et les muscles, soit dans les neurones. Nous pensons que ces souris développeront des problèmes similaires à ceux que l’on observe chez les humains. 2. Nous allons développer des virus spéciaux pour transporter la version normale du gène d’intérêt humain dans le corps des souris malades. Ces virus agissent comme des petits véhicules pour réparer le gène défectueux. 3. En utilisant ces modèles de souris, nous espérons développer un traitement pour les maladies liées aux mutations du gène d’intérêt en utilisant la thérapie génique. En injectant ces virus dans les souris malades, nous espérons restaurer la fonction de la protéine défectueuse dans les organes touchés. Parce que c’est difficile de faire en sorte que ces virus atteignent le cerveau, nous allons d’abord utiliser des souris où le gène d’intérêt est éteint dans le cœur et les muscles, comme modèle alternatif pour développer notre approche thérapeutique. Avant de tester ces virus sur des souris malades, nous allons d’abord effectuer des tests sur des souris en bonne santé pour comprendre comment le gène étranger fonctionne dans les organes affectés. Ce projet se déroulera dans deux établissements utilisateurs.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Jusqu’à présent, il n’existe aucun traitement pour guérir ou contrôler l’évolution des maladies causées par les mutations du gène d’intérêt. Pour remédier à cette situation, nous travaillons sur la création de modèles de souris qui reproduisent ces maladies. Ces souris nous permettront d’évaluer en toute sécurité et sur le long terme l’efficacité des virus spéciaux conçus pour réparer le gène d’intérêt défectueux. Si ces tests sur les souris réussissent, cela signifie que nous pourrions éviter d’entreprendre des essais inutiles sur des humains, réduisant ainsi leurs souffrances. Une fois que nous aurons prouvé que notre approche de thérapie génique fonctionne sur les souris malades, nous pourrons envisager de la tester sur des êtres humains dans le cadre d’essais cliniques. Notre objectif principal est de développer des traitements pour les personnes atteintes de ces maladies en utilisant des virus adaptés à l’injection chez les humains. Cela pourrait apporter un grand espoir à ceux qui sont touchés par ces maladies.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Dans le cadre de ce projet, les souris subiront les gestes suivants: 1. Échocardiographie : Un examen échographique du cœur qui dure 20 minutes par souris. Il sera effectué une fois par semaine à partir de l’âge de quatre semaines lors de la création, et l’étude des souris malades ou une semaine avant l’injection lors de la sélection, de l’optimisation et du développement du traitement. La durée sera jusqu’au point limite adapté pour les souris contrôles malades, ou 12 semaines après ce point pour celles qui ont reçu des injections et présentent une amélioration de leur état de santé lors du développement et de l’optimisation du traitement. 2. Tests comportementaux durent de 5 à 30 minutes par souris. Ils seront réalisés une fois par semaine à partir de l’âge de quatre semaines ou une semaine avant l’apparition de problèmes comportementaux, et se poursuivront jusqu’au point limite prédéterminé. 3. Injections : a) Injections dans la veine temporale dureront environ 5 minutes par souriceau et seront effectuées une fois, sous anesthésie par hypothermie. b) Les injections intrathécales, sous anesthésie générale (environ 40 min par souris), et dans la veine caudale (5 min par souris) seront réalisées une fois. 4. Le prélèvement de sang au niveau de la veine maxillaire, dure ~1 min par souris et sera effectué une fois par semaine. a) Pour les souris injectées par voie intrathécale et dans la veine caudale, les prélèvements de sang commenceront une semaine avant l’injection, puis 72 heures après l’injection, et se poursuivront une fois par semaine jusqu’à la limite prédéterminée ou jusqu’à 12 semaines après cette limite. b) Pour les nouveau-nés, les prélèvements commenceront à l’âge de trois semaines et se poursuivront une fois par semaine jusqu’à la limite prédéterminée ou jusqu’à 12 semaines après cette limite. Tout le projet se déroulera dans dans l’établissement 1, à l’exception des échographies qui auront lieu dans l’établissement 2.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les souris où l’expression du gène d’intérêt est supprimée dans les neurones naîtront sans signe de problème, mais elles développeront progressivement des difficultés de marche et de coordination. En fin de vie, ces souris connaîtront des crises d’épilepsie mortelles. Pour les souris où l’expression du gène d’intérêt est abolie dans le cœur et les muscles squelettiques, elles naîtront sans problème apparent, mais avec le temps, elles développeront une maladie du cœur grave, comme cela a été observé dans d’autres modèles de souris similaires. En plus de la maladie cardiaque, ces souris peuvent présenter une perte de poids, des difficultés de mouvement et adopter une posture anormale. Les souris seront soumises à des situations stressantes liées à l’injection, aux tests comportementaux, au transport depuis l’institut jusqu’au centre spécialisé en échocardiographie, ainsi qu’à l’anesthésie pour les échocardiographies. Les injections intrathécales peuvent causer une certaine douleur après l’injection, mais des mesures seront prises pour minimiser leur inconfort.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Mise à mort pour l’analyse des tissus.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Nous effectuerons des tests sur des cellules pour identifier les morceaux génétiques qui n’expriment pas du tout ou très faiblement le matériel génétique prévu. Cependant, il est important de noter que, même si nous pouvons déterminer ces caractéristiques sur cellules, nous devons encore utiliser des modèles animaux pour nos recherches. C’est parce que nous ne pouvons pas prédire avec certitude combien de la protéine souhaitée sera produite à l’intérieur d’un organisme vivant, et si la quantité générée sera suffisante pour traiter la maladie.
2. Réduction
Nous avons utilisé des méthodes et des analyses statistiques pour déterminer le nombre minimum de souris nécessaires pour évaluer l’efficacité du traitement de manière fiable et statistiquement significative. Pour la création et l’étude des modèles de souris malades, nous réduirons le nombre d’animaux en effectuant plusieurs types d’analyses, lorsque cela est possible. Par exemple, la détermination du début et de la progression du phénotype sera effectuée en parallèle avec des tests comportementaux et les tissus extraits des souris à un stade avancé seront utilisés pour des expérimentations de biologie moléculaire. L’échographie est une autre méthode qui nous permet de réduire le nombre d’animaux nécessaires, car elle permet de suivre l’évolution des souris au fil du temps, évitant ainsi une mise à mort répétée. Une approche similaire peut être appliquée à la sélection des vecteurs, l’optimisation et le développement du traitement.
3. Raffinement
Nous mettons en place des pratiques visant à réduire la souffrance des souris tout au long de notre recherche. Pour minimiser la détresse causée par les symptômes de la maladie et lors de l’injection du vecteur thérapeutique, nous avons établi des critères de décision pour la mise à mort des souris lorsque cela est nécessaire. Les souris seront surveillées au moins deux fois par semaine pour détecter tout signe de souffrance ou d’anxiété. Lors des injections effectuées sur les souriceaux nouveau-nés, nous prendrons des mesures pour minimiser leur stress. Cela inclut l’éloignement temporaire de la mère, la préservation de la litière de la cage maternelle, et un prélèvement de sang minime, effectué par un personnel expérimenté de la veine sous-maxillaire considérée comme étant une des zones les moins sensibles. Pour les injections intrathécales, une anesthésie générale sera administrée, et des analgésiques seront utilisés avant et après l’injection pour éviter toute douleur. Nous mettrons en place un suivi régulier des souris. Les cages seront aménagées avec des éléments pour leur bien-être, tels que des boules de coton, des maisons pour se cacher, et des objets à ronger. L’isolement prolongé sera évité autant que possible pour assurer une stimulation sociale. Le transport des souris entre l’institut et le centre expert en échocardiographie se fera dans des cages de transport spécialement conçues, dans des véhicules adaptés pour réduire les vibrations et le bruit.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
L’utilisation de mammifères est essentielle pour évaluer l’efficacité des virus dans le développement de la thérapie génique. Les souris sont couramment choisies pour les essais de phase I/II en raison de leur similitude physiologique avec les humains et de leur facilité d’élevage et de soins. De plus, les modèles de souris où l’expression du gène d’intérêt est supprimée dans le cœur et le cerveau peuvent développer une pathologie qui ressemble aux symptômes de la maladie gène d’intérêt chez l’homme. Pour nos études, nous utiliserons des souris de différentes tranches d’âge. Les tests comportementaux et les échocardiographies seront réalisés sur des souris âgées de 4 semaines et plus. Nous commencerons par des nouveau-nés, car à cet âge, le virus peut atteindre le cerveau. Cependant, étant donné que l’expression du virus peut diminuer pendant la croissance rapide des nouveau-nés, nous utiliserons également des souris jeunes adultes (3 à 6 mois) pour certaines parties de nos expériences.