Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Dans certaines opérations du cœur, notamment lorsqu’il faut intervenir sur l’aorte, les chirurgiens doivent utiliser une machine cœur-poumons qui remplace temporairement le travail du cœur et des poumons. Pendant ces interventions délicates, il est aussi essentiel de protéger le cerveau. Aujourd’hui, deux techniques principales existent pour cela : refroidir modérément le corps (25–28°C), arrêter la circulation pendant 30 minutes, et envoyer du sang vers le cerveau par une artère du cou ou du bras pour le protéger, puis réchauffer progressivement le patient ; ou refroidir profondément le corps (18°C), arrêter complètement la circulation pendant 30 minutes sans envoyer de sang au cerveau, puis réchauffer progressivement le patient. Notre projet se déroule dans 2 établissements différents (un pour l’hébergmeent et la pré-anesthésie des animaux et un deuxième pour la procédure à proprement dite)et consiste à comparer ces deux méthodes pour savoir laquelle protège le mieux le cerveau pendant l’opération. Pour cela, nous utiliserons plusieurs types de mesures : un enregistrement de l’activité électrique du cerveau, des analyses de sang pour détecter des substances qui indiquent si le cerveau a souffert, et l’étude du tissu cérébral après l’expérience pour rechercher d’éventuelles lésions. Le but principal est de déterminer les forces et les limites de chaque technique afin d’améliorer la protection du cerveau lors des opérations cardiaques. Le deuxième objectif est de voir comment les différentes mesures (enregistrement cérébral, analyses sanguines, examen des tissus) se complètent et se correspondent pour chacune des deux méthodes.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Il existe très peu d’études qui comparent directement ces deux techniques de protection du cerveau. Celles qui existent sont difficiles à interpréter, car elles se basent souvent uniquement sur un enregistrement de l’activité du cerveau et elles mesurent rarement des marqueurs biologiques. Surtout, elles n’étudient presque jamais le tissu cérébral lui-même. Comme les deux méthodes que nous voulons comparer semblent donner des résultats similaires chez les patients pour des arrêts de circulation de 30 minutes, il nous paraît important de regarder plus précisément leurs effets sur le fonctionnement du cerveau et sur le tissu cérébral. Cela permettra de mieux comprendre leurs avantages et leurs limites et d’aider à améliorer les techniques de protection cérébrale utilisées en chirurgie cardiaque.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Ce projet se déroule dans 2 établissements nommés établissement 1 ou établissement 2. Les cochons auront tout d’abord une injection d’un calmant afin de réduire le stress du à la manipulation (durée 2 minutes) à l’animalerie (établissement 2). Les expérimentations ont lieu dans l’établissement 1 : une perfusion intraveineuse sera posée (2 minutes) afin de permettre une anesthesie générale. A partir de ce moment, les animaux seront sous anesthésie profonde. L’assistance circulatoire sera installée (durée 30 minutes) par sternotomie. Des capteurs seront mis en place pour monitorer l’activité cérébrale, l’activité cardiaque et la température à différents endroits d’intérêt (oesophage, veine jugulaire). Des prélèvements sanguins auront lieu pour suivre des indicateurs sanguins tout au long de l’opération.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Les injections intra-musculaires d’anxiolytiques peuvent induire un stress léger et une courte douleur (quelques secondes). La contention de l’animal et l’installation d’une voie veineuse périphérique peut induire un stress modéré et une douleur légère. Risque inhérent à la chirurgie : une perte de sang légère peut avoir lieu lors de la pose des canules.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Tous les animaux seront euthanasiés en vue d’une étude des tissus post mortem.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Pour cette étude, l’utilisation d’une circulation extra-corporelle est indispensable, car elle permet de recréer des conditions très proches de celles rencontrées lors d’opérations chez l’humain. Les modèles réalisés sur ordinateur ou en culture de cellules ne peuvent pas reproduire correctement les interactions complexes entre la circulation sanguine et le cerveau. Le choix du porc se justifie parce que son système cardiovasculaire ressemble beaucoup à celui de l’être humain, et parce que sa taille permet d’utiliser une machine de circulation extra-corporelle comme en chirurgie cardiaque réelle.

2. Réduction

3R / Réduction :

Une estimation statistique a été réalisée pour déterminer combien d’animaux étaient nécessaires afin de comparer correctement les deux techniques de protection du cerveau. Selon ce calcul, 10 animaux au total sont suffisants pour obtenir des résultats fiables. L’étude comparera donc deux approches : une méthode avec refroidissement modéré et apport de sang vers le cerveau, et une méthode avec refroidissement plus profond sans apport de sang. Même si le nombre d’animaux reste volontairement limité pour respecter les règles éthiques, le protocole est conçu pour fournir des résultats solides et utiles. L’analyse des données sera faite de manière rigoureuse et transparente afin d’interpréter correctement les différences entre les deux techniques.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les animaux sont hébergés en petits groupes pour réduire leur stress et leur angoisse. Leur environnement est aménagé avec des jouets (balles, cordes) pour les stimuler et favoriser leur bien-être. Avant le début de l’expérience, ils ont une période d’acclimatation d’au moins sept jours pour s’habituer à leur nouveau cadre de vie et réduire le stress. Avant l’intervention, on leur donne des médicaments pour les détendre et pour soulager la douleur afin de les manipuler sans qu’ils aient peur ou soient soumis à des traitements douloureux. Durant l’expérience, les animaux sont sous anesthésie et analgésie profonde, et leurs paramètres vitaux (fréquence cardiaque, respiratoire, pression artérielle) sont surveillés en continu. Si un signe de douleur apparaît, les médicaments sont ajustés immédiatement pour garantir leur confort. Leur état et leurs paramètres vitaux sont suivis de près pour détecter rapidement toute anomalie ou signe de détresse. Des points limites à chaque étape du protoc ole ont été établis.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Nous avons choisi d’utiliser le porc car son organisme présente de fortes ressemblances avec celui de l’être humain, en particulier pour le cœur et la circulation sanguine. Cela en fait un modèle adapté pour étudier des techniques employées en chirurgie cardiaque. Ce modèle animal est couramment utilisé dans des travaux de recherche et a déjà montré qu’il reproduit de manière fiable les conditions rencontrées chez l’homme. Les animaux sélectionnés pèsent entre 50 et 60 kg, ce qui correspond à un âge d’environ six mois. À ce stade de développement, leur cœur et leur système circulatoire ont des proportions similaires à celles de l’être humain, ce qui permet de mener l’étude dans des conditions aussi proches que possible de la réalité clinique.