Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

100 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Un accident vasculaire cérébral leur est provoqué, puis elles reçoivent pendant dix jours un composé oral, le leucettinib-21, avec IRM, tests comportementaux et imagerie cérébrale, avant une perfusion intracardiaque et le prélèvement de la boîte crânienne. Les souris utilisées ont seize mois, un âge choisi pour reproduire la vulnérabilité liée au vieillissement. La nouvelle thérapie annoncée pour les patients victimes d’AVC reste une perspective, quand les lésions cérébrales infligées, elles, sont immédiates.

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Le Leucettinib-21, un inhibiteur de la kinase DYRK1A, a démontré des effets prometteurs sur la cognition et l’inflammation dans des modèles précliniques de la trisomie 21 et de la maladie d’Alzheimer. Les accidents vasculaires cérébraux (AVC) demeurent une cause majeure de morbidité et de mortalité dans le monde, entraînant souvent des déficits neurologiques significatifs dus aux lésions cérébrales et à une inflammation persistante. L’objectif de ce projet est d’évaluer l’effet neuroprotecteur du Leucettinib-21 dans un modèle murin d’AVC et de déterminer sa capacité à améliorer la récupération fonctionnelle post-AVC. Ce projet se déroule dans deux établissements différents.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Ce projet pourrait révéler une potentielle nouvelle thérapie innovante pour réduire les déficits neurologiques et améliorer la qualité de vie des patients victimes d’un AVC.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Les procédures expérimentales (chirurgie, imagerie, comportement, administration du traitement) sont réalisées dans un premier établissement utilisateur. L’hébergement des animaux, le suivi clinique post-procédural et la surveillance quotidienne sont assurés dans un second établissement utilisateur, situé à proximité immédiate et relié par un accès interne Pour tous les animaux : EU 1/2 : Induction de l’ischémie (J0 ; 60 minutes) Imagerie IRM de la lésion ischémique (J1 ; 10 minutes) Traitement oral (J2 à J11 ; 2 minutes par jour) Tests comportementaux (J-2, J2, J7, J13 ; 30 minutes par jour) Imagerie du débit sanguin cérébral et de la connectivité fonctionnelle par ultrasons (fUS) (J14 ; 60 minutes) Perfusion intracardiaque – (J14 ; 15 minutes) EU 2/2 : Hébergement, suivi post opératoire, surveillance quotidienne (5 minutes)

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

L’hébergement des animaux s’effectuera au moins 7 jours avant le début des procédures pour leur habituation et la gestion de leur stress. Les nuisances et effets indésirables étant susceptibles d’apparaître seraient : une perte de poids, des douleurs post-opératoires, du stress, des déficits fonctionnels et de la désorientation à la suite de l’AVC. Tous les animaux auront un suivi attentif et régulier par l’expérimentateur et par le personnel animalier qualifié (prise journalière du poids, observation dans la cage en s’assurant du bien-être des animaux, Mouse Grimace Scale, prise alimentaire et boisson).

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

L’ensemble des animaux de la procédure seront mis à mort afin de prélever les boites craniennes pour de futures analyses.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Les procédures expérimentales prévues pour la réalisation du projet ont un caractère de stricte nécessité et ne peuvent pas être remplacées par d’autres méthodes expérimentales n’impliquant pas l’utilisation d’animaux vivants, car des techniques de remplacement ne sont pas susceptibles d’apporter le même niveau d’information. Nous avons sélectionné le modèle présentant le meilleur compromis entre pertinence scientifique et sensibilité de l’espèce. La physiopathologie du modèle, globalement établie, nous permettra d’interpréter nos résultats de manière fiable. Le projet est justifié d’un point de vue scientifique car il permettra de mieux comprendre la physiopathologie de l’accident vasculaire cérébral et de ce fait améliorer la récupération des patients.

2. Réduction

3R / Réduction :

Notre projet ne permettant pas d’utiliser d’autres moyens que l’expérimentation animale, nous nous sommes assurés d’utiliser le nombre minimal d’animaux conformément au principe de réduction. Le nombre d’animaux utilisés est déterminé en fonction de la spécificité et de la sensibilité des méthodes mises en œuvre, de la littérature scientifique et de nos travaux antérieurs. Pour chaque phase du projet, le nombre d’animaux a été strictement limité au minimum nécessaire pour permettre une analyse robuste des résultats. Les effectifs ont été définis à partir d’analyses préalables basées sur des données issues de modèles comparables déjà utilisés au sein de l’unité et décrits dans la littérature. Les tailles de groupes ont également été ajustées afin de prendre en compte les contraintes liées au modèle expérimental utilisé, notamment la variabilité interindividuelle et la mortalité associée à l’âge des animaux et au modèle d’AVC. Le nombre d’animaux pourra être ajusté à la baisse en fonction de l’expérience acquise au cours du projet. Enfin, l’ensemble des échantillons biologiques prélevés pourra être partagé et exploité pour plusieurs analyses, contribuant ainsi à une réduction supplémentaire du nombre total d’animaux utilisés.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

L’ensemble des connaissances et des acquis dont nous disposons au laboratoire montre que les animaux se déplacent et s’alimentent normalement, prennent bien soin de leur pelage, n’émettent aucun son audible à l’oreille humaine et ne présentent aucun comportement de maladie. Les animaux seront également placés dans un environnement enrichi : 5 souris par cage, coton, paillettes, petite maison. Les animaux seront également pesés tous les jours pour surveiller leur poids et mis à mort si une perte de poids de plus de 15% est observée et/ou si un score sur l’échelle de la douleur (échelle de grimace de la souris) est supérieur à 7 pendant les 48h critiques au modèle malgré les soins apportés. Un système de pastilles à code couleur collé sur la cage permettra en un simple coup d’oeil d’identifier et de surveiller particulièrement les animaux les plus « à risque ». Durant les chirurgies prévues dans la procédure, les souris seront sous anesthésie générale et sous analgésie. Les animaux recevront également une anesthésie locale sur la peau au niveau de l’endroit à inciser. Les yeux des souris seront couverts par du gel ophtalmique afin de ne pas les éblouir avec la lampe de la loupe binoculaire et prévenir de la déshydratation. Après chirurgie, les souris sont placées dans des enceintes de réveil chauffées, avant d’être remises dans leur cage respective, où elles disposeront de croquettes humides ou de diet gel auxquels elles auront été habituées sur le sol de leur cage pour faciliter la prise de nourriture et l’hydratation. Le déplacement des animaux entre les deux établissements utilisateurs se fait exclusivement entre deux bâtiments adjacents reliés par un couloir interne. Les cages sont transportées sur un chariot dédié, sans sortie extérieure, sans rupture de conditions environnementales. La durée du déplacement est inférieure à 2 minutes. Cette organisation permet de limiter au strict minimum le stress lié au transport, les variations thermiques et les manipulations supplémentaires.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

La souris (mus musculus) est l’espèce de référence utilisée pour étudier l’inflammation et l’ischémie cérébrale dans la littérature, et les techniques employées sont bien maîtrisées. L’anatomie et la physiologie de la circulation cérébrale sanguine de la souris sont également bien connues et sont semblables par leurs grands traits à celles de l’homme. Les propriétés tissulaires des artères cérébrales sont similaires chez l’homme et la souris. L’ensemble des connaissances et des acquis dont nous disposons au laboratoire et dans la littérature rend cette espèce particulièrement intéressante pour cette étude. Qui plus est, il n’existe pas de modèle fiable utilisant des vertébrés moins sensibles ou des invertébrés, compte tenu de leur anatomie et de leur physiologie très différentes de l’Homme. La procédure implique l’utilisation d’animaux âgés de 16 mois, correspondant à un stade adulte âgé. Cela permettra de fournir un modèle pertinent et de reproduire la variabilité liée à l’âge dans l’inflammation et la récupération post-ischémique.