Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Le cervelet joue un rôle essentiel dans notre capacité à bouger de manière coordonnée et à apprendre des mouvements nouveaux, mais beaucoup reste à découvrir. En particulier, nous cherchons à mieux comprendre une partie centrale du cervelet, les Noyaux Cérébelleux (CN), qui sont cruciaux pour ajuster nos mouvements et planifier nos actions. Notre objectif est de percer le mystère de ces noyaux en étudiant comment ils traitent et intègrent les informations venant de différentes parties du cerveau. Notre recherche se penche sur la manière dont ces informations sont traitées par les noyaux cérébelleux, en observant comment ces zones fonctionnent lors de diverses activités. Nous pensons que les CN jouent un rôle majeur dans la coordination précise de nos mouvements. Notre approche combine ces techniques de pointe avec des méthodes d’imagerie innovantes pour observer en détail l’activité des noyaux cérébelleux pendant que les animaux effectuent divers mouvements. Cette recherche nous permettra de mieux comprendre le rôle vital des noyaux cérébelleux dans la coordination de nos actions.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Ce projet a pour objectif d’enrichir notre connaissance des mécanismes qui régissent les mouvements et le fonctionnement cérébral, mettant l’accent sur le cervelet, une composante essentielle de notre cerveau que nous partageons avec de nombreux êtres vivants. Il explore également l’interaction de cette structure avec certaines zones du cortex. À court terme, cette recherche élargira notre compréhension des rôles du cervelet dans la coordination des mouvements et l’apprentissage de nouvelles habiletés motrices. Les découvertes issues de ce travail pourraient avoir des retombées significatives à long terme, tant pour les humains que pour les animaux. Les maladies touchant le cervelet, comme les troubles du mouvement et certaines conditions plus complexes telles que l’autisme ou la schizophrénie, pourraient être mieux comprises et, à terme, mieux traitées grâce aux connaissances acquises. Cette recherche pourrait ainsi ouvrir la voie à de nouvelles approches thérapeutiques pour ces pathologies. Au-delà de son impact en médecine, ce projet a également un potentiel considérable dans le domaine de la technologie. Le cervelet est souvent étudié comme un modèle pour l’intelligence artificielle et la robotique, ce qui signifie que nos découvertes pourraient inspirer de nouvelles avancées dans ces domaines, menant à la création de technologies plus intuitives et plus adaptatives. Enfin, les succès de cette recherche pourraient permettre d’explorer plus profondément d’autres structures clés du cerveau, comme l’hippocampe et l’amygdale, offrant des outils et des méthodes précieux pour la communauté scientifique internationale et contribuant à une meilleure compréhension du cerveau dans son ensemble.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

La biopsie de queue sera réalisée sur nouveaux nés vigiles une seule fois. Les animaux subiront une ou occasionnellement deux chirurgies d’une durée d’environ 30 minutes chacune sur animal anesthésié. Si deux chirurgies, une période de récupération de 10 jours a lieu entre les deux. Les souris vigiles seront soumises à des tests comportementaux d’une durée maximale de 3 heures par session. La fréquence maximale des sessions dépend de leur durée, avec des temps de repos plus long après des sessions plus longues. Les sessions 2h sont suivies de 48h de repos. Les sessions peuvent être répétées pendant 1 à 5 mois, mais avec un repos d’une semaine toutes les 3 semaines. Les souris pourront être soumises à une restriction alimentaire ou hydrique avant chaque session comportementale avec une durée maximale de 3 semaines pour une session, répétable jusqu’à 5 fois, après récupération totale de l’animal, Les animaux subiront une chirurgie terminale sous anesthésie pour prélèvement.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Les chirurgies (60 minutes selon le nombre d’injections, jusqu’à 90 minutes avec implantation de headplate/fibre optique) entraînent des douleurs transitoires (24-72h), des inflammations (3-7 jours) et une perte de poids temporaire (récupération en 7-10 jours). La biopsie de queue (réalisée une seule fois avant P8, durée

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Tous les animaux sont mis à mort pour prélèvement de tissus et analyse

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

La coordination des mouvements est régie par des processus extrêmement sophistiqués. Ils impliquent une multitude de connexions qui interagissent en temps réel et répondent constamment à de nouvelles informations venues de notre environnement. Actuellement, aucun modèle en laboratoire ou ordinateur ne peut reproduire cette complexité avec la fidélité nécessaire pour nos recherches. Ceci nous amène à utiliser un modèle in vivo. Le cervelet, la région du cerveau que nous examinons, est remarquablement similaire chez tous les mammifères, y compris les humains. Cela signifie que les découvertes faites chez les souris peuvent souvent nous éclairer sur le fonctionnement du cerveau humain. Des modèles évolutivement plus éloignés ne sont en revanche pas utilisables pour cette étude (invertébrés, amphibiens…) Nous utilisons des techniques qui nous permettent d’étudier le cerveau de manière très précise et réversible, réduisant ainsi au minimum le nombre d’animaux nécessaires. Ces techniques ne sont possibles qu’avec des organismes vivants pour lesquels nous avons déjà développé des lignées génétiques spécifiques. Si possible, nous aurons recours à des modèles informatiques si certains aspects peuvent être adressés de cette façon, mais l’accès aux données expérimentales reste nécessaire pour tout validation de modèle.

2. Réduction

3R / Réduction :

Notre initiative adopte des technologies innovantes qui permettent d’ajuster de manière précise et réversible l’activité des cellules nerveuses, contrairement à des méthodes plus classiques nécessitant des lésions et donc des changements irréversibles. Ces techniques avancées offrent la possibilité de réaliser des études répétées sur un seul et même animal, permettant ainsi des analyses plus fines et plus fiables. Cela réduit considérablement le nombre d’animaux nécessaires, en harmonie avec notre engagement envers des pratiques responsables et éthiques. Nous employons des outils analytiques pour déterminer le nombre exact d’animaux nécessaires pour nos études, garantissant que chaque animal contribue de manière significative à nos découvertes. Nous analysons les données au fur et à mesure des ne pas utiliser plus d’animaux que nécessaire. Nous mettrons en places des stratégies d’élevage pour réduire autant que possible les animaux surnuméraires. De plus, nous valorisons fortement la collaboration et le partage de données au sein de la communauté scientifique. En mutualisant nos ressources et nos découvertes avec d’autres groupes de recherche, nous maximisons l’impact de chaque animal impliqué dans nos études, évitant ainsi des expériences redondantes.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les animaux résident dans un environnement spécialement adapté à leur confort, où les interactions sociales sont encouragées pour leur bien-être psychologique. De plus, un environnement enrichi leur est fourni, comprenant des matériaux pour nidifier et des éléments pour stimuler leur activité naturelle. Les interventions chirurgicales sont réalisées sous anesthésie et analgésie adaptées. Les protocoles post-opératoires sont conçus pour assurer une récupération rapide et confortable, avec des évaluations régulières pour adapter les soins en fonction des besoins individuels de chaque animal. Ces interventions restent relativement modérées, et un délai adapté permettant une récupération totale est prévu après chaque procédure. Des points limites ont été établis de façon à soustraire l’animal à la souffrance. Dans les situations où les protocoles nécessitent des adaptations particulières, comme les lors des sessions d’enregistrement, une attention particulière est portée à l’habituation progressive des animaux. Cela permet de réduire leur stress et d’optimiser leurs performances. Les sessions sont minutieusement surveillées pour détecter tout signe d’inconfort, avec des pauses ou des arrêts si nécessaire.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Pour ce projet explorant les fonctions motrices et d’apprentissage du cervelet, le modèle murin est optimal pour plusieurs raisons. Tout d’abord, le cervelet est une structure très conservée chez les mammifères, ce qui permet une transposition pertinente des découvertes vers l’humain. Ensuite, la souris est un modèle de choix pour les études génétiques, avec de nombreuses lignées transgéniques disponibles, essentielles pour nos approches optogénétiques. Concernant les stades de développement, nous travaillons principalement avec des souris adultes jeunes (entre 1 et 2 mois) car les circuits cérébelleux sont alors matures et stables, permettant une étude fiable des fonctions motrices. En effet, avant 3 semaines, ces circuits sont encore en développement. Cependant, pour certaines questions spécifiques nous serons amenés à utiliser des jeunes âgés de 3-16 jours afin de cibler des zones difficilement accessibles chez l’adulte. Cette approche permet d’étudier des circuits spécifiques tout en travaillant sur un cervelet mature.