
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 28/10/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-840148)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
La cystinurie est une maladie rénale qui aboutit à l’insuffisance rénale suivies de dialyse/transplantation. L’incidence de la cystinurie est faible (≈1/7000), mais les calculs de cystine sont très récurrents et entraînent une morbidité importante : interventions chirurgicales fréquentes et lésions rénales dans près de 80% des cas. La précipitation de cystine est la seule manifestation de cette maladie, qui se traite par des mesures diététiques visant à obtenir des urines non sursaturées en cystine. Malheureusement, malgré cela, plus de 85% des patients récidivent. Il existe des traitements médicamenteux qui visent à modifier la cystine urinaire pour la rendre incapable de former des cristaux mais ces médicaments entraînent des effets secondaires. Ce projet vise à tester une nouvelle solution de thérapie génique injectée administrée dans les voies urinaires de manière non-invasive. Des études préliminaires chez le primate ont permis de valider l’intégration du gène dans les cellules cibles chez le primate mais en administration invasive. D’autres études ont permis de valider chez le porc, une méthode chirurgicale non invasive d’administration d’un produit de thérapie génique dans le rein par voie rétrograde. Nous souhaitons maintenant appliquer ce même protocole chez le primate (macaques cynomolgus) dont l’anatomie rénale est beaucoup plus proche de celle de l’Homme par rapport au porc afin de confirmer l’efficacité du transfert de gène et conforter à terme cette approche chez l’Homme.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
– Opportunités thérapeutiques : La confirmation que la technique d’administration non invasive permet de reproduire ces résultats ouvrirait de multiples opportunités pour traiter un ensemble important de maladies rénales originaires du néphron, tels que la cystinurie. – Sécurité thérapeutique : éviter les effets secondaires : La validation de la méthode d’administration non invasive permet de concentrer le vecteur de thérapie génique dans l’organe cible limitant ainsi la circulation sanguine et les effets secondaires comme ont pu en être observés dans le cas de thérapies géniques contre la myoptahie de Duchenne par exemple. – Mode d’administration raffiné : une fois validée l’administration par les voies naturelles offrira aux patients un traitement rapide, non invasif, précis et ne nécessitant pas d’hospitalisation.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Sur la durée du projet, les animaux subiront les interventions suivantes : -6 prises de sang sous sédation ce qui représente une injection intramusculaire du sédatif d’une durée de moins d’une minute. La prise de sang dure environ 2 minutes. La sédation complète dure environ une demi-heure. -Un traitement immunorégulateur (pour éviter le rejet de la thérapie génique) qui se présentera sous la forme de 2 d’injections intramusculaires (2 pour chaque molécules administrées) (durée moins d’une minute). -une chirurgie pour administration de vecteur de thérapie génique sous anesthésie générale (durée entre 1h30 et 2h) -A la fin du projet (au bout de 2-3 semaines) : une chirurgie sous anesthésie générale (max 1h).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les effets indésirables pour les animaux sont: – pour l’anesthésie : douleur transitoire au site d’injection de l’anesthésique, risque d’hématome au niveau du point d’entrée du cathéter – Injection de la thérapie génique dans les voies urinaires : risque d’infection urinaire, de réaction inflammatoire locale, et de saignement transitoire, – injections intraveineuses : risque d’hématome, risque de réaction allergique. – pour les prises de sang répétées sous anesthésie générale : risque d’hématome.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux seront mis à mort à la fin du protocole (prélèvements d’organes)
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Compte tenu du fait que le but du projet est de valider une approche non invasive raffinée pour réaliser de la thérapie génique au niveau rénale, il ne peut y avoir d’alternative à l’usage d’un modèle animal. Après administration de la thérapie génique, il sera nécessaire de maintenir l’animal en vie afin de pouvoir évaluer le niveau et la distribution de l’expression du gène transféré. Ainsi, nous ne pourrions substituer un animal vivant pour un animal mort.
2. Réduction
Il s’agit ici d’un travail exploratoire donc purement qualitatif sans statistique. Les 4 primates permettront d’explorer le protocole finalisé utilisé chez le cochon en injectant le même vecteur de thérapie génique sur 1 rein par primate en utilisant le deuxième rein comme control négatif ne recevant que le tampon de formulation. Au total, 4 reins seront exposés au vecteur de thérapie génique et le deuxième rein sera systématiquement utilisé comme témoin négatif. Avec les résultats déjà obtenus précédemment sur 4 primates injectés de manière invasive, les 4 nouveaux primates de ce projet suffiront pour confirmer la reproductibilité des résultats mais après administration non invasive par un protocole directement applicable à l’Homme. Nous pourrons également explorer l’intensité et la distribution dans le rein du transfert de gène en utilisant la même dose utilisée jusqu’à présent chez le porc et ainsi pouvoir comparer.
3. Raffinement
*****Conditions d’hébergement : Une période d’acclimatation d’au moins 7 jours sera respectée avant le début de l’étude. La compatibilité sociale sera vérifiée tout au long de l’étude pour garantir un bien être social. Tous les animaux sont habitués à la présence humaine dès leur arrivée sur site et au préalable à tout protocole expérimental. Les animaux seront hébergés au minimum par paire. Un programme d’enrichissement spécifique à l’éspèce et à l’âge des animaux utilisés est mis en place sur tout le site et supervisé par le responsable du bien-être animal. Les enrichissements sont structurels (perchoirs, balançoire…), alimentaires (graines pour fourragement, fruits, friandises…) ou consistent en l’apport d’objets de manipulation changés régulièrement. ******Conditions expérimentales : l’administration dans le rein par les voies naturelles est justement choisie comme méthode d’administration des vecteurs de thérapie génique car cette voie n’est pas invasive. En effet, en clinique humaine, ce type de protocole ne nécessite pas de prise en charge particulière après l’examen. De plus, cet examen mobilisera l’intervention d’un urologue spécialisé dans cette pratique chez des patients humains mais également lors d’enseignements sur des porcs pour former des chirurgiens à cet abord chirugical non-invasif. Les animaux sont anesthésiés pour toutes les procédures et recevront des analgésiques pour les chirurgies et ils font l’objet d’un suivi au réveil afin de s’assurer qu’ils ont bien récupéré de leur anesthésie. Nous travaillerons de manière aseptique (matériel stérile, à usage unique ou autoclavable, champs stériles, tenue stérile de l’opérateur et du chirurgien, désinfection cutanée et des muqueuses) afin de pouvoir éviter les risques infectieux et garder en vie pendant une période de 2-3 semaines l’animal injecté sans que sa fonction rénale et son état général n’en soit affectés. L’usage d’une antibiothérapie de couverture en peropératoire et postopératoire immédiat permettra également d’éviter les risques infectieux. Des points limites sont définis pour arrêter la procédure si besoin.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Afin que l’étude que nous proposons ait une pertinence forte pour ensuite déposer un dossier de demande d’essai clinique aux agences réglementaires ad hoc, l’espèce animale doit permettre d’évaluer précisément la procédure d’administration du traitement avec un équipement identique et un protocole adapté à celui déjà utilisé chez les patients humains. De plus, nous disposons de données scientifiques montrant que le vecteur de thérapie génique employé permet une intégration remarquable du gène au niveau du rein de souris, rat, macaque et porc. Après avoir optimisé les conditions d’administration du vecteur de thérapie génique chez le porc nous souhaitons maintenant appliquer ce même protocole chez le primate dont l’anatomie rénale est beaucoup plus proche de celle de l’Homme par rapport au porc afin de confirmer l’efficacité du transfert de gène et conforter à terme cette approche chez l’Homme. Cela permettra à terme de proposer un dossier de demande d’essai clinique complet. Les animaux sélectionnés pour ce projet sont de jeunes adultes.