Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

L’addiction est un trouble chronique caractérisé par le besoin compulsif d’utiliser des substances modifiant l’humeur, malgré leurs effets négatifs sur la santé physique et mentale. Le stress précoce ou des événements stressants chroniques à l’adolescence ou à l’âge adulte augmenteraient la vulnérabilité à l’addiction. Des études sur des modèles animaux montrent que le stress précoce entraîne des altérations durables du système opioïdergique. Ces animaux présentent une sensibilité accrue aux drogues ainsi que des modifications des niveaux d’opioïdes dans des régions cérébrales impliquées dans la récompense et le comportement émotionnel. Un nombre croissant d’études suggère que le cervelet joue un rôle clé dans les circuits impliqués dans le développement et le maintien des comportements d’addiction liés aux opioïdes. Ces résultats concordent avec des études d’imagerie cérébrale chez l’homme révélant une expression des récepteurs aux opioïdes dans le cervelet humain. Toutefois, les implications fonctionnelles des réponses cérébelleuses aux substances addictives en lien avec le stress psychosocial restent peu explorées. Ce projet vise à explorer si le stress induit par une séparation maternelle, altère la réponse aux opioïdes au niveau des synapses cérébelleuses.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

-L’analyse des altérations cérébelleuses induites par le stress précoce chez la souris pourrait apporter de nouvelles perspectives sur les mécanismes neurobiologiques par lesquels diverses drogues affectent l’activité cérébrale et conduisent à l’addiction. – Les résultats de cette étude pourraient offrir un éclairage inédit sur les effets du stress précoce dans une région cérébrale encore peu explorée, ouvrant ainsi la voie à de nouvelles approches diagnostiques et thérapeutiques pour traiter l’addiction aux substances.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Tous les nouveaux-nés seront soumis à un stress de séparation maternelle d’une durée 4h par jour pendant 14 jours.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

L’étude impliquera l’utilisation d’un protocole de stress chronique. Ce protocole consiste à séparer les nouveau-nés de leur mère pendant 4 heures par jour pendant 14 jours. Des études antérieures, y compris l’analyse du poids des nouveau-nés et des paramètres métaboliques, n’ont signalé aucun signe de malnutrition pendant ou après la séparation maternelle. Des anomalies cognitives et motrices (coordination fine) à l’âge adulte ainsi que des perturbations du comportement maternel (rejet des petits) ont été publiées. Par conséquent, le niveau de détresse associé à ce protocole est classé comme modéré

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Dans la procédure les animaux sont mis à mort afin de réaliser des analyses électrophysiologiques, tissulaires et histologiques.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Pour ce projet, nous souhaitons étudier dans le cerveau des souris des phénomènes biologiques complexes qui se mettent en place dans le cerveau des souris nouvellement nées. Ces phénomènes sont contrôlés à tout moment par différentes parties du cerveau. Il n’existe pas de modèle in vitro ou in silico qui puissent reproduire la complexité des phénomènes biologiques qui se mettent en place dans le cerveau pendant la croissance de la souris ce qui signifie que le modèle animal ne peut pas être remplacé.

2. Réduction

3R / Réduction :

Le nombre d’animaux utilisés pour ce projet a été défini au plus juste pour nous permettre d’atteindre nos objectifs scientifiques et être statistiquement valides. Nous utiliserons des individus des 2 sexes afin de réduire le nombre d’individus à produire et produire des résultats spécifiques de genre. Pour définir statistiquement la taille des lots d’animaux à tester, nous nous appuyons sur des travaux publiés, ainsi que sur l’utilisation de logiciel approprié pour l’évaluation statistique du nombre d’animaux requis. l’utilisation conjointe de plusieurs outils expérimentaux permettra de diviser par deux le nombre d’animaux nécessaires pour le projet.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

La séparation maternelle devrait provoquer un stress modéré. D’après les études publiées, ces tests n’altèrent pas la capacité des animaux à effectuer leurs activités normales dans leurs cages. Les animaux sont hébergés dans des installations conçues pour maximiser leur confort et minimiser leur souffrance. Plus précisément, les souris sont logées en cohortes (sans isolement) et font l’objet d’une observation régulière tout au long de l’expérience. Un enrichissement, comprenant du matériel de nidification et des bâtonnets à ronger, est systématiquement fourni dans toutes les cages. Les animaux sont observés quotidiennement, et leur comportement est surveillé afin de détecter tout signe d’inconfort ou de stress. Les perturbations seront minimisées grâce à des changements de cage effectués par le même expérimentateur, dans des conditions limitant le bruit et les vibrations. Les petits séparés de leur mère seront placés dans une cage avec un coussin chauffant réglé à 37°C pour limiter l’hypothermie. Des critères d’arrêt spécifiques ont été définis, et un raffinement sera appliqué selon un système de notation permettant une prise en charge adaptée des animaux.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

De nombreux travaux ont démontré que les rongeurs sont un modèle d’étude valide pour les maladies neurologiques. En particulier, les fonctions physiologiques ainsi que les régions du cerveaux impliquées sont similaires chez la souris et l’homme. Lorsque des modèles génétiques existent, les mêmes structures cérébrales sont impliquées et certains symptômes sont comparables. L’utilisation d’animaux transgéniques implique l’utilisation des souris afin de pouvoir exprimer des constructions dans des groupes de cellules en grain spécifiques. Seules les souris permettent de disposer de nombreux marqueurs spécifiques de type cellulaires. Des souris juvénile et adultes seront utilisées pour étudier les effets de la séparation maternelle sur la réponse aux opioïdes pendant le développement.