
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 28/05/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-896079)
Pour évaluer de nouvelles électrodes de stimulation cérébrale profonde, 9 mini-porcs subissent une chirurgie crânienne pouvant durer jusqu’à six heures, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, tous tués à l’issue pour analyses. Chaque animal peut connaître un œdème cérébral, un traumatisme local lié à la pose des électrodes et une douleur postopératoire. Le projet cible à terme la maladie de Parkinson et les tremblements chez l’être humain. Le porteur résume les retombées en une phrase, ce travail pouvant « améliorer la prise en charge » des troubles du mouvement « si les résultats sont favorables ».
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
La maladie de Parkinson est incurable ainsi que d’autres troubles de mouvement, mais des thérapies comprenant des médicaments, de la chirurgie et de la réadaptation peuvent permettre de réduire les symptômes. En effet, la stimulation intracérébrale profonde est proposée aux patients souffrant de maladies neurologiques avec des troubles du mouvement (maladie de Parkinson, tremblement essentiel et dystonie). Cette étude consiste en l’évaluation de la fonctionnalité et des effets de nouvelles interfaces corticales et sous-corticales (électrodes d’enregistrement et de stimulation intracérébrale profonde (DBS), afin d’en caractériser les capacités d’enregistrement, de stimulation et les effets sur un modèle porcin (minipig) en situation comportementale avec et sans tremblement. Ce projet offre de nouvelles perspectives telles qu’une meilleure prise en charge des cas de troubles du mouvement.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Si les résultats sont favorables, ce travail pourrait permettre d’améliorer la prise en charge des maladies de troubles du mouvement.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux sont soumis à : – Pose de cathéter sous anesthésie légère, durée maximum de 20 minutes ; – Procédure chirurgicale et analyse d’imagerie : sous anesthésie, donc la durée sera plafonnée à 6h , et limitée autant que possible à 2h30, afin d’assurer une récupération optimale aux animaux. Cette longue procédure permet d’évaluer un maximum de paramètres sur un seul animal et donc de réduire le nombre d’animaux utilisés ; – Les enregistrements de comportement : sur les animaux vigiles, maximum 3 heures par jour; La durée des enregistrements des signaux cérébraux sous anesthésie sera limitée à un maximum de 2 heures.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
La principale nuisance attendue sur la partie des enregistrements : léger stress et inconfort lié à la piqûre et au tremblement. La principale nuisance attendue chez les animaux est relative à la chirurgie et à la période postopératoire. Il s’agit plus précisément de : – stress de l’anesthésie, hypothermie ; – hémorragique puis possible œdème cérébral au niveau du cerveau pendant la chirurgie ; – le léger traumatisme local provoqué dans le cerveau par la pose des électrodes ainsi que la douleur modérée en postopératoire ; – infection au niveau des points de sutures. Pour les sessions sous anesthésie / castration : stress de la contention et de l’anesthésie, légère douleur possible. Une surveillance des paramètres biologiques et comportementaux (anxiété, motricité, etc..) permettra de détecter ces complications inattendues.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
A la fin du projet, les animaux seront euthanasiés afin de réaliser des analyses histologiques.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
La réponse à l’objectif posé implique le suivi de la réponse de stimulation du dispositif, donc seules des études chez l’animal vivant le permettent. En effet, il n’est pas envisageable d’implanter un nouveau dispositif médical ou d’administrer un nouveau composé à l’homme — sain ou malade — compte tenu des risques non connus susceptibles d’apparaître.
2. Réduction
Au total, 9 animaux seront utilisés, un nombre d’animaux se trouve réduit au minimum nécessaire pour l’obtention de données suffisamment fiables sur l’évaluation de la fonctionnalité et des effets de nouvelles interfaces corticales et sous-corticales chez les porcs.
3. Raffinement
Les animaux seront hébergés dans le respect de leurs besoins éthologiques avec des enrichissements propres à l’espèce. De plus, la température de la salle d’hébergement sera augmentée après la chirurgie. Le suivi quotidien des animaux et les pesées hebdomadaires sont assurés par le personnel technique et animalier habilité et habitué à travailler avec des porcs. Les animaux suivront également un programme de socialisation afin de réduire le stress engendré par les actes quotidiens. En cas de troubles liés au dispositif, des traitements pourront être mis en place, similaires à ceux pratiqués en médecine humaine. Tout acte douloureux ou fortement stressant sera réalisé sous sédation ou sous anesthésie (locale ou générale selon les besoins). Au cours des études, les animaux feront l’objet d’un suivi clinique, afin de détecter tout signe de mal-être ou toute anomalie physique. La surveillance est renforcée durant la période post-opératoire et en cas d’apparition de troubles. L’ensemble de ces informations sont reportées sur des fiches de suivi adaptées. Cette surveillance permet une intervention rapide auprès du vétérinaire et du responsable de projet pour adapter les soins analgésiques si nécessaire. Si une étape du protocole chronique affecte l’état de santé au point d’atteindre l’un des points limites sans qu’aucune action ne puisse permettre un retour à l’état basal, alors le protocole sera interrompu et l’animal mis à mort selon les modalités éthiques. Avant le début d’étude, les animaux seront habitués à la marche sur le tapis. Concernant l’enregistrement du comportement, la procédure sera arrêtée avant que l’animal ne se fatigue. Pendant la procédure chirurgicale, les animaux sont maintenus sous anesthésie générale avec une surveillance constante de leurs paramètres vitaux (fréquence cardiaque, pression sanguine, température…). Ceux-ci nous permettent d’apporter la nécessaire hydratation ou de fournir des antiarythmiques en cas de risque de fibrillation ventriculaire. Un défibrillateur est toujours disponible en salle d’opération pour éviter la mort précoce de l’animal durant les tests.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Parmi les modèles animaux ayant des caractéristiques anatomiques et fonctionnelles proche de l’homme le porc a été retenu car (1) les modèles sont bien décrits et caractérisés et constituent donc une référence dans la communauté scientifique ; (2) le personnel impliqué dans ce projet possède une expertise établie de la gestion de ces modèles animaux. De plus, les porcs ont une taille et un volume de cerveau compatibles avec ceux des primates non humains ; et l’anatomie et le développement neurologique du cerveau du porc sont similaires à ceux du cerveau humain. Le cerveau du porc peut ainsi s’adapter à l’imagerie multimodale et à l’installation chirurgicale de plusieurs électrodes, similaires à celles utilisées pour les humains. Les porcs utilisés en étude sont de jeunes animaux, car la craniectomie doit être réalisée chez les miniporcs de moins de 5 mois, période pendant laquelle les sinus ne sont pas encore bien développés.