
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 24/07/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-899582)
Les souris qui perdent plus de 15 % de leur poids ou dont le score de douleur dépasse 1,5 sont mises à mort. 498 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré à sévère, toutes tuées à l’issue pour, indique le porteur, ne pas laisser une souffrance méconnue perdurer. Selon les groupes, elles subissent une injection intrapéritonéale de toxine bactérienne, une instillation pulmonaire, une injection intracérébrale ou une chirurgie d’infection digestive, puis des injections quotidiennes pendant sept à dix jours, la pose d’un cathéter et des séances d’imagerie de trente minutes sous anesthésie. Les groupes chirurgicaux peuvent perdre jusqu’à 15 % de leur poids et présenter des difficultés respiratoires. Le choix des lignées suit l’effet recherché, des souris SWISS pour l’inflammation généralisée et l’infection digestive, des C57BL6/J mâles pour l’inflammation pulmonaire, les femelles étant décrites comme protégées de cette inflammation.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Le choc septique représente le stade ultime d’une infection aiguë, et est responsable d’environ 11 millions de décès chaque année dans le monde. A ce jour, les infections respiratoires restent la première cause de choc septique. Parmi ces patients, la dysfonction cérébrale aiguë (encéphalopathie) apparaît dans environ 40% des cas et s’associe défavorablement au pronostic. Néanmoins, à ce jour, les facteurs tant prédictifs que pronostics sont encore largement méconnus, et le diagnostic de l’encéphalopathie repose sur des échelles cliniques pouvant être prises en défaut (utilisation de médicaments sédatifs…). Afin de visualiser la neuroinflammation, il est possible d’utiliser l’IRM ou l’imagerie à particules magnétiques (une modalité d’imagerie récemment introduite) après injection de particules dirigées contre des marqueurs d’inflammation. Lors d’une inflammation, la perméabilité des vaisseaux sanguins change par le niveau d’expression d’une molécule appelée PLVAP. Nous souhaitons donc utiliser une approche utilisant des particules ciblant PLVAP afin de mettre en évidence l’inflammation et la perméabilité de l’axe poumon-cerveau dans différents modèles d’infection chez la souris, afin d’offrir une caractérisation non invasive de l’encéphalopathie. Ceci permettrait de valider la possibilité de diagnostiquer et de suivre la survenue d’une encéphalopathie au cours du sepsis par une imagerie non invasive chez l’Homme.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
La survenue d’une encéphalopathie au cours d’un séjour en réanimation est un évènement pronostic majeur, bien que les éléments diagnostiques soient peu spécifiques et sujets à des facteurs confondants, au premier rang desquels l’utilisation de médicaments sédatifs. L’utilisation d’une technique d’imagerie avec l’observation d’éléments objectifs permettrait de s’affranchir de ces limites, de diagnostiquer plus rapidement l’encéphalopathie et de proposer une prise en charge rapide, permettant probablement de limiter les séquelles ultérieures. Par ailleurs, l’utilisation d’une technique basée sur la reconnaissance de changements vasculaires permettra une meilleure compréhension des phénomènes à l’origine de l’encéphalopathie chez ces patients, et d’offrir ainsi de nouvelles pistes thérapeutiques.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux seront soumis aux interventions suivantes : induction d’un modèle d’inflammation systémique aiguë par injection intrapéritonéale unique (30 secondes), induction d’un modèle d’inflammation pulmonaire par instillation (2 minutes) et modulation thérapeutique par injection quotidienne pendant 7 jours (30 secondes par injection), induction d’un modèle d’inflammation cérébrale par injection intracérébrale unique (30 minutes) et modulation thérapeutique par injection quotidienne pendant 10 jours (30 secondes par injection), induction d’un modèle d’inflammation pulmonaire non infectieuse par instillation unique (30 secondes) et modulation thérapeutique par injection intrapéritonéale quotidienne pendant 7 jours (30 secondes par injection), induction d’un modèle chirurgical d’infection digestive (10 minutes), pesées quotidiennes (inférieur à 5 minutes), pose d’un cathéter pour l’administration de produit de contraste sous anesthésie (environ 10 minutes), réalisation d’examens d’imagerie sous anesthésie (environ 30 minutes).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Le modèle de d’inflammation généralisée par injection de toxine bactérienne est susceptible d’occasionner une perte de poids chez les animaux. Compte-tenu de notre expérience, la perte de poids est attendue inférieure à 10% et de courte durée (3 jours environ). Les modèles par instillation intra-nasale ou injection intracérébrale occasionnent une perte de poids plus modérée. Les modèles chirurgicaux d’infection digestive et par instillation sont susceptibles d’entraîner une perte de poids importante jusqu’à 15%, un inconfort et une souffrance de durée possiblement prolongée (quelques jours), ainsi que des difficultés respiratoires.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
A l’issue des procédures, les animaux seront mis à mort pour ne pas laisser une éventuelle souffrance méconnue perdurer.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Des tests in vitro ont été réalisés pour évaluer la spécificité du produit de contraste sur des cultures de cellules de vaisseaux sanguins. Ils ont permis de confirmer la surexpression de PLVAP au cours de l’inflammation, et la possibilité pour notre produit de contraste de se lier à sa cible in vitro. Néanmoins, il reste nécessaire d’étudier le produit de contraste à l’échelle de l’organisme, d’étudier le rapport signal/bruit à l’échelle de l’organisme, de comparer les données obtenues avec celles d’une imagerie sans produit de contraste spécifique. Les procédures expérimentales décrites sont donc nécessaires afin de pouvoir valider la faisabilité de notre approche à l’échelle d’un organisme complexe, avant de pouvoir envisager une translation à l’homme. D’autres méthodologies expérimentales n’impliquant pas l’utilisation d’animaux ne permettraient pas l’obtention du même niveau d’information.
2. Réduction
Le nombre d’animaux à utiliser dans ce projet a été évalué au regard de nos données antérieures utilisant le même type d’animaux et les mêmes modèles, ainsi que des données de la littérature. En fonction de l’expérimentateur (expérience, habitilité) et du taux de mortalité obtenu, le nombre d’animaux pourra être revu à la baisse. Enfin, l’utilisation de techniques non invasives permet de réduire le nombre d’animaux utilisés en répétant les analyses d’image à différents temps.
3. Raffinement
Les animaux bénéficieront d’un temps d’acclimation d’une semaine afin de permettre une réduction du stress. Les animaux seront hébergés par groupe de 5 afin de conserver les interactions sociales. Le milieu sera enrichi par l’utilisation de matériel type boîte à oeufs, tunnel PVC ou igloo PVC, et coton. Dès l’initiation de la procédure, le suivi des animaux sera assuré deux fois par jour afin de rechercher l’apparition de signes de souffrance et de les prendre en charge. La douleur sera évaluée par l’utilisation d’échelles adaptées. Les animaux seront pesés quotidiennement. Les animaux des groupes chirurgicaux bénéficieront de compléments alimentaires humidifiés pour permettre une hydratation et une alimentation facilitée. Tous les animaux bénéficieront d’eau et de nourriture à volonté. Les animaux seront mis à mort à la fin des procédures afin de ne pas laisser une éventuelle souffrance méconnue perdurer. Les animaux seront mis à mort si : perte de poids > 15% ; le score moyen l’échelle est supérieur à 1.5 ; l’animal est horripilé et recroquevillé ; l’animal est agité et/ou non alerte ; l’animal présente une respiration abdominale ; la provocation de l’applicateur n’entraîne pas ou peu de changement comportemental ; pendant les imageries ou chirurgies, un problème d’anesthésie survient, l’animal présente des saignement abondant, ou un arrêt respiratoire. Les animaux présentant une souffrance ne correspondant pas à un point limite recevront une antalgie. Au cours des différentes procédures expérimentales, les animaux recevront une antalgie, une anesthésie générale et une anesthésie locale.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris est l’espèce animale qui a le plus été étudiée dans le domaine des pathologies septiques. L’anatomie et la physiologie sont, dans ces pathologies, globalement transposables à l’homme. L’ensemble des connaissances acquises au laboratoire et dans la littérature rendent cette espèce particulièrement intéressante pour l’étude de de la réponse au sepsis dans des conditions mimant ce qui est retrouvé chez l’Homme en soins critiques. Dans le modèle d’inflammation systémique, d’inflammation par injection intracérébrale, et d’infection digestive chirurgicale, les animaux utilisés seront des souris SWISS âgées de 8 semaines. Dans le modèle d’infection pulmonaire par instillation intranasale et d’inflammation pulmonaire non infectieuse, les animaux seront des souris C57BL6/J de 8 semaines, mâles car les femelles sont protégées de l’inflammation pulmonaire. Le modèle d’inflammation cérébrale par vascularite fera appel à des souris C57BL6/J de 8 semaines.