
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 20/07/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-929338)
Marquées à l’oreille, injectées deux fois sur animal vigile et trois fois sous anesthésie, saignées six fois, 192 souris sont utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Elles reçoivent des pseudo-virus du VIH recouverts d’anticorps, des particules dépourvues de matériel génétique viral, associés à un vaccin, pour mesurer si la combinaison produit une réponse immunitaire plus durable que le vaccin seul. Le porteur indique avoir retenu la souris pour éviter le recours aux primates non-humains, le VIH n’infectant que peu d’espèces. Toutes sont mises à mort à la fin de chaque procédure, pour l’analyse complète de leur système immunitaire.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Le VIH est un virus qui attaque le système immunitaire. Aujourd’hui, les traitements antirétroviraux permettent de contrôler efficacement l’infection, mais ils ne permettent pas d’éliminer complètement le virus. De nouvelles approches thérapeutiques sont donc à l’étude pour aider le système immunitaire à mieux contrôler l’infection.Parmi elles, l’utilisation d’anticorps capables de reconnaître un grand nombre de variants du VIH a montré des résultats prometteurs. Ces anticorps se fixent sur les particules virales et facilitent leur reconnaissance par certaines cellules du système immunitaire. Ce mécanisme peut aussi contribuer à stimuler les défenses naturelles de l’organisme contre le VIH. Cependant, cette stimulation reste souvent insuffisante pour obtenir une protection durable chez la plupart des patients. Pour renforcer cette réponse immunitaire, il est envisagé d’associer ces anticorps à un vaccin thérapeutique conçu pour stimuler spécifiquement certaines cellules immunitaires capables de reconnaître et de combattre le VIH. L’évaluation de cette stratégie combinée est toutefois difficile, car le VIH infecte très peu d’espèces animales. Afin d’éviter le recours à des modèles primates non-humains, cette étude utilise chez la souris des particules appelées « pseudo-virus ». Ces particules ressemblent au VIH mais ne contiennent aucun matériel génétique viral. Elles ne peuvent donc ni infecter les cellules ni se multiplier, ce qui les rend sûres à utiliser en laboratoire. En administrant ces pseudo-virus préalablement recouverts d’anticorps, il est possible de reproduire certains mécanismes de reconnaissance du VIH par le système immunitaire et étudier la réponse immunitaire qui en résulte. L’objectif est de déterminer si l’association entre le vaccin et les anticorps permet d’obtenir une réponse immunitaire plus forte et plus durable que le vaccin seul.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Les résultats attendus permettront notamment d’identifier les meilleures conditions d’administration de ces deux traitements, par exemple l’ordre dans lequel ils doivent être administrés ou le type d’anticorps le plus efficace. Ces connaissances pourront contribuer à la conception de futurs essais cliniques chez l’Homme visant à développer de nouvelles stratégies thérapeutiques contre le VIH allègeant le traitement actuel et donc favorisant une meilleure qualité de vie chez les patients vivant avec le virus.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
1x Marquage à l’oreille sur animaux vigiles (quelques secondes) 6x Prélèvement de sang sur animaux vigiles (quelques secondes) 2x injections sur animaux vigiles (quelques secondes) et 3x injections sur animaux anesthésiés (quelques minutes)
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les souris ressentiront une légère douleur aux moment du marquage à l’oreille et au moment des injections et des prélèvements de sang.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux seront mis à mort à la fin de chaque procédure pour une analyse complète de leur système immunitaire.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
A ce jour, il existe des modèles d’induction et stimulation de réponse spécifiques chez l’homme sur des cellules dérivés du sang périphérique mais seuls les animaux vivants permettent une analyse de la réponse cellulaire mémoire induite lors d’une vaccination, le paramètre d’intérêt de cette étude.
2. Réduction
Le nombre d’animaux utilisés a été déterminé de manière à obtenir des résultats scientifiquement fiables tout en limitant leur utilisation au strict nécessaire. La taille des groupes ont été calculés à partir de données expérimentales préalables afin de garantir que l’étude puisse détecter une amélioration statistiquement significative de la réponse immunitaire. La composition des groupes a été réalisée dans le but de minimiser leur nombre tout en garantissant que les effets observés puissent être attribués au co-traitement et non à l’un des traitement seul.
3. Raffinement
Les gestes expérimentaux impliquant une douleur chez l’animal et un potentiel dommage chez l’animal sont les injections ainsi que les prélèvements de sang. Les injections se feront sous anesthésie gazeuse par inhalation d’isoflurane, les animaux seront observés jusqu’à leur réveil complet de l’anesthésie et feront l’objet d’une vérification de l’absence de saignement persistant, de détresse ou de complication locale. Suite à l’injection, si des signes de lésions sont observés, un traitement par un antiseptique sera appliqué. Suite à l’injection du vaccin ou aux prélèvements de sang , si des signes de lésions cutanées sont observés, un traitement par un antiseptique cutanée sera appliqué. La surveillance des animaux sera un suivi visuel de leur comportement et morphologie 3 fois par semaine durant l’ensemble du traitement et portera sur l’évaluation de leur état global et l’apparition des points limites généraux. Les signes précoces d’une détérioration de la santé de l’animal tels qu’une diminution de l’activité, une altération du toilettage une posture anormale, des signes d’un manque d’alimentation et le cas échéant des soins seront prodigués tel que une complémentation alimentaire et un accès à la nourriture facilité, un enrichissement par l’ajout d’un carré de coton favorisant la confection d’un nid et diminuant le stress de l’animal. Les animaux seront surveillés quotidiennement jusqu’à la disparation des symptômes.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le système immunitaire de la souris est proche du système immunitaire humain. Les études précédentes montrent que le vaccin est immunogène chez la souris où de nombreux outils sont disponibles pour étudier la réponse immunitaire. Des souris de 5-6 semaines d’âge seront utilisées. Il est admis qu’à partir de l’âge de 5 à 6 semaines, le système immunitaire des petits rongeurs est considéré comme mature et que les réponses immunitaires induites peuvent être considérées comme comparables à celles induites pendant la vie d’adulte et permettant des conclusions pouvant être appliquées à l’Homme.