
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 14/05/2024
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-424412)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’élevage de volailles plein air correspond aujourd’hui à une demande croissante de la société pour de meilleures conditions de vie des animaux d’élevage, ces productions étant considérées comme « moins intensives » et plus respectueuses du bien-être animal. Cependant, la durée de ces élevages est plus longue par rapport à la durée des élevages « standards ». Ainsi, dans ce mode d’élevage plus long, les mâles atteignent leur maturité sexuelle, ce qui n’est pas le cas en élevage « standard » ; des comportements naturels d’agressivité peuvent alors être observés. Aussi, récemment, des observations de terrain ont montré que cette maturité sexuelle pouvait arriver autour de 6 semaines d’âge. Cela se traduit par un développement des testicules et une augmentation de la production d’hormones sexuelles. Ces dernières stimulent les comportements agressifs entre les individus qui ont des conséquences négatives sur les animaux et leur bien-être. L’objectif de ce projet est de tester les effets des fruits du gattilier (ou Vitex agnus-castus ou « Poivres des moines ») connu pour ses propriétés anaphrodisiaques et son rôle de régulateur hormonal, pour réduire les comportements sexuels agressifs chez le coq. La plante, autorisée en alimentation animale, sera apportée sous forme de poudre dans l’aliment, pendant toute la durée d’élevage et nous analyserons les paramètres suivants : poids, taux de testostérone sanguin, développement de la crête, bien-être et comportements sociaux.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet permet de vérifier si la distribution de poudre de fruits de Gattilier permet de diminuer les comportements sexuels négatifs. A termes, le Gattilier pourra être utilisé pour améliorer les conditions de vie et le bien-être des poulets.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les poulets seront pesés individuellement à 6 reprises entre leur arrivée à 1 jour et la fin du projet à 12 semaines afin de connaitre et comparer leur croissance. La durée d’une pesée est inférieure à 10 secondes par poulet. Les poulets mâles auront 4 prélèvements sanguins à 6, 8, 10 et 12 semaines. Chaque prélèvement se fera sur animal vigile et durera moins de 15 secondes. Au moment de la contention pour les prélèvements sanguins, une photo de leur crête sera prise ; la contention totale ne durera pas plus de 1 minute / animal.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les effets négatifs sur les poulets sont 1/ la douleur légère et transitoire (inférieure à 15 secondes) générée par la pénétration de l’aiguille lors des prélèvements sanguins et 2/ le stress léger et transitoire lié à la contention lors de la pose de la bague d’identification, des prélèvements sanguins, des pesées et des prises de photos des crêtes.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
En fin de procédure, tous les animaux retourneront dans le système d’élevage classique d’un poulet de chair élevé en plein air.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Il n’existe à ce jour, aucune méthode in vitro ou in silico pour étudier le comportement sexuel des poulets. Le recours aux animaux vivants reste nécessaire afin d’évaluer les interactions sociales entre animaux. Il est également important de se placer en condition d’élevage pour pouvoir suivre le comportement naturel d’exploration des animaux sur le parcours extérieur.
2. Réduction
Dans notre projet, les poulets sont répartis en deux modalités, une modalité « témoin » ne recevant pas la poudre de Gattilier (250 poulets dont 150 mâles et 100 femelles hors-champ), et une modalité « essai » recevant la poudre de Gattilier (250 poulets dont 150 mâles et 100 femelles hors-champ). Ce nombre de 250 individus par modalité est nécessaire pour simuler les conditions d’un élevage commercial plein air et rendre compte de la variabilité inter individuelle. Les prises de sang et les photos des crêtes à 6, 8, 10 et 12 semaines ne seront réalisées que sur les mâles, à savoir 150 individus/modalité (soit 300 au total). Les statistiques utilisées sont en accord avec la littérature existante et permettent de prendre en compte la variabilité existante au sein de la population et obtenir des estimations suffisamment précises pour étudier les comportements sexuels et les corrélations existantes entre la mesure de la crête (organe sexuel secondaire) et le taux de testostérone sanguin.
3. Raffinement
Les animaux sont élevés en groupe, avec accès à un parcours plein air, favorisant l’expression des comportements naturels des poulets. Ils seront hébergés dans des conditions optimales d’alimentation et de soins. Les animaux auront à disposition dans les bâtiments ficelles et pierres à piquer en tant qu’enrichissement du milieu. Ce projet permettra également de voir s’il existe un lien entre le développement de la crête (organe sexuel secondaire) et le taux de testostérone sanguin. Si tel est le cas, cela permettra, dans les projets à venir, d’étudier la maturité sexuelle en utilisant une méthode non invasive (mesure de la crête) plutôt q’une méthode invasive (testosterone sanguine).
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Ce projet a pour objectif d’étudier les comportements du poulet de chair élevé dans un élevage en plein air. Il est donc nécessaire d’utiliser cette espèce animale, à savoir le poulet de chair. Les poussins arriveront dans notre élevage à 1 jour d’âge et seront étudiés jusqu’à 12 semaines qui correspond à l’âge de fin d’élevage pour ce type d’élevage plein-air. Des observations de terrain ont montré que la maturité sexuelle arrivait autour de 6 semaines chez le coq de cette souche et que le taux de testostérone dans le sang augmentait entre 4 et 6 semaines. Nous avons donc choisi de réaliser notre 1er prélèvement à 6 semaines, au moment du développement de la maturité sexuelle. Les prises de sang seront ensuite effectuées à 8, 10 et 12 semaines afin d’étudier l’évolution du taux de testostérone dans le sang et de pouvoir observer un éventuel décalage d’augmentation du taux de testostérone en fonction de la modalité (témoin / essai).