Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Le maintien de l’intégrité musculaire a été décrit depuis longtemps comme étant dépendant de l’innervation et de l’exercice. Des études ont montré qu’une altération de l’activité électrique provoque une modification de l’expression de gènes impliqués dans l’homéostasie musculaire. Une précédente étude a permis de montrer que certaines protéines impliquées dans la contraction musculaire jouaient un rôle très important dans le maintien de la masse musculaire. Une protéine en particulier qui présente une forme embryonnaire semble réguler des facteurs importants dans le muscle squelettique sain et dans un contexte pathologique de dystrophie myotonie de type 1 (DM1). Cette maladie se caractérise par des défauts moléculaires qui ont été associés à des symptômes cliniques comme une myotonie (défaut de relaxation après une contraction) et une faiblesse musculaire. Dans ce projet, nous envisageons d’étudier les conséquences de la modulation de l’expression de cette protéine indispensable pour le maintien de la masse musculaire squelettique.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Comme la protéine d’intérêt est impliquée dans le maintien de la masse musculaire, nous attendons comme bénéfice à court terme, dans un muscle atteint de dystrophie myotonie de type 1 (DM1), un effet protecteur sur la physiopathologie du muscle en limitant l’atrophie musculaire notamment. A long terme, cette étude permettra d’apporter des connaissances supplémentaires sur les mécanismes moléculaires mis en jeu dans la DM1. Une meilleure compréhension de cette pathologie pourrait permettre le développement de nouvelles stratégies et pistes thérapeutiques.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Les animaux seront soumis à plusieurs types d’interventions telles que : 1/ Une injection intramusculaire (10 minutes) effectuée sous anesthésie et analgésie, 2/ Une mesure ayant pour but de mesurer l’activité électrique des nerfs et des muscles effectuée sous anesthésie et analgésique (30 minutes), 3/ Une mesure de la contractilité musculaire sous anesthésie et analgésie (25 minutes) après laquelle les animaux seront euthanasiés par une méthode réglementaire afin de réaliser les différents prélèvements nécessaires aux analyses.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Pour plusieurs actes, les animaux seront anesthésiés et pourront subir un stress lors de l’induction de l’anesthésie gazeuse mais aussi un stress thermique ou dans de rares cas les risques liés aux anesthésies (détresse respiratoire, arrêt cardio-respiratoire, etc.). Suite à l’injection intramusculaire, une gêne et/ou une anomalie au niveau du site d’injection pourrait éventuellement apparaître. Lors des analyses fonctionnelles, des électrodes sont placées en sous-cutané dans le muscle d’intérêt, ce qui peut induire une gêne au réveil de l’animal.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Tous les animaux seront euthanasiés par une méthode réglementaire pour récupérer les prélèvements nécessaires aux analyses histologiques, et moléculaires nécessaires.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Le but de notre projet est d’apporter une meilleure compréhension des mécanismes moléculaires inhérents à la pathologie DM1, dont l’une des caractéristiques cliniques principale est la myotonie. L’utilisation d’un modèle murin de la DM1 est indispensable car les modèles in vitro ne peuvent pas rendent compte du défaut de relaxation musculaire caractéristique de cette pathologie. La souris myotonique est un modèle de choix, bien caractérisé, avec un phénotype connu et avec beaucoup de littérature à l’appui. Cette étude ne peut se faire que sur un modèle animal, néanmoins, autant que possible et si la question posée peut être résolue ainsi, des expériences in vitro avec des lignées cellulaires seront réalisées pour limiter au maximum le recours à l’utilisation de souris.

2. Réduction

3R / Réduction :

Les processus expérimentaux seront conçus de façon à utiliser un nombre de souris limité. Pour tous les groupes expérimentaux et toutes les méthodes d’analyse, 5 à 10 animaux sont nécessaires pour obtenir une analyse statistique fiable et pour éviter que la variabilité des paramètres de mesures in vivo puisse empêcher la bonne exploitation des résultats. Les protocoles seront rigoureusement élaborés et réfléchis en avance pour que l’expérience soit interprétable et pour éviter de les répéter. De plus, tous les muscles et une majorité des organes de la souris seront prélevés. Au total, nous prévoyons d’utiliser 288 souris : 144 souris contrôles, 144 souris myotoniques. La taille des effectifs sera été établie grâce à un calcul de puissance et nous procéderons à des tests statistiques pour une interprétation fiable des résultats.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Nous respecterons une période d’acclimatation de deux semaines après leur arrivée dans notre animalerie. Les conditions d’hébergement et l’enrichissement du milieu sont gérés par l’animalerie. Elles consistent en un contrôle quotidien des cages, un changement régulier, un nombre réduit d’animaux par cage (5 maximum) et pas d’animaux isolés. Le changement des cages se fait sous hotte aspirante et les cages possèdent des filtres. L’enrichissement du milieu consiste en l’ajout de laine de bois afin que les souris puissent faire un nid ainsi que de lanières de papier Kraft et des tunnels en carton. Enfin, si nécessaire, la nourriture pourra être mise à disposition sur le plancher de la cage. Pour limiter la souffrance et l’angoisse, les procédures qui le nécessiteront seront réalisées sous anesthésie et sous analgésiques. Au cours des différentes procédures, la température des souris est maintenue constante à l’aide d’une plate-forme chauffante (37 degrés) ou sous lampe radiante. Les animaux seront ensuite suivis quotidiennement afin de relever le moindre signe de souffrance. Nous mettrons en place des points limites adaptés, suffisamment prédictifs et précoces pour permettre de limiter la douleur à son minimum. Nous procèderons à l’euthanasie compassionnelle de l’animal avant qu’il ne souffre. Le suivi des animaux sera conduit par un personnel autorisé et compétent pour reconnaître, quantifier et atténuer ou supprimer les signes de douleur ressentis chez les animaux.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Le modèle souris permet de travailler avec des cohortes de taille suffisante pour obtenir des résultats ayant une réelle validité statistique. De plus, la souris permet de combiner facilement les études moléculaires et fonctionnelles du muscle squelettique. De plus, le projet portant sur l’étude de la pathologie Dystrophie Myotonique de type 1 (DM1), l’usage d’un modèle de souris génétiquement modifié, bien documenté de cette pathologie est un vrai bénéfice pour le projet. Nous utiliserons des animaux âgés de 8 semaines en début de procédure et de 17 semaines en fin de procédure. L’intérêt est de traiter les animaux adultes pour ne pas observer de biais dus à la croissance.