Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Notre équipe de recherche travaille sur une maladie tropicale négligée qui provoque des ulcères de la peau, et qui est causée par une mycobactérie. Cette bactérie produit une toxine qui a des propriétés originales, dont un puissant effet anti-douleur, et qui peut avoir un rôle pro-inflammatoire ou anti-inflammatoire. Notre équipe a montré que la toxine était libérée dans des particules, appelées MEVs, qui permettent la diffusion de la toxine et de propager l’infection. Bien que les effets des MEVs contenant la toxine aient été décrits dans des modèles cellulaires, leur rôle précis dans la maladie à l’échelle d’un organisme entier reste inconnu. Dans ce contexte, et en accord avec nos études passées et nos récents résultats, nous supposons que les MEVs contenant la toxine jouent un rôle primordial dans le développement de l’infection par la bactérie. Ce projet a pour but de comprendre comment les MEVs diffusent et comment s’organise la réponse du système immunitaire.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Ce projet devrait permettre de mieux comprendre le rôle des MEVs contenant la toxine dans le développement de la maladie causée par l’infection par la bactérie. En particulier, il devrait permettre de comprendre comment la toxine diffuse dans les tissus infectés via les MEVs, et comment se développe la réponse inflammatoire. Ces nouvelles connaissances pourraient conduire au développement de nouvelles thérapies reposant sur la modulation de la réponse inflammatoire, afin de favoriser le contrôle de l’infection.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Afin d’étudier la diffusion des MEVs, des MEVs marquées par fluorescence seront injectées soit en intraveineuse, soit dans le coussinet de la patte des souris, pour mimer une infection par la bactérie. Afin de limiter le stress des animaux, ce geste, qui prendra moins d’une minute, sera réalisé sous anesthésie générale gazeuse. Les animaux seront surveillés jusqu’à la reprise complète d’une activité suite à leur réveil, puis seront remis dans leur cage avec leurs congénères sans réaliser d’autre geste jusqu’à la fin de la procédure. Avant la mise à mort, un prélèvement de sang sera effectué. Le tout sera également réalisé sous anesthésie générale gazeuse afin de limiter le stress des animaux, et prendra également moins d’une minute. Différents organes seront ensuite prélevés (foie, rate, reins, poumons, ganglions lymphatiques, tissus cutanés et sous-cutanés au point d’injection).

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Les nuisances et effets indésirables potentiels sont liés à l’injection, qui peut produire un stress et une douleur légère. Pour atténuer le stress, l’ensemble des gestes sera réalisé sous anesthésie générale gazeuse, par une personne qui pratique régulièrement ces procédures, et chaque procédure durera moins d’une minute. Aucun effet indésirable n’est attendu suite au protocole expérimental. Cependant, l’injection va créer une brèche dans la peau. Le risque d’une infection via cette brèche n’est donc pas exclu, mais une visite quotidienne des animaux est prévue, et un tableau de suivi clinique des animaux sera mis en place afin de garantir leur bien-être suite aux injections.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Le but de ce protocole étant de prélever les organes afin d’étudier la diffusion des MEVs et la réponse du système immunitaire suite aux injections, tous les animaux seront mis à mort.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Le bien-être animal a été l’une des priorités dans la conception de cette étude mais nous ne pouvons à ce stade nous passer d’utiliser des animaux. Nous avons déjà réalisé des études caractérisant la réponse inflammatoire de différentes cellules, en présence ou non de la toxine. Cependant, les processus inflammatoires sont complexes et font appel à un ensemble de cellules non modélisable in vitro. D’autre part, nous avons également réalisé des marquages des MEVs, mais leur diffusion dans les organes ne peut pas être étudiée sans utiliser d’animaux vivants. Aussi, seule l’utilisation de ces animaux peut permettre de comprendre le rôle de la toxine dans le développement de la maladie due à l’infection par la bactérie pour développer de nouvelles thérapies.

2. Réduction

3R / Réduction :

Afin de réduire le nombre d’animaux utilisés, nous avons organisé notre étude en 3 phases, chacune permettant de limiter le nombre d’animaux nécessaires à la suivante. Ainsi, pour chacune des phases, le nombre de temps de prélèvements ne pourra être qu’inférieur ou égal à celui de la phase précédente.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Afin de raffiner les conditions de vie des souris, les animaux seront hébergés en groupes sociaux (6 animaux par cage), et bénéficieront d’une période d’acclimatation de 28 jours, leur permettant de mettre en place une structure sociale. Les groupes seront définis à l’arrivée des souris, et ne seront pas modifiés par la suite, permettant ainsi de stabiliser les échanges sociaux. De plus, les animaux bénéficieront d’un enrichissement adapté (matériel pour faire des nids, cachettes). Pour éviter le stress lors de l’injection, le geste sera réalisé sous anesthésie générale gazeuse par une personne qui pratique régulièrement cette procédure. Les souris seront surveillées jusqu’à la reprise d’une activité normale suite à leur réveil de l’anesthésie. Par la suite, une visite quotidienne des animaux est prévue pour garantir leur bien-être suite aux injections.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Ce projet ayant pour but de comprendre le rôle de la toxine contenue dans les particules produites par la bactérie dans l’infection, le modèle animal choisi correspond au modèle d’infection par la bactérie. Nos études antérieures ont utilisé deux modèles en particulier, qui sont intéressants du fait de leur capacité ou non à cicatriser spontanément suite à une infection par la bactérie : la souris BALB/c qui ne cicatrise pas spontanément, et la souris FVB/N qui au contraire a cette capacité. Les animaux seront âgés de 8 semaines au moment de l’inoculation, qui correspond à un stade de maturité immunitaire.