Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Le syndrome de l’intestin irritable (SII) est une affection digestive fréquente, souvent liée à une hypersensibilité de l’intestin, qui joue un rôle central dans les symptômes. Le fructose, un type de sucre très présent dans l’alimentation occidentale, est un facteur déclencheur important, et environ 15 à 22 % des personnes atteintes de SII en France rencontrent des difficultés à absorber ce sucre. Dans une étude précédente, des souris présentant une incapacité génétique à métaboliser le fructose ont montré des symptômes similaires au SII, comme une hypersensibilité intestinale et des modifications du microbiote intestinal. Ces symptômes étaient accompagnés d’une augmentation d’une hormone intestinale, qui pourrait être impliquée dans ces troubles. Cette nouvelle étude cherche à comprendre si les changements dans le microbiote expliquent l’augmentation de l’hormone intestinale impliquée et les mécanismes responsables de ces effets. Pour cela, des souris sans microbiote (axéniques) seront exposées à des microbiotes provenant soit d’autres souris avec ou sans malabsorption du fructose, soit d’êtres humains atteints ou non de SII, avec ou sans hypersensibilité intestinale. Les chercheurs analyseront la composition bactérienne, les substances produites par les bactéries, les caractéristiques de l’intestin et la production de l’hormone d’intérêt en fonction du microbiote donné

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Le bénéfice attendu de ce projet est d’identifier un lien direct entre l’augmentation de l’hormone d’intérêt et les changements du microbiote observés dans un contexte de malabsorption du fructose et d’hypersensibilité viscérale, notamment chez les patients souffrant du syndrome de l’intestin irritable. De plus, il s’agira de déterminer le mécanisme de régulation de l’hormone intestinale d’intérêt par d’éventuels métabolites bactériens dans certaines régions spécifiques de l’intestin. Ces travaux permettront d’identifier de nouvelles voies de régulation de cette hormone, avec la perspective de les exploiter comme cibles thérapeutiques pertinentes. Compte tenu de la forte prévalence du SII, il est crucial de décrypter les mécanismes sous-jacents aux symptômes physiologiques de ce syndrome.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Les femelles gestantes vigiles seront soumis à deux gavages oraux. L’ensemble des animaux auront un prélèvement sanguin et une collecte de fecès. Ces interventions sont de l’ordre de quelques secondes et seront effectuées sur animaux vigiles.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Les animaux seront soumis à un stress sur des temps très courts au cours de la contention nécessaire lors des deux gavages (moins de 5 secondes) et des prélèvements de sang. Douleur légère au point du prélèvement de sang. Les animaux pourraient ressentir un stress modéré lorsqu’ils seront déplacés de leur isolateur d’élevage à leur isolateur expérimental et un léger stress lors de la collecte de féces. Ces nuisances liées à l’ensemble des gestes réalisés sur les souris seront au-dessus du seuil réglementaire.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

L’ensemble des animaux sera euthanasié afin de prélever certains tissus.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

À ce jour, aucun modèle ou technique in vitro ou ex vivo ne permet de reproduire les interactions complexes entre le fructose, le microbiote et l’intestin. Le recours à des animaux est donc indispensable pour intégrer et analyser de manière globale les données génétiques, du microbiote, de l’alimentation, ainsi que les informations biologiques obtenues à partir des dosages hormonaux dans le sang et des analyses des tissus intestinaux.

2. Réduction

3R / Réduction :

Nous avons prévu d’inclure 12 souris par groupe expérimental et par sexe (mâles et femelles) afin d’obtenir des résultats fiables et significatifs. Ce nombre a été déterminé en prenant en compte la variabilité connue des réponses liées au microbiote, à son adaptation au fructose, et aux différences attendues entre mâles et femelles. Pour analyser les résultats, nous utiliserons des méthodes statistiques adaptées, en fonction du type de données recueillies, pour garantir des conclusions solides et précises.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Pour assurer le bien-être des animaux, plusieurs mesures seront mises en place : • Enrichissement du milieu de vie : Les souris disposeront de papier sopalin pour construire leur nid, d’un bâton à ronger, d’un abri en propylène rouge, ainsi que de deux hamacs pour réduire les risques de bagarres. • Habituation à la contention : Avant le démarrage des gavages, les animaux seront habitués à la contention afin de minimiser leur stress pendant les manipulations expérimentales. • Surveillance et suivi : Les souris seront surveillées visuellement chaque jour, et leur poids sera mesuré une fois par semaine. • Des points limites seront définis et en cas de dépassement de ceux-ci, les animaux concernés seront exclus de la procédure et euthanasiés. • Vie en groupe : Les souris seront maintenues en groupe.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Le modèle souris est largement utilisé dans les recherches sur les maladies gastro-intestinales, en raison de sa pertinence scientifique. Nous disposons de données préliminaires solides sur ce modèle, ce qui renforce sa pertinence pour cette étude. Les femelles gestantes seront âgées d’environ 11 semaines, car elles sont mises en reproduction lorsqu’elles sont matures sexuellement (~7-8 semaines). Les descendants étudiés seront âgés de 7 semaines au moment de l’analyse, ce qui correspond à l’âge adulte jeune chez la souris. Ce groupe de souris a suivi un régime riche en fructose à partir du sevrage, ce qui mime la consommation de fructose observée chez les adolescents/jeunes adultes humains (environ 10-25 ans), groupe démographique étant le plus grand consommateur de fructose dans la population humaine.