Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Plusieurs cas de transmission inter-humaine de maladies à prions ont été rapportés, liés pour certains à l’utilisation de dispositifs médico-chirurgicaux contaminés et traités par la suite de façon inappropriée (principalement lors de neurochirurgie). En effet, les prions présentent des spectres de résistance très étendus à la plupart des méthodes d’inactivation et de stérilisation classiquement utilisées vis-à-vis des agents infectieux conventionnels (bactéries, virus, champignons…). Par ailleurs, ces maladies transmissibles ont des périodes d’incubation très longues qui peuvent excéder la moitié de l’espérance de vie de l’espèce considérée (incubation jusqu’à 50 ans chez l’homme). En France, plusieurs circulaires et instructions de la Direction Générale de la Santé régissent le traitement de reconditionnement des dispositifs médicaux et chirurgicaux après utilisation vis-à-vis du risque lié aux prions. Ces textes prévoient notamment que des produits ou des procédés (autoclavage, fumigation…) puissent, dans des conditions précises d’application (concentration, temps, température…), revendiquer une élimination ou une inactivation des prions. Cependant, ces revendications doivent se faire sur la base d’études réalisées selon un « protocole standard prion », ou PSP, imposé par l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM), tel que défini en 2011 et révisé en 2018. Le projet présenté ici s’inscrit dans le cadre de ce protocole imposé par l’ANSM. Son objectif est d’étudier dans deux modèles animaux rongeurs l’efficacité de plusieurs produits/procédés pour nettoyer des dispositifs médicaux et chirurgicaux et de participer à l’optimisation de ce PSP qui est amené à évoluer dans le futur.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Les produits/procédés qui seront validés dans le cadre de ces études (démonstration d’une efficacité à éliminer et/ou inactiver les prions à un niveau identique ou supérieur à ceux des traitements d’efficacité maximale) seront inscrits dans la nouvelle liste des produits efficaces vis-à-vis des prions à paraître en 2027 : ces produits seront utilisés selon les mêmes paramètres (temps, concentration, température…) testés pour traiter les dispositifs médicaux utilisés lors d’actes à risque prion dans toutes les structures hospitalières françaises. Certaines variations de conditions d’utilisation des produits et procédés (mode d’exposition des outils et dispositifs, qualité de l’eau utilisée…) pourront permettre de faire évoluer le PSP dans le futur. Ces variations concernent les préparations des supports et n’ont pas d’impact sur la partie in vivo de cette étude.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Les animaux seront chacun soumis à une seule anesthésie générale, durant laquelle une tige métallique contaminée par les prions / décontaminée par le procédé à tester est implantée dans le cerbeau; L’intervention dure moins d’une minute par animal (durée anesthésie environ 15 minutes). Ils seront surveillés au quotidien (observation et manipulation des animaux sans anesthésie) pour la détection des signes cliniques (qui apparaissent après une incubation de 3 à 18 mois chez le hamster, et de 6 à 24 mois chez la souris). Au terme de l’étude, les animaux sont euthanasiés.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Dans ce projet, des nuisances ou effets indésirables pourront être observés selon les interventions : Nuisances liées à l’anesthésie (temporaires au cours de la seule anesthésie) Hypothermie, difficultés au réveil, Nuisances liées à l’implantation intracérébrale des tiges métalliques Douleur temporaire liée à l’implantation, lésions durables (rares) se manifestant souvent par un port de tête incliné Nuisances liées au développement des maladies à prions Agressivité, troubles du comportement, hypersensibilité, tremblements, troubles de l’équilibre, troubles moteurs, perte de poids Développement de maladies intercurrentes Durant la longue période d’incubation des animaux (jusqu’à 18 mois chez le hamster et 24 mois chez la souris), des maladies intercurrentes liées à l’âge (principalement tumeurs, perte de poids) peuvent être observées.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Les animaux seront tous euthanasiés afin de pouvoir confirmer la suspicion de diagnostic clinique : en effet, le diagnostic définitif de maladie à prion (également chez l’Homme) n’est possible qu’après avoir mis en évidence dans le cerveau des individus concernés soit des lésions spécifiques (histologie), soit la présence de la forme anormale de la protéine prion par technique biochimique

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Dans un premier temps, les différents traitements sont testés in vitro afin d’identifier ceux inefficaces ou avec une efficacité très limitée (

2. Réduction

3R / Réduction :

Le nombre optimal d’animaux dans chaque groupe est défini par le PSP (équilibre entre réduction du nombre d’animaux et pertinence statistique) : « * Pour la gamme contrôle (supports contaminés avec des doses décroissantes de prion afin de juger par comparaison de l’efficacité des traitements) : un minimum de 4 animaux pour les trois concentrations les plus importantes, et un minimum de 8 animaux (préférentiellement 12 pour renforcer la puissance statistique de l’étude) pour les autres dilutions. * Pour les traitements évalués et les traitements de référence : un minimum de 12 animaux inoculés par traitement, à raison de 4 animaux pour chacun des triplicats de traitement ».

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les interventions (implantation des tiges métalliques et des puces d’identification) seront réalisées concomitamment pour ne réaliser qu’une seule anesthésie générale par animal. Dans ce projet, des nuisances ou effets indésirables pourront être observés selon les interventions : Lorsqu’ils sont anesthésiés, les animaux sont couchés dans leur cage sur des essuie-tout et placés sous lampe chauffante durant la période de réveil. Les protocoles d’anesthésie sont optimisés en fonction des espèces pour limiter les effets indésirables. Lors des interventions, l’animal est positionné sur un tapis chauffant. Il n’est pas prévu d’analgésie en post opératoire pour éviter toute interférence avec l’installation de l’infection par les prions. Au regard de notre expérience passée les rongeurs supportent particulièrement ces protocoles sans manifester de douleur ou de symptômes particuliers avant la mise en place des signes cliniques liés à l’infection par les prions. Néanmoins, les animaux seront surveillés avec précaution durant les dix jours suivant l’inoculation. Durant cette période, les animaux recevront en cas de signe de douleur (prostration, tête penchée…), une injection d’analgésique. Les animaux seront hébergés en groupe dans un environnement enrichi. Ils seront surveillés cliniquement au quotidien par les expérimentateurs ou les zootechniciens en charge de l’animalerie tout au long de l’expérience, pour permettre une intervention de manière appropriée dès le moindre signe de souffrance. A l’installation de signes neurologiques spécifiques des maladies à prions (tremblements, hyperexcitabilité) ou des points limites définis, qu’ils soient liés ou non à l’inoculation, les animaux seront euthanasiés. Le diagnostic clinique sera confirmé par la mise en évidence post mortem de protéine prion pathologique (PrPres) dans le cerveau par technique in vitro.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

La souche prion requise par l’ANSM est la souche de référence pour la validation de procédures de décontamination vis-à-vis du prion, compte tenu de son potentiel de résistance vis-à-vis des principales méthodes physiques et chimiques. Cette souche a été sélectionnée et développé chez le hamster syrien, ce qui en fait le seul hôte permissif de cette souche de prion . Pour la souche de prion humaine testée dans cette étude, (responsable de la maladie de la vache folle che l’Homme), nous avons privilégié le modèle rongeur (souris) le plus sensible connu, Pour ces deux espèces, les animaux approvisionnés sont de jeunes adultes (8 semaines), pour être compatibles avec une incubation pouvant aller jusqu’à 18 mois (hamsters) ou 24 mois (souris).