Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Ce projet consiste à évaluer la pathogénicité des agents infectieux (virus/toxine) entrant dans la fabrication de vaccins destinés à l’Homme. Le but est soit : • De s’assurer de la bonne inactivation de l’agent infectieux et ainsi éviter une éventuelle transmission de ce dernier. • De vérifier la virulence biologique d’un lot de semence avant utilisation en production. Les tests de pathogénicité sont des tests de contrôle qualité interne définis par les dossiers d’Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) et par les référentiels réglementaires internationaux : • OMS (TRS 941) • Pharmacopée Européenne (monographie n°1356) Ils peuvent également être réalisés : • Pour les évaluations de stabilité des vaccins requises par la réglementation. • Pour documenter les dossiers de validation de procédés, de matériels et/ou de bâtiments afin de vérifier que les changements réalisés n’ont pas d’impact sur la qualité des vaccins produits.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Les bénéfices attendus pour ce projet sont la mise sur le marché (ou éventuellement l’utilisation en essai clinique) de lots de vaccins conformes aux textes réglementaires cités en 3.3.2.1, et ainsi l’amélioration de la qualité de vie des patients.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

1 seule injection par voie intracérébrale sous anesthésie gazeuse ou 1 seule injection par voie intrapéritonéale est réalisée sur les souris. 1 injection par voie intradermique est réalisée sur les souriceaux. 1 injection par voie sous cutanée est réalisée sur les cobayes. Ces différents types d’injection durent moins de 10 secondes.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Les nuisances subies par les animaux de ce projet sont très variables : • Une injection de produit par voie intracérébrale chez la souris pour la procédure gradée modéré, ne provoquant normalement pas d’effet • Une injection de virus rabique par voie intracérébrale ou intrapéritonéale pouvant provoquer la mort des souris (procédure sévère) • Une injection de produit en intradermique chez le souriceau pouvant provoquer des nécroses et pouvant aller jusqu’à leur mort (procédure sévère). Les souriceaux subissent également une injection intrapéritonéale (ou per os) d’euthanasiant. • Une injection de toxine en sous-cutanée chez le cobaye provoquant leur mort (procédure sévère)

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Les 4 procédures du présent projet ne permettent pas la réutilisation des animaux, qui ont tous subi des injections de composés vaccinaux, potentiellement pathogènes. Ils ne peuvent donc pas être inclus dans un autre test sans risque d’apporter un biais ou un risque sanitaire (virus rabique = classe 3).

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Arrêt des vaccins rabiques actuels et remplacement par un vaccin nouvelle génération sans test in vivo : cible 2026.

2. Réduction

3R / Réduction :

Le nombre d’animaux par groupe est défini par la réglementation. Le prévisionnel du nombre de lots à tester sur les 5 années à venir et la mise en place des stratégies d’arrêt de ces tests nous permettent de déterminer le nombre d’animaux nécessaires pour ce projet. Le dépôt réglementaire international pour la suppression des témoins positifs dans la procédure 3 utilisant des souriceaux est en cours, date cible 2026, ce qui entrainera une forte diminution du nombre de souris gradées sévères. La mise au point d’une méthode de marquage des souriceaux a permis de pouvoir diviser par 2 le nombre de mères utilisées : une mère peut garder avec elle les souriceaux inoculés avec 2 produits différents, vs 1 produit lorsque l’on ne marquait pas les souriceaux. La procédure 4 n’est plus qu’un test de caractérisation, à réaliser en cas de changement de procédés.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les injections intracérébrales sont faites sous anesthésie à l’isoflurane. Toutes les injections sont faites dans une zone séparée de l’hébergement. Les tests d’inactivation rage (procédure 1) ont comme point limite le cumul de 3 symptômes rabiques qui entrainent l’euthanasie des souris. Le dépôt réglementaire international pour la suppression des témoins positifs dans la procédure 3 utilisant des souriceaux est en cours, date cible 2026, ce qui entrainera une forte diminution du nombre de souris gradées sévères. Des récompenses alimentaires (graines et fruits secs) sont distribuées systématiquement après un acte technique. Cet ajout est également conseillé après tout acte jugé stressant.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Les espèces choisies doivent être sensibles à l’agent infectieux dont la pathogénicité est évaluée. Il s’agit de la souris et du cobaye, espèces décrites comme modèles dans les Pharmacopées en vigueur, ainsi que dans les rapports techniques de l’OMS. L’estimation du nombre d’animaux utilisés est basée sur le prévisionnel de production des vaccins, et sur la perspective d’arrêt de ces tests.