
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 11/07/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-951249)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
La maladie de Parkinson est une maladie neurodégénérative progressive avec destruction des neurones dopaminergiques. Les patients restent asymptomatiques jusqu’à ce que 50 à 70% des neurones à dopamine soient détruits. Trois symptômes moteurs principaux sont engendrés par cette perte neuronale : akinésie (difficulté d’initiation du mouvement, difficulté dans les mouvements fins), hypertonie (rigidité des membres) et tremblements (survenant au repos). Cependant les premiers signes de la maladie sont des symtômes non moteurs (trouble du sommeil, dépression, constipation, perte de l’odorat…), ces symptômes persistent après l’apparition des symptômes moteurs. Le premier objectif de ce projet va être mettre en place des modèles d’animaux développant un parkinsonisme léger afin d’étudier les symptômes non moteurs de la maladie et d’essayer de les corriger avec de nouvelles molécules développées au sein de notre laboratoire. Un deuxième objectif sera de tester nos nouvelles molécules sur des modèle de rats présentant les signes moteurs de la maladie de parkinson. Ces différents stades de la maladie de parkinson seront obtenus en injectant en intracérébral un composé ciblant spécifiquement les neurones dopaminergiques à des doses plus ou moins importantes. Une des activités de notre centre de recherche est de développer de nouvelles molécules ayant pour cible le système nerveux central. Les effets de nos molécules seront évalués sur ces modèle de rats parkinsoniens à l’aide de tests comportmentaux (motricité, dépression, anxiété….).
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Les procédures mises en oeuvre permettront d’évaluer la capacité de nouvelles entités pharmacologiques à moduler les symptômes autistiques observés. A long terme, ce projet permettra de générer des données scientifiques pré-cliniques indispensables au processus de développement de nouveaux candidats médicaments, notamment avant le passage en phase de tests cliniques.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les rats vont recevoir sous anesthésie une administration intracérébrale d’un composé qui ciblera spécifiquement les neurones dopaminergiques. Cette intervention durera maximum 30 minutes. La destruction partielle des neurones dopaminergique sera à l’origine de troubles non moteurs (dépressions, anxiétés, troubles cognitifs) ou moteurs. Les animaux vont suivre une batterie de tests comportementaux (maximum 1 par semaine et 8 tests maximum par rat) sur une durée de 2 mois après la lésion. Ces tests comportementaux permettront d’évaluer les effets de nouveaux composés sur les symptômes non moteurs tels que la dépression, l’anxiété, les troubles de la mémoire et sur les symptomes moteurs (problèmes de locomotion). Les animaux seront hébergés individuellement le temps de la récupération postchirurgicale (3 jours) et 4 jours maximum lors de certains tests comportementaux.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les nuisances attendues sur les animaux peuvent avoir plusieurs origines : – nuisances liées au geste chirurgicale proprement dit. – nuisances liées à l’administration du composé (difficultés à se mouvoir ou à se nourrir, perte de poids). – problème de tolérance aux nouveaux produits à tester. -Légère douleur liée à l’administration du produit. -Stress lié à la contention lors de l’administration des traitements ou stress lié aux tests comportementaux. -Hébergement individuel des animaux pendant la récupération postopératoire et lors de certains tests comportementaux (maximum 4 jours).
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
L’ensemble des animaux seront mis à mort à l’issue des procédures. En effet la lésion intracérébrale ne permettra pas une réutilisation des animaux dans d’autres procédures. De plus les traitements pharmacologiques ou les tests comportementaux pourraient interragir avec d’autres expérimentations.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
L’objectif du projet est d’évaluer les effets de nouvelles molécules sur un animal présentant des symptômes de la maladie de parkinson. Installer un modèle de parkinson et évaluer des comportements ne peuvent se faire que sur un animal vigile. Il n’existe pas à ce jour de méthode de substitution (in vitro ou in silico) suffisante pour répondre aux objectifs scientifiques de ce projet.
2. Réduction
En raison de la variabilité liée aux études comportementales, un effectif de 10 animaux est nécessaire pour la robustesse des tests statistiques. Il existe un taux d’échec des lésions de l’ordre de 30%. Ainsi afin d’avoir un nombre suffisant d’animaux pour les tests statistiques, 14 animaux par groupe au moment de la chirurgie seront nécessaires. Les tests de plusieurs molécules ou plusieurs doses d’une même molécule pourront être groupés afin de n’utiliser qu’un seul groupe témoin et le cas échéant qu’un seul groupe recevant une molécule de référence.
3. Raffinement
Les animaux sont hébergés en animalerie centrale (température et hygrométrie contrôlées) groupés par 2 à 4 par cage. Une période de 5 jours d’acclimatation après livraison est prévue avant toute expérimentation. Tout au long des études les animaux sont hébergés dans des cages adaptées à l’espèce avec la présence d’enrichissement de milieu (tunnel, balle, aspen bricks à ronger, graines de tournesol….) et avec accès à l’eau et à la nourriture. Une fois par semaine, les rats seront placés dans une enceinte plus grande avec des aménagements types échelles, plateformes, roue d’activité….Les animaux sont observés chaque jour (week-end compris), une fiche de contrôle du bien-être animal comprenant 30 critères est renseignée chaque semaine. Les membres de la structure bien-être animal effectuent une observation mensuelle de tous les animaux. La chirurgie sera réalisée sous anesthésie gazeuse avec administration d’analgésiques. Dans le suivi postopératoire est prévue une administration d’analgésie de manière systématique les 2 jours suivant la chirurgie. Si 3 jours après le réveil, l’animal présente des signes de mal-être (non reprise de poids, poil hérissé, absence de toilettage, prostration, absence de fèces….) alors il sera euthanasié.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le modèle parkinson après lésion intracérébrale chez le rat est largement caractérisé dans la littérature. Le cerveau du rat est suffisamment gros pour permettre d’avoir une neuroanatomie particulièrement bien détaillée et il existe de très bons atlas permettant des implantations précises. Les rats ont un système nerveux suffisamment évolué pour extrapoler certains résultats à l’homme sans avoir à utiliser des modèle primates non humains. Les conditions d’hébergements en animalerie sont raisonnables et permettent d’avoir des effectifs suffisants pour obtenir des résultats statistiquement robustes. Les rats seront utilisés à l’âge adulte. En effet les coordonnées qui permettront de déterminer les sites d’injections intracérébrales sont obtenues à partir d’atlas définis pour des animaux adultes. Les expérimentations seront effectuées sur des mâles comme classiquement décrit dans la littérature. L’utilisation d’animaux femelles pourra cependant être considérée selon les nécessités du projet.