
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 09/09/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-445972)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Le fer est essentiel pour de nombreuses fonctions physiologiques, comme la synthèse de l’ADN, la production de l’hémoglobine (indispensable au transport de l’oxygène dans les globules rouges), et la production d’énergie. Il existe sous deux formes principales, à savoir le fer ferrique, peu soluble mais stable, et le fer ferreux, plus soluble mais réactif. En excès, le fer peut générer des espèces réactives de l’oxygène qui peuvent créer des dommages aux cellules et déclencher une forme de mort cellulaire appelée ferroptose. Chez l’Homme, des mutations dans un certain nombre de gènes conduit à des surcharges sévères en fer dans l’organisme induisant des lésions tissulaires. Les manifestations de cette pathologie peuvent inclure des symptômes systémiques, des dysfonctions hépatiques (pouvant favoriser le développement d’un cancer du foie), une cardiomyopathie, un diabète, ainsi que des arthropathies, parmi d’autres complications. Ces maladies héréditaires sont appelées hémochromatoses et peuvent concerner environ 1 personne sur 1000 en France. Les concentrations de fer dans le sang et les organes sont strictement régulés pour limiter sa toxicité. Les macrophages, notamment dans la rate et le foie, contribuent à recycler le fer en éliminant les globules rouges vieillissants. Les cellules de Kupffer, des macrophages (globules blancs qui ont une fonction de nettoyage et de surveillance immunitaire) situés dans le foie, sont essentielles dans ce processus de recyclage. Dans certaines pathologies, comme l’anémie hémolytique, ces cellules de Kupffer peuvent souffrir et être remplacées par des macrophages d’une autre origine. Ce remplacement a des conséquences potentielles sur l’accumulation de fer dans certains organes, pouvant entraîner des dommages aux reins. Cette étude explore le rôle d’une molécule exprimée par les cellules de Kupffer (mais également d’autres types de macrophages) pour déterminer si celle-ci contribue à la survie et au maintien de ces macrophages dans le foie en condition normale et en cas de surcharge en fer.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Le fer est un composant essentiel de l’hémoglobine (une protéine des globules rouges) et est essentiel au transport de l’oxygène chez les vertébrés. À l’état stable, la production de globules rouges est en équilibre avec leur élimination. Cependant, dans diverses conditions physiopathologiques, la durée de vie des globules rouges est gravement compromise, ce qui menace l’organisme d’anémie et d’une toxicité au fer. Ces anémies dites hémolytiques peuvent avoir plusieurs origines et notamment être d’origine métabolique, génétique comme pour la drépanocytose ou bien encore relever de désordres auto-immuns. Dans ce contexte, ce projet vise à mieux comprendre le rôle et l’importance que jouent les macrophages (origine, quantité tissulaire, activation, fonction) et en particulier ceux qui sont présents dans le foie, mais aussi dans la rate ou la moelle osseuse, dans le recyclage du fer et l’équilibre production-élimination des globules rouges.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Un premier groupe d’animaux recevra une administration de fer par injection unique (animal vigile, quelques secondes de contention). Un deuxième groupe recevra une administration (injection unique, animal vigile, quelques secondes de contention) d’une molécule favorisant une anémie hémolytique. Un troisième groupe d’animaux recevra deux injections sous anesthésie générale (durée de quelques minutes) dans la journée, puis le lendemain une administration de fer par injection unique (animal vigile, quelques secondes de contention) suivie de deux prises de sang (animal vigile, durée 1-2 minutes) à quelques jours d’écart. Un quatrième groupe recevra une administration de fer par injection unique (animal vigile, quelques secondes de contention) puis 2 semaines plus tard une administration de globules rouges ou de bactéries par une injection unique sous anesthésie générale. Un cinquième groupe recevra une administration de fer par injection unique (animal vigile, quelques secondes de contention), puis des traitements par injection (animaux vigiles, quelques secondes de contention) de molécules tous les deux jours, 6 fois. Pour le dernier groupe, les animaux seront placés dans des compartiments (mouvements limités) d’une boîte transparente en même temps que d’autres congénères (contact visuel et olfactif) pour subir une irradiation de faible dose (5 à 10 mins) suivie d’une injection sous anesthésie générale. 2 semaines plus tard, une prise de sang sera effectuée (animal vigile, durée 1-2 minutes) avant une administration de fer par injection unique (animal vigile, quelques secondes de contention). En fin de procédure, tous les animaux seront anesthésiés pour permettre une prise de sang terminale puis euthanasiés (toujours sous anesthésie générale).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les manipulations des animaux pourront induire un stress de courte durée. Les administrations pourront induire une brève et légère douleur au point d’injection. Les injections répétées peuvent induire un risque d’infection (cas rare). Les prélèvements sanguins pourront induire une douleur de courte durée ainsi qu’un risque faible d’hématome ou d’hémorragie. Les animaux irradiés (doses modérées) pourront être stressés au cours de l’irradiation par le maintien de courte durée (5 à 10 mins) dans une petite boîte (mais sans perte visuel ni olfactive de leurs congénères). Ils pourront aussi être plus sensibles aux infections pendant quelques jours. Les courtes anesthésies générales pour les injections pourront engendrer un stress thermique et l’injection une douleur temporaire au réveil. Certains traitements pourront induire une inflammation temporaire, ou une anémie de transitoire et être source d’inconfort et être associée à une perte de poids temporaire des animaux.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Des prélèvements et analyses post-mortem sont nécessaires ce qui implique l’euthanasie des animaux (1360 total) à la fin de chaque procédure.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Il n’est aujourd’hui pas possible de recréer in vitro la complexité d’un organisme entier avec tous les acteurs cellulaires qui rentrent en jeu et la répercussion de leur activité sur le fonctionnement tissulaire en condition saine ou pathologique. Dans le cas présent, l’animal dans son intégrité est nécessaire pour étudier l’impact de l’inactivation de notre gène d’intérêt dans les macrophages (présents dans tous les organes) sur leur homéostasie mais également sur les répercussions systémiques telles que l’homéostasie du fer.
2. Réduction
Un total de 1360 souris sera nécessaire pour la mise en œuvre de ce projet. La taille des groupes expérimentaux est optimisée de manière à réduire au maximum le nombre d’animaux utilisés pour le projet, tout en conservant une puissance statistique suffisante pour pouvoir obtenir des résultats significatifs et reproductibles. Sur la base de notre d’expérience utilisant des approches similaires et à l’aide d’un calcul de puissance, nous estimons que 2 lots de 8 animaux par condition seront suffisants pour obtenir des résultats statistiquement significatifs. A l’issue des expérimentations, nous adapterons chaque test statistique en fonction du type de résultats et d’analyse à effectuer. Dans la mesure du possible, et quand cela est techniquement possible, les groupes expérimentaux partageant un même groupe contrôle seront analysés en parallèle afin de limiter le nombre d’animaux requis pour l’étude.
3. Raffinement
Les conditions d’hébergement sont conformes à la réglementation, les animaux disposent de nourriture et d’eau ad libitum. Les animaux sont hébergés en groupe sociaux dans les conditions réglementaires d’hébergement avec respect des cycles jour/nuit, un contrôle de l’hygrométrie et de la température. Les changes litière/nourriture sont effectués de façon hebdomadaire avec surveillance quotidienne par le personnel de l’animalerie. Les souris disposeront de lanières de kraft, favorisant la nidification et diminuant ainsi leur stress. Nous nous efforçons à chaque instant de raffiner nos procédures afin de garantir le bien-être des animaux en cours de procédure grâce à une surveillance attentive (point limite), le recours à l’anesthésie si nécessaire et la mise en place de soins adaptés. Les points limites prennent en compte des critères variés tels que l’observation du comportement, l’aspect général de l’animal, son niveau d’activité, ainsi que son poids corporel. Si un animal présente des signes de détresse, des mesures immédiates sont prises pour garantir son confort et sa santé. Avant début des expérimentations les animaux seront habitués à être manipulés afin de réduire leur stress. Pour toutes les procédures, les injections, les administrations de molécules ou les prélèvements sanguins seront réalisées par une personne en charge de l’étude, habilitée à réaliser les expérimentations sur ce modèle, maîtrisant le geste et avec un matériel adapté afin de réduire le stress et la douleur des animaux.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris est la seule espèce de mammifère pour laquelle des invalidations géniques et spécifiques de certains tissus et cellules peuvent être facilement réalisées et notamment pour l’études des macrophages. De plus, de nombreuses lignées ont déjà été développées et sont donc disponibles pour les chercheurs. La physiologie murine est proche de celle de l’Homme, justifiant ainsi l’utilisation de cette espèce à des fins de recherche thérapeutique en médecine humaine. Les animaux utilisés devront avoir atteint l’âge adulte au début des expérimentations pour avoir un système immunitaire mature. Ils seront donc utilisés à partir de l’âge de 8 semaines.