
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 29/09/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-413866)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’amélioration de la résistance des élevages aux maladies infectieuses est nécessaire pour promouvoir le bien-être des animaux, de même que pour contribuer à la réduction de l’utilisation d’antimicrobiens. Parmi les maladies fréquemment rencontrées en élevage, la coccidiose du poulet est particulièrement intéressante en raison de son fort impact économique. L’objectif de ce projet est d’explorer et de comparer la sensibilité, l’infectiosité, la durée d’infection, la tolérance et la croissance compensatrice chez deux races de poulets suite à une infection. L’une des races étant décrite comme résistante à la coccidiose et l’autre étant une lignée commerciale. Nous regarderons et analyserons les différences entre animaux et entre génétiques, de même que les mécanismes de transmission de la maladie.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
La coccidiose est une des maladies les plus fréquentes chez les volailles. Pourtant, à ce jour, aucune donnée n’est disponible concernant la variabilité inter-individuelle au sein des poulets de chair concernant la sensibilité, l’infectiosité, la durée d’infection, la tolérance et la capacité de croissance compensatoire après une infestation. Notre projet est donc une première étape pour estimer le potentiel de la sélection génétique sur ces caractères. A plus long terme, ce projet permettra l’utilisation des courbes de poids individuelles pour retracer la dynamique d’une épidémie au sein d’une large population, étape nécessaire pour estimer des paramètres génétiques pour des caractères dits « sociaux » tels que la sensibilité et l’infectiosité. Il permettra également d’orienter la sélection génétique sur des caractères favorisant la santé animale face à une maladie infectieuse en prenant en compte les mécanismes de transmission d’un animal à un autre.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Sur les 48 parquets de 6 poulets chacun, 42 poulets seront soumis à une infestation coccidienne expérimentale unique. L’inoculation se fera, sur animaux vigiles, à 6 jours d’âge et chaque inoculation durera moins de 20 secondes. Les 288 poulets du projet auront 24 pesées individuelles et 22 prélèvements par écouvillon cloacal. Les pesées sans prélèvement (au nombre de 2) seront faites sur animaux vigiles et la durée sera inférieure à 10 secondes par animal. Les pesées avec prélèvement (au nombre de 22) seront faites sur animaux vigiles et la durée sera de 30 secondes maximum. Les 288 poulets du projet auront une prise de sang à 5 jours et, parmi eux, 240 poulets en auront une seconde à 35 jours. Chaque prélèvement se fera sur animal vigile et durera moins de 15 secondes.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les effets négatifs sur les animaux sont liés à l’infestation coccidienne, aux prises de sang et aux prélèvements par écouvillons cloacaux. Infestation : présence de signes subcliniques transitoires, sur 24h (48h maximum), au moment du pic d’excrétion des coccidies, soit environ 4 à 7 jours d’après l’infestation. La contention lors des inoculations peut également engendrer un stress léger et passager pour l’animal. Prises de sang : douleur légère et transitoire (inférieure à 15 secondes) générée par la pénétration de l’aiguille et stress léger et passager lors de la contention. Prélèvements cloacaux : stress léger et passager lors de la contention.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux seront mis à mort en fin d’expérimentation à des fins de prélèvements du tube digestif pour la recherche et le dénombrement de lésions liées à la coccidiose.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Avant la mise en place de ce projet, nous avons développé un modèle in silico de simulation d’une épidémie de coccidiose en élevage. Ce modèle se base cependant sur de fortes hypothèses et ne prend pas en compte la variabilité inter individuelle. A ce jour, il n’existe pas de méthodes pour étudier les réponses physiologiques individuelles des individus face aux parasites (ici les coccidies) auxquels ils sont exposés. En effet, le développement d’une coccidiose et la réaction à la maladie (sensibilité, tolérance…) varient fortement d’un animal à l’autre. Enfin, l’analyse des contenus digestifs en fin de procédure, nécessite obligatoirement le recours à des animaux.
2. Réduction
Dans notre projet, les 288 poulets sont répartis en trois modalités dont 36 poulets dans la modalité témoin (6 répétitions de 6 animaux). Nous avons réduit le nombre d’animaux au minimum nécessaire, pour d’une part maintenir des relations sociales (6 animaux par répétitions) et d’autre part pour trouver des différences significatives sur la base de l’indice de consommation (6 répétitions). Dans les 2 autres modalités infestés par la coccidiose, les 21 répétitions par modalité sont nécessaires pour détecter des différences significatives de sensibilité et d’infectiosité entre les deux lignées génétiques. Aussi, avec 252 animaux au total dans ces deux modalités (126 par lignée génétique), nous aurons le nombre d’animaux nécessaires pour réaliser des statistiques fiables et trouver des différences significatives pour évaluer les caractères « individuels » comme la durée d’infection ou les caractères liés au poids (tolérance et rapidité de la croissance compensatrice)
3. Raffinement
Les animaux seront élevés dans des parquets (petits enclos où se trouvent les poulets), au sol sur des copeaux et en groupe (6 par parquet) afin de créer des relations sociales. Des ficelles et des pierres à piquer seront installées dans chaque parquet en tant que matériel d’enrichissement. Les animaux seront hébergés dans des conditions optimales d’alimentation et de soins, selon des normes mieux-disantes que celles prévues par la règlementation. Dans ce projet, nous avons porté une vigilance particulière aux conséquences de l’infestation que nous avons choisi : il n’entrainera ni mortalité, ni signes cliniques sévères. Seuls des réductions de consommation alimentaire et des ralentissements de croissance sont attendus. Toutes les contentions seront réalisées dans le calme par des personnes expérimentées. Afin de limiter le nombre de contentions, les prélèvements cloacaux se feront juste après la pesée. Le matériel de pesée sera adapté à la taille et à la morphologie des animaux. Lors des prélèvements de sang nous utiliserons une garde d’aiguille pour sécuriser le prélèvement. Une grille d’évaluation du bienêtre des animaux, basée sur leur comportement et leur état de santé, est complétée quotidiennement par le personnel animalier afin de détecter toute altération de leur état de bien-être. Pour chaque paramètre d’atteinte au bien-être, nous avons défini plusieurs niveaux d’action.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
S’agissant d’un objectif finalisé sur la santé des volailles, le choix du poulet (gallus gallus) a été fait car il s’agit l’espèce majeure sur le terrain et un modèle reconnu par la filière. Les poussins arriveront dans notre élevage à 1 jour d’âge mais l‘infestation coccidienne n’aura lieu qu’à 6 jours d’âge. Cela permettra d’avoir des premières excrétions d’oocystes entre 10 et 20 jours, âge auquel les infestations aux coccidies apparaissent en élevage. Nous étudierons ensuite les animaux infestés sur toute la durée d’élevage, c’est-à-dire jusqu’à 35 jours.