Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Les lésions de la moelle épinière posent un véritable défi médical, en particulier parce qu’elles touchent souvent des personnes jeunes en bonne santé. Si les pertes de mouvements ou de sensations sont bien connues, on parle moins souvent des troubles du système nerveux autonome qu’elles entraînent. Parmi eux, la dysréflexie autonome est l’un des plus graves : il s’agit de crises soudaines de très forte tension artérielle, souvent accompagnées d’un ralentissement du cœur, qui peuvent mettre en danger la vie du patient. Ces épisodes, imprévisibles et difficiles à maîtriser, nuisent fortement à la qualité de vie. Des recherches chez le rat ont montré que certaines molécules agissant sur les systèmes de communication du cerveau, notamment celui impliquant la sérotonine, peuvent améliorer la récupération motrice. Or, ce même système joue aussi un rôle dans la régulation du cœur et de la pression artérielle. Nous avons donc élargi notre approche pour tester si ces traitements pouvaient aussi agir sur les fonctions autonomes. Les premiers résultats sont encourageants : en plus de l’amélioration des mouvements, on observe une régulation partielle de la pression artérielle au repos. Mais cela ne suffit pas : pour vraiment évaluer l’efficacité d’un traitement, il faut aussi le tester dans des situations où le système nerveux est fortement sollicité, comme pendant une crise de dysréflexie. Ces crises traduisent un déséquilibre brutal du système nerveux autonome, en l’absence de contrôle normal venant du cerveau. En testant des traitements dans ce contexte, nous cherchons à mieux comprendre les mécanismes impliqués, à identifier de nouvelles pistes thérapeutiques, et à terme, à prévenir ces crises dangereuses. L’objectif est clair : améliorer la stabilité et la sécurité de vie des patients.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Les lésions situées dans la partie haute de la moelle épinière ont un impact majeur sur la vie des personnes concernées. En plus des paralysies et pertes de sensation bien connues, elles provoquent aussi des troubles importants du système cardiovasculaire. Parmi eux, la dysréflexie autonome — une réaction excessive et incontrôlée du système nerveux — peut parfois mettre en danger la vie du patient. Certaines molécules qui agissent sur les voies de communication du cerveau, notamment celles impliquant la sérotonine, ont montré qu’elles pouvaient limiter certains effets liés à ces lésions. À court terme, notre objectif est d’améliorer l’état général des patients en stabilisant leur tension artérielle et en diminuant la gravité de ces crises. Cette approche ouvre la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques pour mieux accompagner les personnes vivant avec une lésion de la moelle épinière.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

80 animaux seront soumis à 2 chirurgies successives de maximum 1h chacune. Ils seront soumis ensuite à un hébergement individuel sans enrichissement pendant 48h pour permettrait leur traitement post-lésionnel, puis encore 5 jours pour suivre leur reprise de la fonction disgestive. 15 jours après la 2ème chirurgie, ils seront soumis à un test de scoring moteur de 3 minutes sur un tapis roulant. Enfin encore 1 semaine après, 40 animaux seront isolés temporairement 1h maximum tous les jours où ils subiront des épisodes de dysreflexies autonomes (réponse spinale reflexe entrainant une hypertension et une bradycardie). Ces sessions seront au maximum de 20. 40 autres animaux ayant subit les 2 chirurgies seront aussi hébergés temporairement seuls pour subir des épisodes de dysreflexies autonomes, pendant 2h maximum mais un seul jour. Ces mêmes rats seront injectés quotidiennement (moins d’une minute) en sous-cutanée et sous lésionnel (traitement chronique). Enfin, ils subiront 4 sessions d’1h30 d’enregistrement où leur fréquence cardiaque intrinsèque sera enregistrée entrainant un stress et un inconfort transitoire.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

La première chirurgie peut induire une douleur transitoire pendant les jours suivant l’intervention, malgré une analgésie. Puis la lésion de la moelle épinière (2ème chirurgie) va induire chez les animaux les mêmes problèmes que ceux rencontrés par les patients ; des difficultés locomotrices du train arrière pouvant être largement compensées par les pattes avant et une cage d’hébergement adaptée en hauteur et des problèmes cardiovasculaires (tachycardie et hypotension orthostatique). Les sessions de dysréflexie ne doivent pas induire de douleurs (stimuli sous la lésion – absence d’intégration sensorielle) mais induisent un stress limité (environnement restreint pendant 30 minutes) et peuvent entraîner un inconfort lié à la réponse spinale reflexe associée à une bradycardie et une hypertension transitoire. Les injections quotidiennes ne devraient pas induire de nuisances car sous lésionnelle. Par contre les 4 sessions pour évaluer l’implication des systèmes autonomes dans les paramètres cardiovasculaires (test dit de la balance) peuvent induire du stress ou de l’inconfort pour les animaux.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Les animaux seront mis à mort après chaque procédure. Nous avons besoin des tissus pour faire des analyses immunohistochimiques d’organes cibles

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Ce projet éthique s’inscrit dans un programme de recherche plus large. Des premières études ont montré que certaines voies de communication entre les neurones, notamment celles impliquant des messagers comme la sérotonine, jouent un rôle dans les troubles cardiovasculaires observés après une lésion haute de la moelle épinière. Ces systèmes de régulation sont complexes, car ils font intervenir de nombreux types de récepteurs, présents à la fois dans le cerveau et dans le reste du corps. À ce jour, il n’existe pas de modèle permettant de prédire précisément les effets de ce type de lésion sur ces mécanismes.

2. Réduction

3R / Réduction :

Nous avons déterminé le n des lots en fonction des premiers résultats obtenus dans de précédents projets et grâce à la bibliographie. Nous ferons des séries de 6 animaux maximum afin de pouvoir évaluer au fur et à mesure les données et ne pas avoir à utiliser plus d’animaux que nécessaire. L’utilisation du capteur de télémétrie permet de faire le criblage de l’ensemble des molécules sur chacun des rats et donc de réduire le nombre utilisé.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les soins apportés aux animaux après la chirurgie (lésion de la moelle épinière) s’appuient sur notre expérience et sur des recommandations publiées par d’autres équipes travaillant sur des modèles similaires. Ces soins ont été validés par la structure de bien-être animal et l’équipe vétérinaire. L’anesthésie est réalisée par voie gazeuse et une analgésie multimodale est mise en place lors des deux interventions chirurgicales, combinant des médicaments morphiniques, des anti-inflammatoires et des anesthésiques locaux. Un traitement contre la douleur est ensuite maintenu pendant au moins trois jours. Après la lésion, les cages ont été spécialement aménagées pour tenir compte de la paralysie : abreuvoirs et mangeoires à hauteur accessible, tapis antidérapants pour faciliter les déplacements, alimentation liquide pendant les quatre premiers jours pour limiter les troubles digestifs, et vidange manuelle de la vessie plusieurs fois par jour selon l’état de récupération. Une antibiothérapie est également administrée pour prévenir les infections urinaires. Des points limites stricts, validés par l’équipe vétérinaire, permettent de suivre étroitement l’état des animaux. Dans le cadre de l’étude des dysréflexies autonomes, nous avons choisi d’utiliser de petites cages plutôt que les tubes de contention classiquement décrits, afin de réduire le stress pendant les enregistrements. Enfin, toutes les injections quotidiennes sont réalisées sous le niveau de la lésion pour éviter toute douleur ou inconfort.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Le rongeur est un modèle dont la physiologique reste malgré ses différences proches de celle l’humain. Le rat est particulièrement compatible avec notre projet car sa taille supérieure à celle de la souris permet de faciliter les chirurgies. De plus il existe de nombreux points communs entre le rat et l’humain quant à la réparation cellulaire de la moelle épinière. Enfin nous avons choisi le même modèle que sur l’ensemble des précédents projets éthiques Les animaux doivent être adultes pour le projet. De plus, le founisseur de capteur des mesures cardiovasculaires impose un poids minimum de 225-275gr à l’implantation (soit à 7/8 semaines d’âge environ) permettant au capteur d’être supporté par l’animal (ratio poids capteur/poids de l’animal).