
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 12/03/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-455947)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
La douleur chronique est étroitement liée aux troubles émotionnels et constitue la première cause d’invalidité dans le monde, impactant fortement la qualité de vie des patients. Elle représente également un enjeu socio-économique majeur, avec des coûts estimés à plus de 800 millions d’euros en Europe. Environ 30 % des personnes souffrant de douleur chronique développent des troubles anxieux ou dépressifs, soulignant la nécessité de stratégies thérapeutiques plus efficaces et adaptées. Cette étude vise à évaluer l’impact de la neuromodulation du cortex moteur et du cortex cingulaire antérieur comme approche thérapeutique sur un modèle murin de douleur associée à un état anxio-dépressif. Le protocole de stimulation utilisé est directement inspiré d’essais cliniques en cours chez l’humain, incluant deux modalités distinctes de neurostimulation, afin de favoriser la transposabilité des résultats. Ce projet financé par l’UE vise à adopter une approche de reverse translationnelle, c’est-à-dire partir des observations cliniques pour orienter les études précliniques. L’objectif est de mieux comprendre les mécanismes d’action impliqués et, à terme, d’améliorer les stratégies thérapeutiques. Les données cliniques préliminaires obtenues par nos collaborateurs indiquent une efficacité potentielle de ces approches, bien que certains patients demeurent résistants au traitement. Le recours à un modèle animal se justifie par la nécessité d’explorer les mécanismes neurobiologiques responsables de cette variabilité de réponse, d’identifier précisément les structures cérébrales et les populations neuronales impliquées et, in fine, d’optimiser les protocoles de neuromodulation pour une application clinique améliorée. Inscrit dans une démarche de recherche translationnelle, ce projet vise à rapprocher les modèles expérimentaux des pratiques cliniques. Il permettra de mieux comprendre les mécanismes d’action, les voies de signalisation impliquées et d’affiner les paramètres de stimulation. À terme, ces connaissances contribueront à orienter les choix thérapeutiques des cliniciens et à améliorer la prise en charge des patients souffrant de douleur chronique et de troubles émotionnels.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Cette étude vise à approfondir la compréhension des mécanismes neurobiologiques impliqués dans deux protocoles de neuromodulation actuellement en phase d’essais cliniques, dans le but d’en optimiser l’efficacité thérapeutique et, in fine, d’améliorer la prise en charge des patients présentant une douleur chronique associée à des troubles émotionnels.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
– Les animaux sont soumis à une douleur chronique avec développement de troubles anxio-dépressifs. – Les niamux subissent deux chirurgies espacées de 2 semaines. – Les chirurgies se déroulent sous anesthésie générale pour une durée maximale d’1h. – Les animaux subissent 3 tests évaluant la douleur (15 minutes en moyenne – stimulation courte de maximum 20 secondes) et 6 tests évaluant l’anxio-dépression (durée de 5 minutes par test). – Les animaux subissent un jeûne unique de 24h pour un test comportemental et un isolement unique de 24h pour un autre test avec un délai minimal d’une semaine entre les 2 tests. – Les animaux subissent une chirurgie terminale pour prélèvement de tissus sous anesthésie profonde pour une durée de 10 minutes.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
– La présence de la douleur et l’apparition du phénotype anxio-dépressif chez le modèle animal sont inévitables et ne peuvent pas être soulagées car c’est l’objet de l’étude. – Suite à la chirurgie, une légère difficulté dans les déplacements des animaux est attendue mais qui disparaît rapidement dans les 24 à 48h. – La douleur post-chirurgicale est aigue, transitoire et inflammatoire. – Les animaux subissent un stress aigu ainsi qu’une douleur transitoire et de faible intensité lors des tests de comportement.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
A la fin des procédures, les animaux sont mis à mort et le tissu cérébral est prélevé pour des analyses post-mortem.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Au vu de notre thématique d’étude, il nous est malheureusement impossible de remplacer notre modèle in vivo par un modèle in vitro ou in sillico. En effet, l’étude de la douleur et de la comorbidité anxio-dépressive nécessite une observation comportementale, uniquement possible chez un animal vivant et vigile.
2. Réduction
Les expériences seront réalisées avec la volonté de réduire autant que possible le nombre d’animaux par condition expérimentale, mais toujours dans l’optique d’obtenir le maximum d’information scientifique par test. Le nombre d’animaux a été déterminé pour obtenir des résultats statistiquement valides tout en se basant sur des données de la littérature, de notre expérience et de la variabilité phénotypique interindividuelle.
3. Raffinement
Les animaux sont hébergés en groupe sociaux de 3 à 5 individus pour respecter leurs besoins sociaux. Des carrés de coton seront placés dans la cage pour favoriser la nidation, et des barreaux de bois à ronger pour limiter les comportements d’agressivité. Avant le début des procédures et sur une période d’une semaine, les animaux sont manipulés quotidiennement par l’expérimentateur et acclimatés à l’environnement où les tests se dérouleront afin de réduire l’état de stress et d’angoisse chez l’animal. Les animaux seront observés tous les jours et leur comportement sera suivi afin de déceler tout signe d’inconfort ou de stress. Durant les chirurgies, des méthodes d’anesthésie et d’analgésie sont systématiquement utilisées. Un suivi post-chirurgical rapproché sera réalisé. Des points limites sont mis en place pour l’ensemble des procédures expérimentales. Si de nouvelles approches moins stressantes ou douloureuses pour l’animal venaient à être mises au point après le début de ce projet, une concertation avec la SBEA (structure chargée du bien-être des animaux) pourra être réalisée afin d’intégrer ces nouvelles pratiques dans nos procédures.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Ce projet sera réalisé sur le modèle animal – Souris adulte (à partir de l’âge de 8 semaines post-naissance). Il nous est indispensable de travailler sur un modèle animal, social, entier avec un système neurobiologique mature afin d’être dans les conditions les plus proches de la complexité humaine. Le modèle murin adulte présente une forte homologie structurale du cerveau avec l’Homme le rendant incontournable dans la recherche en neurosciences.