
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 16/03/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-585146)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les études pharmacocinétiques réalisées chez l’espèce cible du produit à tester permettent de caractériser l’absorption, la distribution, le métabolisme et l’excrétion du ou des principes actifs du produit testé. Ces études sont particulièrement utiles pour établir le régime d’administration (voie d’administration, dose, fréquence et nombre d’administrations, etc.) et à l’adapter à certains paramètres de la population (par exemple l’âge, le stade physiologique ou la maladie). Les études de bioéquivalence ont pour objectif d’obtenir des paramètres pharmacocinétiques permettant la comparaison de les concentrations plasmatiques du ou des principes actifs entre formulations et/ou entre voies d’administration. Lorsqu’il est démontré que le produit testé et le produit de référence sont équivalents sur le plan pharmaceutique et bioéquivalents, ils peuvent être considérés comme équivalents sur le plan thérapeutique. Les études de bioéquivalence sont requises au dossier d’autorisation de mise sur le marché (AMM) des médicaments génériques afin de permettre le rapprochement des données de sécurité et d’efficacité associées à un médicament vétérinaire de référence.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Les études pharmacocinétiques réalisées chez l’espèce cible sont en règle générale nécessaires au dossier d’AMM des médicaments vétérinaires. L’étude des concentrations plasmatiques permet de déterminer les conditions d’utilisation du produit (doses, fréquence et durée du traitement) chez chaque espèce cible afin d’utiliser les médicaments avec un maximum d’efficacité et de sécurité. Par ailleurs, les études de bioéquivalence permettent de limiter l’utilisation d’animaux puisque les essais de sécurité et d’efficacité ne sont plus nécessaires au dossier d’AMM lorsque le médicament générique a prouvé sa bioéquivalence avec le princeps.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les études de pharmacocinétique et de bioéquivalence impliquent d’administrer à l’animal le produit à tester et/ou un produit de référence. La contention de l’animal sera adaptée à l’espèce et à la voie d’administration. L’administration du produit est réalisée sur animal vigile maintenu en contention. Le nombre maximal d’administrations est de 2 par jour, pouvant se répéter sur un maximum de 7 jours. Les prélèvements de sang et de fèces sont effectués sur animal vigile avec une contention adaptée. Le nombre maximal de prélèvements sanguins sur un même animal est fixé à 40. Les prélèvements de fèces peuvent être répétés jusqu’à 2 fois par jour avec un maximum de 14 prélèvements sur la durée de l’étude. Les prélèvements de lait sont effectués sur le lait collecté lors de la traite quotidienne. Dans la majorité des cas, les prises de sang sont effectuées dans une salle séparée des salles d’hébergement. Quelle que soit l’espèce, la durée de la contention pour l’administration de produits est d’environ 30 secondes, et entre 30 et 60 secondes pour une prise de sang ou une collecte de fèces.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
La seule souffrance attendue correspond à l’administration du produit d’étude et aux prélèvements de sang effectués à intervalles réguliers sur les animaux. La souffrance attendue dépendra du nombre de prélèvements, de leur fréquence, du volume collecté, de l’espèce et du stade physiologique. Dans le cas de prélèvement de lait, la souffrance attendue est nulle puisque les prélèvements sont effectués lors de la traite quotidienne. Les prélèvements de fèces sont faits directement dans le rectum ou à l’anus après stimulation anale au doigt ou avec l’embout d’un thermomètre (pas de douleur attendue). La manipulation des animaux pour les pesées, l’administration des traitements, les prises de sang ou de fecès peuvent induire un stress. La durée de la contention pour les administrations, les prises de sang ou la collecte de feces ou de lait est de moins d’une minute.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
– Les animaux ayant reçu un produit avec AMM chez l’espèce à la posologie prévue par le fabricant et jugés en bon état général à la fin de la procédure expérimentale par un vétérinaire seront gardés en vie. Ils pourront retourner sur le circuit d’élevage ou éventuellement être réutilisés dans un autre projet. – Les animaux ayant reçus un produit sans AMM chez l’espèce, ou un produit avec AMM chez l’espèce mais à une posologie différente de celle prévue par le fabricant pourront être placés par l’intermédiaire d’une association spécialisée dans la réhabilitation des animaux de laboratoire ou adoptés par des particuliers. Dans les deux cas, le repreneur s’engage à ce que les animaux ne soient pas abattus pour la consommation. – Les animaux ne pouvant pas être replacés dans le circuit d’élevage (parce qu’ils présentent un risque sanitaire) ou ne pouvant pas être ré-utilisés ou ne pouvant pas être adoptés seront euthanasiés en fin de procédure. – Les animaux atteignant les points limites seront euthanasiés dans les plus brefs délais.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
L’utilisation de modèles in-vitro, ex-vivo ou de simulations informatiques ne permet pas de répondre aux objectifs du projet. En effet, l’évaluation de la pharmacocinétique ou de la bioéquivalence d’un médicament ne peut être évaluée qu’après administration de celui-ci à des animaux vivants. L’absorption, la distribution, la métabolisation et l’excrétion sont des processus complexes ne pouvant pas être reproduits en globalité par des modèles ex-vivo ou informatiques. Les études de pharmacocinétique ou de bioéquivalence sont nécessaires au dossier de demande d’AMM et doivent être réalisées chez l’espèce cible correspondant aux indications thérapeutiques du produit à tester. Il n’y a donc pas d’alternative à l’utilisation d’animaux.
2. Réduction
Le nombre d’animaux est généralement fixé par le Donneur d’ordre de l’étude en fonction des données en sa possession (études conduites chez d’autres espèces, études pilotes chez l’espèce cible ou données bibliographiques). En principe, le nombre d’animaux utilisé est calculé de telle sorte que les résultats soient interprétables, en tenant compte de la variabilité biologique individuelle. Il n’y a pas de groupe non-traité dans les études de pharmacocinétiques ou de bioéquivalence.
3. Raffinement
Les conditions d’hébergement seront adaptées aux besoins physiologiques des animaux et leur permettront d’exprimer le plus possible leur gamme normale de comportements. Sauf indications particulières dans le protocole d’étude, les animaux seront hébergés en groupe d’au moins deux individus. La contention sera réalisée par du personnel expérimenté à l’aide de matériel adapté et visera à minimiser le stress des animaux. Lorsque les conditions le permettent, les animaux seront familiarisés aux procédures expérimentales (administrations, prélèvements, pesées) en amont de l’étude et un système de récompense pourra être mis en place. Le bien-être des animaux sera évalué quotidiennement par le personnel en charge des animaux. Des points-limites adaptés ont été définis afin de limiter et de prendre en charge précocement toute souffrance.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Dans le cadre d’essais réglementaires pour la mise sur le marché de médicaments vétérinaires, l’étude doit être menée sur l’espèce cible du médicament à tester. Pour les études de pharmacocinétique, le stade de développement des animaux utilisés doit concorder avec le stade cible d’administration du produit vétérinaire selon la réglementation européenne. Si le produit est destiné à être administré à de jeunes animaux immatures, alors les animaux utilisés devront avoir un âge correspondant à l’âge minimal d’administration visé pour le produit. Sinon, les animaux utilisés sont généralement de jeunes adultes. Pour les études nécessitant des prélèvements de lait, les animaux utilisés seront des femelles en lactation.