
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 25/03/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-613791)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Ce projet s’inscrit dans la recherche d’une nouvelle approche diagnostique ou d’un nouveau traitement pour la sclérose en plaques, une maladie qui touche le système nerveux central, en particulier le cerveau, les nerfs optiques et la moelle épinière. Dans cette pathologie, la transmission des influx nerveux est altérée, ce qui se manifeste par des symptômes très variables : engourdissement d’un membre, troubles de la vision, sensations de décharge électrique dans un membre ou le dos, troubles des mouvements. La sclérose en plaques évolue par poussées au cours desquelles les symptômes réapparaissent, mais aussi accompagnés de nouveaux symptômes. Au bout de quelques années, les poussées laissent des séquelles qui peuvent devenir très invalidantes (altération du contrôle des mouvements, de la perception sensorielle, de la mémoire, de la parole).
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet permettra de tester de nouvelles molécules candidates pour une utilisation en préventif ou en curatif sur la sclérose en plaques. A terme, cela permettra l’introduction en clinique de nouvelles stratégies thérapeutiques pour cette maladie pour lesquelles les options sont pour le moment limitées.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Induction de la maladie : au maximum 1 administration sous cutanée et deux administrations intrapéritonéale (
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Une petite plaie pourra apparaître au niveau du site d’injection du CFA. Dans ce projet nous nous attendons à des déficits moteurs progressifs chez les animaux, sans douleur associée. Cependant les déficits moteurs empêchant complètement le déplacement seront des points limites. Une paralysie des sphincters n’est en général pas observée à part dans des cas très rares. Les animaux présenteront une perte de poids qui pourra être importante. Les administrations de produit et prélèvements et contentions associées pourront induire un stress léger de quelques minutes. Du fait de leur difficulté à se déplacer, les animaux pourront présenter de la déshydratation qui sera gérée par des injections sous cutanée de fluides de réhydratation.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Après la procédure, les animaux seront mis à mort afin de pouvoir procéder à la récupération des organes et de grands volumes de sang.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Les molécules chimiques ou biologiques qui seront évaluées dans ce projet auront, dans la mesure du possible, été au préalable sélectionnées dans des tests in vitro afin de s’assurer de leur efficacité, de leur spécificité et de leur absence de toxicité apparente. Elles auront si possible aussi été sélectionnées sur leurs propriétés pharmacocinétiques in vivo. Cependant, l’ensemble de ces données est insuffisant pour prédire l’efficacité in vivo des molécules, car recréer in vitro une pathologie complexe est difficile, notamment lorsque différents types cellules et/ou tissus sont impliqués. L’efficacité réelle des meilleures molécules devra donc être vérifiée in vivo en choisissant le modèle animal se rapprochant le plus de la pathologie telle que décrite chez l’homme.
2. Réduction
Sur la base de nos expériences préalables et d’analyse des résultats par un test ANOVA, nous avons conclu qu’un nombre de 15 animaux par groupe est nécessaire si des paramètres variables sont mesurés (dosage de composé, scores cliniques). On pourra réduire jusqu’à 8 animaux pour une étude préliminaire. En moyenne, nous utilisons 10 animaux par groupe.
3. Raffinement
Dans le cadre de ce modèle, les animaux induits présenteront des déficits moteurs et de la perte de poids. Le poids sera suivi tous les jours et les pertes de poids persistantes ou importantes seront des points limites justifiant une euthanasie. Une déshydratation pourra résulter des déficits moteurs et de l’inflammation. Les animaux déshydratés seront réhydratés (NaCl ou RL SC). Les déficits moteurs seront quantifiés quotidiennement, afin de procéder à l’euthanasie des animaux dont l’état ne leur permettra plus d’aller chercher de l’eau et de la nourriture. La grille de scoring est détaillée dans la procédure. Des croquettes seront déposées en fond de cage ainsi que de la nourriture gélifiée. Des bâtons à ronger sont présents dans toutes les cages. Une paralysie des sphincters n’est pas attendue dans la plupart des cas mais ce point sera surveillé et une incapacité à uriner constituera un point limite.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris est l’espèce utilisée pour étudier la démyélinisation des neurones. Différents modèles induits de sclérose en plaques ont été décrits avec leurs avantages respectifs (Methods Mol Biol – 2012; 900: 381-401). Sur des souris de fond génétique SJL/J ou C57BL/6, l’induction de la sclérose en plaques par injection de protéines ou peptides provoquant une encéphalomyélite est considérée prédictive de la maladie humaine, car les altérations observées dans le système nerveux central ont une très grande similitude avec celles observées chez les patients atteints de sclérose en plaques. Des animaux sevrés (jeunes adultes de plus de 6 semaines) seront utilisés, ces modèles étant bien décrits chez les animaux adultes. Les adultes de plus de 10 semaines répondent mieux à l’induction, et seront privilégiés.