
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 01/04/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-194079)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Ce projet a pour but d’étudier le rôle d’une nouvelle protéine dans le lupus, une pathologie autoimmune. Le lupus est une maladie auto-immune où le système immunitaire attaque par erreur le corps, touchant environ 5 millions de personnes dans le monde. Il peut provoquer une grande fatigue, des douleurs, des problèmes de peau ou d’organes vitaux, ce qui perturbe fortement la vie quotidienne des personnes atteintes. Selon les formes et la sévérité, les symptômes peuvent être discrets ou au contraire très invalidants, impactant durablement la santé et le bien‑être. Pour mettre au point des traitements, il faut comprendre quelles protéines de l’immunité participent à cette activation, car elles ne sont pas totalement connues. Dans le cadre d’un autre projet, nous avons récemment identifié une nouvelle protéine centrale dans l’activation de l’immunité. Ce projet a pour but de comprendre son rôle dans le lupus. A terme, il est possible que les résultats de cette étude permettent de mettre au point des thérapies permettant de réduire l’activation non-voulue de l’immunité chez ces patients. L’objectif de ce projet est de comprendre le rôle d’une nouvelle protéine immunitaire dans le lupus, une pathologie autoimmune.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Les mécanismes derrière la pathologie auto-immune lupus ne sont pas totalement compris. Nous avons récemment découvert une protéine nécessaire aux premières étapes d’activation du système immunitaire. Ce projet propose d’analyser son rôle chez la souris. À long terme, ce projet pourrait apporter la preuve que notre protéine d’intérêt joue un rôle dans l’organisme dans la pathologie lupus. Il a également pour but de tester l’effet thérapeutique d’une petite molécule démontrée comme inhibant l’activité de cette protéine d’intérêt en contexte lupique. Ce projet pourrait donc amener vers une nouvelle thérapie du lupus pour les patients.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Toutes les interventions se font sur animaux éveillés. Toutes les injections correspondent à un geste d’une durée inférieure à 10s. Un 1er lot d’animaux sera injecté avec un produit activant la réponse immunitaire (1 fois au cours de l’expérience), puis pour partie injecté avec un produit inhibant la réponse immunitaire (1 fois au cours de l’expérience). Un produit pro-inflammatoire sera appliqué sur la peau d’un 2e groupe d’animaux (tous les jours, pendant 8 jours- durée du geste inférieur à 5 min). Ces animaux pourront être injectés avec un produit inhibant la réponse immunitaire (tous les jours pendant les 8 jours). Alternativement, certains animaux seront injectés avec un produit inhibant la réponse immunitaire quatre fois au cours des 8 jours d’expérience. Du sang sera prélevé 2 fois. Un 3e groupe de souris sera irradié, puis injecté avec de la moëlle épinière (1 fois au cours de l’expérience). Un produit pro-inflammatoire sera appliqué sur la peau des animaux comme précedemment. Du sang sera prélevé 2 fois. Un 4e lot d’animaux sera injecté avec un produit inhibant la réponse immunitaire (25 fois au cours de l’expérience, sur une durée de 5 semaines, 5 jours par semaine). Du sang sera prélevé 3 fois. Un 5e lot d’animaux sera injecté avec un produit activant la réponse immunitaire (1 fois au cours de l’expérience), puis injecté avec un produit inhibant la réponse immunitaire (13 fois au cours de l’expérience, une fois par jour pendant 13 jours, ou alternativement 25 fois au cours de l’expérience, sur une durée de 5 semaines, 5 jours par semaine). Alternativement, certains animaux seront injectés avec un produit inhibant la réponse immunitaire quatre fois au cours des 13 jours d’expérience. Du sang sera prélevé 2 fois. Dans un 6e lot d’animaux, des cellules tumorales seront injectées aux animaux vigiles (1 fois au cours de l’expérience). Les animaux pourront être traités à raison de deux fois par semaine pendant un mois (administration des traitements aux animaux vigiles), ainsi qu’avec un produit inhibant la réponse immunitaire (25 fois au cours de l’expérience, sur une durée de 5 semaines, 5 jours par semaine). Du sang sera prélevé 3 fois.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
L’injection de traitements ou de cellules tumorales au moyen d’une aiguille entraîne une douleur transitoire et courte (quelques secondes) due à la piqure elle-même. Pour les injections, les animaux seront immobilisés transitoirement, ce qui entrainera un stress limité et court. Les souris génétiquement modifiées développeront au cours du temps des symptômes de maladie lupique, incluant une augmentation de la taille de la rate, ainsi que des atteintes du rein résultant en l’apparition de protéine dans les urines. Des signes cliniques tels que amaigrissement, poil terne, léthargie, et parfois anémie sont attendus. Dans le modèle induit par injection de produit chimique, une réaction immunitaire locale avec rougeur au site d’injection peut survenir, ainsi qu’une accumulation de liquide dans la cavité abdominale. Ces effets sont caractéristiques de la pathologie auto-immune recherchée. Les animaux greffés avec des cellules tumorales développeront des tumeurs .Les animaux pourront perdre du poids, manger moins et avoir du mal à se déplacer.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Aucun animal maintenu en vie. Les animaux sont mis à mort pour des analyses post-mortem.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Des expériences en laboratoire ont montré que notre protéine immunitaire joue un rôle clé dans l’activation des défenses immunes de l’organisme. Quand cette protéine est absente, les cellules ne réagissent plus aux signaux censés déclencher une réponse immune. Le projet cherche maintenant à comprendre si cette protéine est impliquée dans le lupus, en utilisant des souris comme modèle vivant. Même si des méthodes alternatives comme la culture de cellules ont été utilisées, l’étude sur l’animal reste essentielle pour observer la réponse immunitaire dans son ensemble, telle qu’elle se produit dans un organisme complet et fonctionnel. La réponse immune implique de nombreux types de cellules différents, dans des organes particuliers et une temporalité précise. Cette complexité n’est pas observable avec des méthodes simplifiées impliquant de la culture cellulaire.
2. Réduction
Pour limiter au maximum le nombre d’animaux utilisés, nous avons prévu une première série de trois expériences destinées à vérifier si la protéine que nous étudions joue bien un rôle dans le mécanisme responsable du lupus. Cette étape fonctionne selon un principe de “go/no go” : si les résultats sont positifs (go), nous poursuivons avec trois expériences supplémentaires ; si les résultats sont négatifs (no go), nous arrêtons là, ce qui évite d’utiliser des animaux inutilement. Nous avons également réduit la taille des groupes au strict minimum. Notre expérience de laboratoire montre que 10 souris par groupe suffisent pour évaluer de façon fiable l’effet anti inflammatoire d’un gène ou d’un traitement. Avec ce nombre, nous pouvons détecter une différence claire entre deux groupes avec une très bonne précision statistique (90 % de chance de repérer un véritable effet et seulement 5 % de risque de se tromper). Enfin, pour certaines manipulations, nous récupérons autant d’organes que possible chez chaque animal afin de réaliser plusieurs analyses sur le même individu. Cette approche permet de répondre à un maximum de questions scientifiques tout en réduisant encore le nombre total d’animaux nécessaires.
3. Raffinement
Avant toute manipulation, les souris auront au minimum une semaine d’acclimatation afin de s’habituer à leur nouvel environnement. Elles sont manipulées par des personnels compétents afin de limiter au maximum le stress dû à la manipulation. Le bien être des souris sera suivi par le personnel de l’équipe de recherche. . Le suivi des animaux est basé sur des points limites généraux et spécifiques de la pathologie est effectué en utilisant pour évaluer de façon objective l’état des animaux.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris est le modèle de choix pour les expériences menées en recherche sur le lupus : souches murines parfaitement définies et modèles génétiquement modifiés, avec de grandes similarités entre les systèmes immunitaires humains et murins qui permet de transposer nos découvertes dans le modèle murin chez l’humain. De plus, nous avons documenté de manière robuste l’existence de notre protéine d’intérêt chez l’humain et chez la souris. Souris adultes ( >6 semaines) car leur réponse immune est active.