
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 07/04/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-818263)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Le premier objectif de ce projet est de vérifier si un produit chimique peut agir comme certaines hormones naturelles, en particulier les œstrogènes (que ce soit de manière agoniste/en activant des récepteurs ou antagoniste en les bloquant). Certains produits peuvent en effet imiter ou bloquer l’action de ces hormones, ce qui peut perturber le fonctionnement normal de l’organisme. Cela peut avoir des conséquences négatives sur la santé, notamment sur la croissance et la reproduction. Le deuxième objectif du projet est d’identifier les produits chimiques qui pourraient perturber le système hormonal. Pour cela, on observe leur impact sur le développement de la puberté chez de jeunes rats, mâles et femelles. Ces tests précoces permettent de repérer rapidement les substances potentiellement problématiques et d’éviter des études plus longues impliquant davantage d’animaux. Ils fournissent de nombreuses informations et reposent sur des méthodes reconnues au niveau international, comme les tests utérotrophiques et pubertaires (lignes directrices en Europe et aux états unis).
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Cette étude conduite précocement avec un nombre restreint d’animaux permet d’identifier très tôt dans le développement d’une molécule des effets sur l’équilibre hormonal ou la croissance d’un animal juvénile et d’arrêter le développement de molécules qui pourraient présenter des alertes de perturbation endocrinienne importantes et ainsi éviter des études plus importantes avec plus d’animaux.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux juvéniles seront gavés journalièrement à l’aide d’une sonde souple et flexible en plastique adaptée à leur taille et âge pendant 3 à 23 jours chez la femelle et maximum 40 jours chez le mâle. Cette technique est réalisée en moins de 15 secondes. Des prélèvements sanguins d’une durée inférieure à 2 minutes, pourront être réalisés sur animaux vigiles et/ou animaux anesthésiés. Ce prélèvement peut être unique ou répété en respectant les durées de la récupération physiologique ainsi que le volume maximal prélevable correspondant à 15 % du volume sanguin total. Pour les prélèvements d’organes, les animaux sont mis à mort à la fin de l’experimentation.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Un stress léger peut se produire lors de la manipulation ou de la contention des animaux. Le gavage effectué à l’aide d’une sonde souple peut induire un léger inconfort et très rarement une irritation de l’œsophage. Des micro-prélèvements peuvent être effectués par ponction à la veine saphène ou pour un volume plus important à la veine submentale ou à la veine sublinguale. Les prélèvements de sang peuvent induire une douleur légère et de légers hématomes au point de prélèvement. Les effets toxiques attendus sur ce projet sont modérés car une étude de tolérance et de choix de doses a déjà été réalisée. Certains signes de toxicité modérée peuvent néanmoins apparaître en cours d’études incluant des pertes de poids ou des signes cliniques de type augmentation de salivation, augmentation ou diminution de la mobilité, tremblements ou impact sur la température corporelle.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
En raison du but de l’étude qui est d’évaluer les effets sur la maturité sexuelle, les animaux sont généralement mis à mort pour prélèvements d’organes. Si aucun prélèvement n’est réalisé (exemple : femelles de la partie pubertaire), les animaux témoins ne présentant aucun signe de mal être en fin de procédure pourront être gardés pour être réutilisés dans le projet formation ou sample par exemple ou gardés en vie pour être adoptés.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Avant de réaliser cette étude sur le modèle animal, de nombreux essais in vitro (exemple : Aromatase, steroidogenesis, androgen/oestrogen receptor binding affinity) ou in silico – réalisé par ordinateur à partir de données déjà acquises – sont utilisés pour prédire le potentiel effet de perturbation endocrinienne (sur les hormones) d’une substance, mais ils ne permettent pas de reproduire la complexité tissulaire ou la composition biologique complète d’un organisme entier, conduisant – ou pas – à l’induction d’effets de perturbation endocrinienne, ni la gravité des effets induits par l’exposition au produit. De plus, certains paramètres comme le développement de la puberté par évaluation du début de l’ouverture vaginale ou de la séparation préputiale ne peuvent pas être mesurés in vitro.
2. Réduction
Ce projet se fait dans le respect des 3Rs avec un nombre minimal d’animaux basé sur l’expérience du laboratoire et permettant une évaluation biologique et statistique suffisantes : 8 animaux/groupe (6 femelles/groupe seulement pour la partie utérotrophique). Deux molécules peuvent être testées dans une seule étude afin de réduire le nombre d’animaux utilisés (1 seul groupe témoin). Après plus de 5 années d’expérience, le nombre d’animaux par groupe a été redéfini et est le minimum d’animaux nécessaires compte tenu de la sensibilité et de la variabilité du test, afin de faire une évaluation correcte des paramètres enregistrés. L’objectif reste également de ne tester chez l’animal que des molécules sélectionnées comme non toxiques par des méthodes alternatives et donc de réduire le nombre d’animaux utilisés dans le processus de recherche et développement.
3. Raffinement
Les conditions d’hébergement enrichies et adaptées aux animaux juvéniles (exemple : gel de nutrition ajouté pour le sevrage des femelles à l’age de 18 jours), le personnel formé ainsi que l’utilisation d’une manipulation douce des animaux permettent de réduire le stress pré-procédural au strict minimum. Les animaux sont observés quotidiennement y compris les week-ends, avec une attention plus particulière pendant la première phase de traitement (au moins 2 observations dans la journée). Ils sont pesés quotidiennement pour vérifier leur croissance et leur bien-être. Des points limites suffisamment prédictifs et adaptées aux animaux juvéniles seront appliqués. Des micro-prélèvements sanguins seront privilégiés. Lors des prises de sang, l’usage d’un tapis chauffant pourra être utilisé pour maintenir la température corporelle des animaux sous anesthésie. Le jour précédent leur mise à mort, les animaux juvéniles sont déplacés dans une salle proche de la salle de nécropsie pour éviter le stress du transfert le jour même. Les prélèvements de sang sont réalisés dans une salle séparée et différente de celle utilisée pour la mise à mort. Pour la partie utérotrophique le test aurait pu être réalisé sur des femelles adultes ovariectomisées par (retrait chirurgical des ovaires) (OECD 440). Cette méthode n’a pas été retenue au laboratoire afin d’éviter le prétraitement chirurgical des animaux.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le rat est le modèle expérimental choisi en raison de son utilisation fréquente dans les études de toxicologie du développement et de la disponibilité de la souche suffisamment caractérisée. Les modèles rongeurs et notamment le rat est recommandé par la communauté scientifique et les instances réglementaires. Des données historiques issues des études précédemment conduites sont disponibles dans le laboratoire avec l’espèce et la souche choisie (Rat Wistar). Ces caractéristiques permettent d’obtenir une grande quantité d’informations sur la physiologie et la pathologie de ces animaux. Ces études visent à étudier les effets d’un composé d’essai sur différents paramètres de la puberté. Ainsi, de jeunes rats immatures agés de 18 et 23 jours au début de l’étude sont utilisés dans ce projet conformément aux recommandations des lignes directrices internationales. Cela nécessite donc l’utilisation d’animaux sexuellement immatures. Des mesures seront prises pour garantir que seuls les animaux sevrés à un âge bien précis soient utilisés dans l’étude, car la sensibilité du test varie en fonction de l’âge de l’animal. L’utilisation de jeunes femelles dont dont le systeme hormonal n’est pas encore actif (axe hypothalamo-pituito-ovarien non fonctionnel) est nécessaire afin d’avoir de faibles niveaux d’œstrogènes endogènes/naturels en circulation. La partie uterotrophique devant s’arrêter au jour 21 après la naissance et le traitement étant de 3 jours consécutifs (lignes directrices internationales), des femelles immatures au jour 18 après la naissance seront utilisées.