
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 06/05/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-557865)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Des découvertes scientifiques récentes ont identifiées la dysrégulation des circuits neuronaux, en particulier ceux émergeant du cortex préfrontal, comme jouant un role central dans les mécanismes neuropathologiques des troubles psychiatriques tels que la dépression. Ce projet vise à caractériser les mécanismes électrophysiologiques du circuit neural reliant le cortex préfrontal, le noyau réuniens du thalamus et l’hippocampe. L’objectif est de comprendre comment l’activation du cortex préfrontal par des techniques pharmacogénétiques se propage à travers ce circuit pour influencer l’activité neuronale dans les structures cérébrales impliquées dans la régulation de l’humeur.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Cette recherche permettra une meilleure compréhension des mécanismes neurobiologiques sous-tendant les troubles de l’humeur, en particulier la dépression. Les connaissances acquises sur le fonctionnement de ce circuit neural essentiel contribueront au développement de nouvelles approches thérapeutiques ciblant spécifiquement ces voies neuronales. Cette étude fournira également des bases scientifiques importantes pour la recherche translationnelle en psychiatrie.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux subiront une chirurgie pour injection virale réalisée sur animal anesthésié et analgésié ( durée 60-90 minutes). Puis ils subiront 3 injections d’une molécule active réalisée sur animal vigile (durée moins de 1 minute) afin de faire trois sessions d’enregistrements de l’activité électrique des cellules nerveuses du circuit ciblé sur animal anesthésié et analgésié ( 3 sessions de 60 minutes chacune). Des injections intrapéritonéales d’activateur pharmacogénétique seront administrées (20 souris, 3 injections). Les animaux seront soumis in fine à une chirurgie terminale afin de prélever du tissu pour analyse.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
La procédure de chirurgie pour injection virale pourrait induire une douleur modérée ainsi que des réactions inflammatoires locales. La gène occasionnée par le capot collé sur le crâne pour protéger la zone d’enregistrement est mineure, celui-ci pesant moins d’un gramme. L’injection de l’activateur chemogénétique peut induire une douleur aiguë de courte durée liée à l’injection. Ce composé n’a pas d’effets secondaires non spécifiques connus à la dose utilisée. Aucun effet secondaire comportemental n’est attendu suite à l’activation du cortex préfrontal, hormis un effet antidépresseur et un effet anxiolytique léger.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Mise à mort pour prélèvement et analyse des tissus.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
La complexité du cerveau des mammifères est unique. Bien qu’il soit maintenant possible d’étudier de nombreux problèmes neurobiologiques sur des cellules isolées ou des cultures de tissus, l’utilisation de modèles animaux ne peut être remplacée dans ce projet. Les connaissances sur les mécanismes électrophysiologiques du circuit préfrontal-réuniens-hippocampe sont bien trop limitées, et de fait aucun modèle in silico (tels que les cérébroïdes) in vitro n’existe pour modéliser l’activité de ce circuit complexe. Il s’agit d’un réseau neuronal faisant intervenir plusieurs types cellulaires spécifiques et régions du cerveau, avec de nombreuses protéines et neurotransmetteurs impliqués. En outre, l’étude de l’activité électrophysiologique in vivo est primordiale pour comprendre les patterns d’activation neuronale dans des conditions physiologiques. De plus, cette étude permettra d’en apprendre plus sur ce circuit et fera avancer les connaissances en vue d’un remplacement futur.
2. Réduction
La taille des échantillons a été déterminée sur la base d’une vaste expérience de laboratoire et a été vérifiée par une analyse de puissance mathématique. L’approche d’enregistrements séquentiels permet une réduction significative du nombre d’animaux nécessaires, chaque souris servant pour les trois sites d’enregistrement au lieu de nécessiter des groupes séparés pour chaque structure. Cette stratégie optimise l’utilisation des animaux selon les principes des 3R.
3. Raffinement
Les animaux sont hébergés en groupe dans des cages enrichies leur permettant d’exprimer les comportements naturels de l’espèce : matériel de nidification (carrés coton, frisure), tunnel (également utilisé pour le change des animaux) et bâton à ronger. La chirurgie d’injection virale est réalisée sous anesthésie générale et analgésie. Durant toute la procédure l’animal est placé sur un tapis chauffant thermostaté à 37°C et relié à une sonde rectale afin de limiter l’hypothermie induite par l’anesthésie. Une pommade ophtalmique sera appliquée sur les yeux empêchant la déshydratation oculaire. Avant le début de la chirurgie, une couverture antalgique multi-modale sera faite. L’hydratation de l’animal sera assurée pendant et après la chirurgie par injection d’une solution saline stérile. Puis , l’animal sera replacé au sein de sa cage, maintenue sous lampe chauffante infrarouge afin de maintenir sa température corporelle jusqu’à son réveil complet. Puis l’état de santé des animaux sera suivi pendant 3 jours et évalué à l’aide d’une grille de score. Des points limites ont également été pré-définis afin de déterminer quand arrêter chaque procédure expérimentale afin de prévenir la souffrance animale et garantir la qualité des résultats. Les enregistrements électrophysiologiques sont également réalisés sous anesthésie, et avec analgésie post-opératoire En fin de procédure la chirurgie terminale sera réalisée sur l’animal après arrêt respiratoire. Le système de skull cap permet de réduire considérablement le stress lié aux interventions répétées en évitant de nouvelles incisions cutanées. Les animaux seront habitués à être manipulés pour minimiser le stress lors de la procédure.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les cerveaux murins et humains possèdent de nombreuses similitudes, notamment des régions et circuits analogues (système limbique, cortex préfrontal) permettant de modéliser des réactions et phénotypes neurobiologiques comparables à ceux observés chez l’homme. Le circuit d’intérêt pour le projet est bien conservé entre la souris et l’homme, avec des projections anatomiques et des propriétés électrophysiologiques similaires. Les techniques d’enregistrements électrophysiologiques aigus sont largement établies et standardisées chez la souris, permettant une caractérisation précise de l’activité neuronale dans ces structures. L’utilisation de la souris s’inscrit dans la continuité de nos projets de recherche précédents, permettant une comparaison directe des résultats électrophysiologiques avec les données comportementales déjà obtenues dans notre laboratoire. Notre étude sera effectuée chez l’adulte jeune (8-14 semaines). L’étude repose sur l’exploration des enregistrements électrophysiologiques et nécessite que les systèmes neurobiologiques soient totalement matures (développement total des systèmes cognitifs et émotionnels, et des structures cérébrales cibles).