Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Le projet a pour but d’évaluer la toxicité des produits chimiques, agrochimiques et pharmaceutiques dans un contexte réglementaire ou de recherche et développement afin de définir les conditions sécurisées de leur manipulation sur leur lieu de fabrication, leur stockage, leur transport et leur manipulation par les utilisateurs. Parmi les paramètres permettant d’évaluer la toxicité d’un produit chimique, nous évaluons sa toxicité systémique aigüe et son potentiel sensibilisant. Pour répondre aux exigences des instances réglementaires européennes ou de recherche avant mise sur le marché de produits chimiques, agrochimiques et pharmaceutiques nous réaliserons des tests de toxicité systémique aigue ou de sensibilisation. Pour cela, le produit à tester est administrée par la voie qui convient chez la souris afin de déterminer la toxicité du produit, par les différents signes cliniques observés et les mortalités dénombrées.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Le projet permet d’évaluer la dangerosité potentielle d’une substance chimique, agrochimique ou pharmaceutique pour la santé humaine. Ces études de toxicité et de sensibilisation permettront de définir les conditions de sécurité nécessaires pour leur manipulation lors de leur fabrication, leur stockage, leur transport et leur utilisation. Sur un plan plus large, ces évaluations, basées sur des normes réglementaires très strictes, permettent d’évaluer l’innocuité des médicaments ou des denrées alimentaires destinées à l’homme ou aux animaux.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Toxicité aiguë orale : traitement unique par gavage (temps de contention + gavage maximum 1min). Pesée à J0, J2, J7 et J14 (1min). Observations cliniques répétées dans les premières heures puis quotidiennes (si l’animal ne présente aucun signe il est observé dans sa cage, sinon il est tenu par l’expérimentateur sans contention pendant un temps pouvant varier en fonction des signes (max 5min)). Procédure pour la mise à mort (30sec x2). – Toxicité aiguë dermique : rasage (30 sec), traitement unique local par patchage (30 sec) / dépatchage (30 sec) (mise d’un pansement pendant 24h puis retrait). Pesée à J0, J2, J7 et J14 (1min). Observations cliniques répétées dans les premières heures puis quotidiennes (si l’animal ne présente aucun signe il est observé dans sa cage, sinon il est tenu par l’expérimentateur sans contention pendant un temps pouvant varier en fonction des signes (max 5min)). Procédure pour la mise à mort (30 sec x2). – Sensibilisation cutanée : 3 applications locales sur les oreilles (30secondes/animal) et 2 mesures de l’épaisseur de l’oreille (10secondes/animal) sur animaux vigiles. Pesée à J0 et J6. Une injection intrapéritonéale à J5 sur animaux vigiles (30secondes/animal). Procédure pour la mise à mort (30 sec x2).

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Concernant les études de toxicité systémique, les réactions attendues sont des signes cliniques généraux relevant d’une toxicité systémique : augmentation/diminution de l’activité spontanée des animaux ; diminution du réflexe de Preyer (mouvement involontaire des oreilles lors d’une stimulation auditive) ; augmentation/diminution de la respiration, de la température corporelle, et du tonus musclaire ; limitation du réflexe de retournement ; aspect anormale de la ptose palpébrale (abaissement de la paupière supérieure), de l’aspect de la pupille, de l’aspect du poil ; observation de convulsions, tremblements, salivation, et larmoiement. La toxicité systémique peut également aboutir à la mort de l’animal. S’il y a atteinte des points limites alors l’animal peut être mise à mort pour raison éthique avant la fin de l’étude. Pour le test de toxicité par voie dermique, en plus des effets systémiques, des réactions locales limitées à la zone de traitement peuvent être observées (sécheresse cutanée, perte de souplesse de la peau, érythème pouvant aller jusqu’à la formation d’escharre et/ou de croûte, desctruction de l’épidermes et du derme, œdème). Pour le test de sensibilisation, en plus des effets systémiques, des réactions locales limitées à la zone de traitement peuvent également être observées (sécheresse cutanée, érythème, œdème). De plus les animaux sont hébergés seuls. Il nous est impossible d’estimer ou de prédire la durée de ces nuisances car elles seront dépendantes du produit testé. En revanche, des grilles d’évaluation sont mises en place en parallèle pour suivre le bien-être de l’animal, s’il y a atteinte des points limites alors l’animal sera mis à mort pour raison éthique avant la fin de l’étude. De plus les animaux traités par voie orale seront avant le test mis à jeûn pendant plusieurs heures (max 4h), les animaux traités par voie dermique seront isolés pendant la durée de l’application (24 heures) et les animaux utilisés pour le test de sensibilisation seront hébergés en cage individuelle.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Tests de toxicité aiguë : mise à mort pour autopsie avec observation des sites de traitement. Test de sensibilisation: mise à mort puis récupération des ganglions (si besoin).

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

L’ensemble de ces tests n’est mené qu’après analyse de la fiche de données sécurité par le directeur d’étude. Ces fiches rassemblent l’ensemble des données permettant de caractériser le produit : identité et structure chimique, propriétés physico-chimiques, résultats obtenus dans tous les autres essais de toxicité in vitro et in vivo, données toxicologiques de substance structurellement apparentées et l’usage escompté. L’analyse de ces fiches permettra de déterminer la dose de produit au démarrage de l’étude, et des études d’irritation et de corrosion in vitro (sur tissus de peau reconstitués) peuvent également être exigées si un doute persiste sur le produit avant le début de l’étude in vivo. Néanmoins à ce jour aucun modèle in vitro permettant d’évaluer la toxicité systémique aiguë des produits chimiques, agrochimiques et pharmaceutiques n’est décrite dans les normes communément accepté pour autoriser la mise sur le marché. Concernant l’évaluation du potentiel sensibilant d’un dispositif, là encore, à l’heure actuelle aucun modèles in vitro n’est assez élaborés pour être représentatif d’un organisme vivant et donc accepté par les autorités réglementaires pour accorder une mise sur le marché.

2. Réduction

3R / Réduction :

Ces tests ne sont réalisés que sur un seul sexe afin de limiter le nombre d’animaux. Des femelles sont préférentiellement utilisées car elles sont moins agressives. Le nombre d’animaux utilisés dans chaque étape est fixé par les normes spécifiques aux procédures. Et ne peut donc pas être réduit. En effet pour établir ces normes des tests statistiques ont été réalisés pour établir le nombre d’animaux nécessaire pour statuer sur la toxicité d’un produit. Ces tests statistiques ne sont donc plus faits en routine. Le nombre de test annuel est basé sur une estimation au vu du nombre de tests effectués les années précédentes. Aucun test statistique ne sera effectué dans ces projets.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

A leur arrivée, les animaux sont mis en cage par groupe de 5 animaux, par l’animalier qui effectue un premier contrôle de leur état de santé. Seuls les animaux participant au test de sensibilisation sont hébergés individuellement. En vue de leur acclimatation aux conditions du laboratoire, les animaux sont gardés pendant au minimum 5 jours avant le début des procédures, pour garantir leur bien-être. La taille des cages est adaptée aux critères de bien être animal, elles sont transparentes avec une grille perforée sur le dessus et contiennent de la litière constituée de copeaux de bois résineux déshydratée puis tamisée, ainsi que des frisottis, une balençoire et un tunnel en carton comme enrichissement. Les animaux ont un accès ad libitum à la nourriture et à l’eau et la litière souillée est remplacée par de la litière propre 2 fois par semaine. Les cages des souris hébergées en individuel sont placées les unes à côté des autres pour permettre un lien visuel (paroi transparente) et olfactif et auditif (grille pour fermer la cage au-dessus) entre les animaux. Pour le test de sensibilisation un essai préliminaire, sur un nombre le plus réduit possible d’animaux, est effectué afin de déterminer la dose non irritante qui sera testé lors de l’essai définitif sur un plus grand nombre d’animaux. S’il y a atteinte des points limites alors l’animal sera mis à mort pour raison éthique avant la fin de l’étude. Les points limites sont définis pour ces tests afin d’éviter toute souffrance inutile aux animaux. Enfin, une permanence est effectuée les week-ends et jour fériés par le personnel du laboratoire. Au vu du but de ces tests (évaluation des effets toxiques ou sensibilisant d’un produit) aucune médication ne pourra être mis en place durant la phase expérimentale car cela biaiserait les résultats des études. Les seules étapes de soins pouvant être mis en place sont l’isolement de l’animal afin de mieux l’observer (comportements, selles, alimentation), mise en place d’une lampe chauffante dans le cas d’une diminution de la température, nourriture mouillée et broyée pour faciliter la prise alimentaire, désinfecter une blessure, réhydratation par injection de sérum physiologique. L’ensemble de ces étapes sera mis en place sur conseil et avec l’accord du vétérinaire.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

La souris, reste le modèle de choix utilisé pour ces essais, cela est décrit dans des normes réglementaires. Ce sont ces normes qui imposent l’espèce a utilisé en fonction du test. Des souris d’espèce différente sont utilisées pour les tests de toxicité et pour le test de sensibilisation. Ces normes imposent également le stade de développement des animaux qui est de 8 à 12 semaines. Les femelles utilisées sont nullipares et non gravides.