Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

L’endométriose est une maladie caractérisée par la présence anormale de tissu utérin en dehors de la cavité utérine pour laquelle il n’existe aucun traitement aujourd’hui. Cette anomalie engendre des lésions composées de cellules qui possèdent les mêmes caractéristiques que celles de la muqueuse utérine (l’endomètre) et se comportent comme elles sous l’influence des hormones ovariennes. Il s’agit d’une maladie gynécologique fréquente, retrouvée chez 10% des femmes. Les symptômes sont le plus souvent des douleurs dans le bassin (au moment des règles) et une infertilité. Un examen clinique et échographique permet de détecter une endométriose, même si le diagnostic définitif doit passer par l’analyse du tissu endométrial prélevé au cours d’une chirurgie. Une endométriose asymptomatique, non douloureuse et qui ne pose pas de problèmes de fertilité n’est en général pas détectée donc pas traitée. Dans un cas d’une endométriose douloureuse, un traitement hormonal sera proposé en première intention destiné à supprimer les règles (contraceptifs œstroprogestatifs monophasiques en continu, progestatifs, danazol, analogues de la GnRH (gonadotropin releasing hormone)). Ce traitement réduit les douleurs liées à la réponse hormonale des lésions d’endométriose et peut permettre de stabiliser les lésions, voire de diminuer légèrement leur volume. Dans certains cas où le traitement hormonal n’est pas suffisant, un traitement qui provoque une ménopause artificielle peut-être mis en place. Lorsqu’il y a échec du traitement médical (persistance des lésions et/ou nombreux effets indésirables), la chirurgie reste le seul traitement capable d’éliminer des lésions associées à l’endométriose de façon ponctuelle permettant ainsi à la patiente d’envisager une grossesse. Aucun traitement (hormonal/chirurgical) ne permet à ce jour de guérir. Il est donc urgent d’identifier des candidats médicaments efficaces et avec peu d’effets indésirables. Ce projet a pour but de tester des nouvelles molécules à visées thérapeutiques (anti-inflammatoires) dans un modèle in vivo d’endométriose sur ratte et souris, induite par administration de LPS (lipopolysaccharides) ou chirurgie. Ce projet est autorisé depuis 2022 avec la procédure « administration de LPS ». Une procédure a été ajoutée pour l’induction de l’endométriose nécessitant une nouvelle autorisation.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

L’inflammation joue un rôle prépondérant dans la progression de l’endométriose. Une augmentation de la production de prostaglandines, de certaines cytokines pro-inflammatoires et de facteurs de croissance susceptibles d’induire inflammation, néo-angiogenèse et prolifération d’implants endométriosiques dans la cavité péritonéale, a été observée chez des femmes présentant une endométriose. Ces processus inflammatoires sont largement responsables de l’apparition des douleurs. A ce jour, aucune molécule anti – inflammatoire spécifiquement indiquée dans le traitement de l’endométriose n’est proposée. Les traitements actuellement proposés sont destinés à soulager les douleurs incluant notamment, des antalgiques, des antispasmodiques, des AINS, des traitements hormonaux (progestatifs et œstroprogestatifs) qui vont interrompre le cycle ovulatoire responsable des poussées douloureuses. Ce projet a pour but d’étudier l’effet de nouvelles molécules à caractère anti-inflammatoire dans un modèle d’endométriose induit par administration de LPS ou par chirurgie. Afin de déterminer si une molécule candidat a un potentiel dans ce modèle, plusieurs prélèvements d’organes/tissus seront ensuite effectués pour des dosages immunologiques, analyses histologiques, extraction d’ARN. Ces différents dosages et quantifications vont permettre de valider le modèle ainsi que l’analyse de l’efficacité des différentes molécules testées (diminution de cytokines inflammatoires dans les tissus, diminution du recrutement cellulaire au niveau histologique…).

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Une seule chirurgie abdominale sous anesthésie générale ou sous anesthésie gazeuse. Le temps des injections est de 3 secondes/injection. La chirurgie dure 20 minutes maximum par animal. Les animaux se réveillent 45 minutes après la chirurgie dans le cas d’une anesthésie générale ou dans le cas d’une chirurgie sous anesthésie gazeuse, les animaux se réveillent environ 5 minutes après le retrait de l’anesthésie. Dans le cas de la Procédure 2, une deuxième laparotomie exploratrice peut -être réalisée sous anesthésie gazeuse, durée 10 minutes. Un prélèvement de sang (durée du prélèvement 30 secondes) sous anesthésie gazeuse sera effectuée une seule fois juste avant la mise à mort. En ce qui concerne les traitements (voie d’administration variable en fonction des études): maximum 112 administrations (durée :maximum 1 minute/administration)

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Des capsules de gel hydratant seront déposées dans les cages 24h avant la chirurgie afin de palier la légère déshydratation des animaux (miction accrue car myorelaxation, pertes liées à la chirurgie, diminution de la prise hydrique) suite à la chirurgie. Une légère perte de poids (n’excédant pas 5%) pourra être observée dans les 2 jours suivant l’acte chirurgical (anesthésie + chirurgie) avant retour à un poids normal. Aucun signe de souffrance n’est attendu suite à la chirurgie (pas de prostration, poils hérissés, etc…) De plus, le modèle pourra générer une douleur pelvienne et abdominale lié au développement de la maladie, mais ne provoque pas de perte de poids directe. L’administration de traitement par injections répétées pourra provoquer de petits hématomes au niveau du site de la piqûre. La piqure de l’aiguille pour l’injection des traitements entraîne une douleur légère, de courte durée (quelques secondes) et le produit injecté va permettre, selon l’efficacité des molécules, de réduire la maladie (douleurs inflammatoires). Sur les premières études réalisées (administration de LPS dans les cornes utérines), aucun effet secondaire/indésirable n’a été relevé.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Tous les animaux sont mis à mort afin d’effectuer des prélèvements qui permettront d’analyser différents paramètres immunologiques et histologiques.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Les études in vitro ne permettent pas l’étude des interactions systémiques (hormonales, inflammatoires ou immunitaires) intervenant dans la maladie. L’exploration des différentes fonctions physiologiques impliquées dans l’endométriose demande l’étude d’un organisme complet. De plus, il est observé chez les femmes de nombreuses variabilités individuelles. Il n’existe pas une mais des endométrioses, et travailler sur un organisme vivant permet d’introduire un peu de variabilité individuelle (dans la limite génétique) qui serait complètement inexistante dans les études in vitro.

2. Réduction

3R / Réduction :

Le nombre d’animaux utilisé sera réduit au minimum nécessaire pour obtenir des résultats pertinents, reproductibles et statistiquement significatifs évitant ainsi de refaire plusieurs fois les mêmes expérimentations. Les tests statistiques utilisés permettront de comparer 2 groupes indépendants entre eux en prenant en compte 1 variable ou bien de comparer 2 groupes indépendants entre eux en prenant en compte 2 variables.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

La partie chirurgie des deux procédures sera effectuée sous anesthésie générale et un anesthésiant local sera administré quelques minutes avant l’ouverture du plan cutané. Les animaux sont observés quotidiennement pour s’assurer de leur bien-être et détecter la douleur au moment de l’expérimentation. Une grille de scoring sera utilisée pour définir des points limites. Si des animaux montrent des signes de souffrance, un analgésique sera administré. Si aucun point limite n’est atteint, les animaux seront mis à mort entre 24h à 14 jours après induction de la maladie selon les études (Ce temps dépendra de la pharmacocinétique des molécules candidats).

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

La souris/rat sont des animaux pour lesquels les outils génétiques, les anticorps spécifiques permettant la caractérisation des réponses immunitaires au niveau cellulaire/moléculaire sont les plus développés. De plus leur génome possède 99% de similitude avec le génome humain, ne présente aucun gène manquant/supplémentaire. Au sein d’un même étude les animaux proviendront du même fournisseur afin de réduire les variabilités. Nous utiliserons des souches mondialement utilisées, permettant une continuité et un moyen de comparaison unique. Ce modèle est bien référencé dans la littérature (protocole d’induction, résultats d’analyses). L’utilisation d’une espèce est dépendante de la demande du client. Ce modèle chez le rat est simplifié par la taille de l’utérus plus imposante donc plus facile à mettre en évidence et à greffer. Néanmoins, le modèle souris n’est pas exclu, il est possible que les clients aient déjà réalisé des études chez la souris et souhaitent pouvoir comparer les résultats. Les animaux sont utilisés au stade adulte (à partir de 8 semaines) afin de disposer d’organes avec un processus de développement terminé et dont le système immunitaire est mature (développement thymique achevé).