
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 08/02/2022
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-379664)
35 souris vont être utilisées dans une procédure menée sous anesthésie, les animaux étant tués avant tout réveil. Génétiquement modifiées pour le gène COUP-TFI, elles reçoivent une injection puis une perfusion intracardiaque terminale, pour étudier le développement du cortex cérébral et un syndrome humain rare. Le porteur signale de possibles troubles comportementaux légers, qu’il dit atténués par l’enrichissement de la cage. Il affirme que l’étude fine du développement cérébral ne peut être remplacée par des approches de modélisation ou des cultures in vitro.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Ce projet a pour objectif d’étudier les mécanismes majeurs à la base du développement du système nerveux en posant des questions clés sur la façon dont le cortex s’organise pendant la vie embryonnaire. La souris est utilisée comme modèle du développement du cortex cérébral pour mieux comprendre les mécanismes à la base des troubles du développement chez l’humain afin de permettre une meilleure prise en charge des patients et d’identifier des pistes thérapeutiques potentielles. Le gène COUP-TFI, appelé aussi NR2F1 chez l’Homme, et dont des mutations ont été trouvées chez plusieurs patients est à l’origine de troubles cognitifs. Ce gène est exprimé à des stades spécifiques au cours du développement et agit dans des régions et populations distinctes du cortex cérébral. Dans le cadre de ce projet, des souris génétiquement modifiées pour ce gène seront comparées avec des souris contrôles pour les types cellulaires impliqués.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Les lignées de souris utilisées dans le cadre de ce projet reproduisent une maladie génétique humaine rare (OMIM #615722, Syndrome d’atrophie optique Bosch-Boonstra-Schaaf) et représentent donc un excellent modèle pour comprendre les mécanismes à la base de ces défauts génétiques afin de permettre une meilleure prise en charge des jeunes patients et d’identifier des pistes thérapeutiques potentielles.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
1 injection intrapéritonéale et 1 perfusion intracardiaque sous anesthésie générale.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Certains des animaux utilisés peuvent montrer de façon ponctuelle de légers troubles comportementaux comme de l’hyperactivité. Cependant, ces troubles sont facilement atténuables par la présence d’enrichissement dans la cage.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Mise à mort.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
L’étude fine du développement des différentes structures du cerveau ne peut être remplacée par des approches de modélisation ou par des cultures in vitro.
2. Réduction
Le nombre d’animaux pour chaque expérience est limité à celui nécessaire statistiquement à la validation d’un effet significatif.
3. Raffinement
En accord avec la règle des 3Rs, la qualité de la contention et la sureté des gestes seront assurés par des utilisateurs compétents et formés. L’état des animaux sera contrôlé quotidiennement et un enrichissement est prévu dans chaque cage. Au cours de la procédure terminale de perfusion, l’efficacité de l’anesthésie et de l’analgésie sera vérifiée (surveillance de la fréquence respiratoire, absence de réponse aux stimuli douloureux, absence d’augmentation de la tension musculaire dans la région de l’incision).
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le modèle souris a été choisi en raison de ses similarités génétiques avec l’homme, ainsi que de la facilité avec laquelle son génome peut être manipulé et analysé. Grâce aux progrès des technologies de manipulation génétique, il est aujourd’hui possible d’annuler l’expression d’un gène ou d’en induire son expression ectopique in vivo. Ces approches conduisent à une connaissance très approfondie du rôle de protéines ciblées dans un contexte physiologique, au cours du développement de l’organisme et de la différenciation cellulaire. Les manipulations génétiques permettent de simuler in vivo des altérations de l’expression de gènes ou de la physiologie cellulaire, caractéristiques de pathologies humaines. La génération et l’analyse de ces modèles pourront être utiles dans la compréhension des mécanismes à la base de la maladie génétique et au développement de nouvelles thérapies pharmacologiques et cellulaires. Ces animaux seront utilisés au stade adulte afin d’observer les effets de l’inactivation du gène sur un organe mature.