
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2022-05-13 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-559426)
640 souris immunodéprimées vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Le porteur leur greffe sous la peau une membrane synoviale humaine inflammatoire, puis teste des molécules contre les rhumatismes, une déchirure du tissu cutané pouvant provoquer douleur, prostration et isolement dans les jours suivant la chirurgie. Toutes sont euthanasiées pour prélever les tissus. Il affirme que la culture de membrane synoviale ne suffit pas et que la souris Nude est un « modèle de choix » pour accepter le greffon humain.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les maladies rhumatismales restent parmi les premières causes d’incapacité au rang mondial. A l’échelle de la France, la Polyarthrite Rhumatoïde est par exemple, le plus fréquent des rhumatismes inflammatoires chroniques. L’arthrose quant à elle, est la maladie articulaire la plus répandue et concerne plus de 10 millions de français. Les mécanismes de ces maladies sont encore mal connus et malgré l’existence de traitements qui sont en grande partie symptomatiques, la recherche reste très importante afin d’atténuer ce fléau. C’est dans ce cadre que le projet porte sur l’étude de molécules capables d’inhiber le développement, l’infiltrat de cellules immunitaires et l’inflammation d’un des tissus cibles dans les rhumatismes inflammatoires, qui est la membrane synoviale. En effet, la prise en charge des patients atteints de Polyarthrite Rhumatoïde (PR), Arthrose (OA) ou Synovite VilloNodulaire (SVN) est insuffisante avec de nombreux patients non répondeurs aux thérapeutiques actuelles. Il s’agit ici, de tester l’efficacité de molécules ou d’améliorer les effets de molécules déjà utilisées en clinique, via des modes d’administration différents, chez un modèle de souris immunodéficiente recevant un greffon humain de membrane synoviale inflammatoire, en sous-cutané. En fonction des molécules testées, les voies d’administration recommandées par le fournisseur seront suivies, ou de nouvelles voies seront explorées, afin d’augmenter l’efficacité des traitements tout en diminuant les effets secondaires, pour être proposées dans des essais cliniques humains.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
La prise en charge des patients atteints de Polyarthrite Rhumatoïde, Arthrose ou Synovite VilloNodulaire est insuffisante avec de nombreux patients non répondeurs aux thérapeutiques actuelles. Ce projet permettra de mettre en évidence l’efficacité de nouveaux traitements contre ces maladies rhumatismales mais également d’explorer de nouvelles voies d’administration de composés déjà connus, permettant un effet similaire sur la résolution de l’inflammation synoviale tout en diminuant les effets secondaires.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux seront soumis à une unique chirurgie consistant en une greffe de membrane synoviale humaine sous la peau effectuée dans des conditions d’asepsie strictes, sous anesthésie gazeuse et traitement anti-douleur pré et post-opératoire. Puis 2 semaines après cette chirurgie, un composé unique sera testé pour un groupe donné de souris. La voie d’administration variera en fonction de la voie de référence fournie par le fournisseur ou pourra être modifiée afin d’évaluer son efficacité par rapport à celle originelle. La fréquence d’administration pourra elle aussi varier et s’effectuera toujours chez des animaux vigiles. Ces traitements seront effectués sur une période de 2 semaines.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Dans les trois premiers jours suivant la chirurgie, si de la douleur est ressentie par l’animal celui-ci peut entrer dans un état de prostration, s’isoler des autres animaux dans la cage et cesser les interactions comme par exemple le toilettage social. Cette douleur pourrait être notamment causée par une dilacération du tissu cutané supplémentaire, inopinée et indépendante de l’incision initiale pendant la chirurgie lors de l’introduction du greffon dans la cavité. Cependant, une surveillance quotidienne des animaux pourra permettre de repérer ces comportements et de prolonger le traitement analgésique si nécessaire. De plus, une infection pourrait intervenir au niveau des sutures post-chirurgicales. De façon générale, différents points limites (changement de poids corporel, apparence physique, comportement non provoqué, réponse comportementale aux stimuli et évaluation du site chirurgical/injection) seront attentivement pointés.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
A l’issue de la procédure, tous les animaux seront euthanasiés afin de collecter des tissus et procéder à des analyses.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Les maladies rhumatismales sont des maladies complexes impliquant différents tissus au sein des articulations concernées à savoir, le tissu osseux, le tissu cartilagineux, la membrane synoviale. Le tissu qui nous intéresse particulièrement ici concerne la membrane synoviale. Bien que celle-ci peut être utilisée en culture afin de tester quelques molécules d’intérêt thérapeutique par diffusion passive, cela ne permet pas de l’intégrer dans un système biologique afin de mesurer son effet selon différentes voies d’administration. Le recours au souris Nude ayant une immunité réduite, est un modèle de choix pour l’acceptation du greffon humain sans souci de rejet.
2. Réduction
Compte-tenu d’études comparables déjà effectuées, le nombre d’animaux est réduit au strict minimum (8 par groupe) mais suffisant pour démontrer des différences statistiquement significatives entre les groupes. Les molécules candidates sont préalablement testées in vitro sur des modèles de cellules en culture afin de limiter leur nombre et donc le nombre de groupes de souris.
3. Raffinement
La chirurgie, même si celle-ci ne dure pas plus de quelques minutes, sera effectuée sur tapis chauffant afin d’éviter toute hypothermie éventuelle. Les souris seront ensuite transférées dans une cage également disposée sur tapis chauffant le temps de récupérer suite à ce réveil. Le reste du temps, au maximum 5 souris seront hébergées par cage afin de leur fournir un espace suffisant pour cohabiter sans encombrement et le milieu sera enrichi de litière mais également de dômes et de papier afin d’y construire un nid. Le suivi de l’évolution de la taille du greffon se fera avec un pied à coulisse et par échographie, de façon précise et reproductible, non invasive pour l’animal. De plus, les administrations orales des composés se feront au maximum par prise spontanée à l’aide de composés appétants afin de limiter le traumatisme éventuel lié au gavage.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les souris NMRI Nude permettent la greffe de tissu humain en évitant les phénomènes de rejet et constituent un modèle reconnu en tant que modèle de xénogreffe (= greffon provenant d’une espèce biologique différente de celle du receveur). De plus, l’utilisation de cette espèce est décrite dans la littérature et a déjà été utilisée et validée au sein de cet établissement utilisateur. Des souris âgées de 8 semaines seront réceptionnées à l’animalerie, considérées comme adultes afin de mimer au mieux les rhumatismes qui se développent chez l’adulte. Après réception, les souris sont utilisées après une semaine d’acclimatation (9 semaines).